AMÉRIQUE DU SUD
M. Balansa (1) « est manifeste partout où les vagues ont pu laisser leur empreinte sur les roches calcaires. » M. Balansa a fait une étude très-approfondie des côtes de l'île.
En plusieurs points de la Nouvelle-Zélande on a constaté le mouvement actuel d'émergence. Les colons anglais voient les rivages grandir. Des roches semblent naître au voisinage des ports. La plage de Litlleton, particulièrement, émerge d'un mouvement rapide.
L'Amérique du Sud présente sur une vaste étendue de côtes des signes évidents d'une émergence peu ancienne. Ce mouvement comprenait dans son aire tout le rivage de l'océan Pacifique, depuis le Pérou jusqu'à la Terre de Feu, — *- et le rivage dé l'Atlantique depuis la Terré de Feu jusqu'à l'estuaire de La Plata. Il n'est pas impossible que de nouvelles observations reculent encore ces limites. L'émergence s'est produite avec un ensemble remarquable, on en a les preuves ; et le mouvement, très-lent, semble avoir été divisé par des époques d'une lenteur plus grande. Ce mouvement général a pris fin. A peine peut-on montrer sur quelques points une émergence actuelle ; — le mouvement d'immersion affecte déjà peutêtre de plus grandes longueurs de côtes.
(i) Bulletin de la Société de Géographiù, 1873, page 526.
M. Darwin a reconnu le premier, sur la côte de la Patagonie baignée par l'Atlantique^ des terrasses formant des plaines étagées, dont la plus voirâne de la mer est haute de 25 à- 30 mètres, — et dont la plus éloignée, qui se trouve au pied des Andes, est élevée d'environ 900 mètres. Jusqu'à la hauteur d'environ 100 mètres, on trouve des coquilles d'espèces qui vivent dans la mer adjacente. Les marches de ce gradin gigantesque s'étendent sur toute la côte de Patagonie et sont parallèles entre elles.
Sur la côte de l'océan Pacifique, on voit des terrasses semblables, mais souvent interrompues, et principalement reconnaissables aux embouchures des vallées. Les coquillages d'espèces modernes s'y montrent à diverses hauteurs: M. Darwin en a vu jusqu'à 395 mètres proche de Valparaiso (33* degré de latitude). C'est, jusqu'ici, le point le plus haut où ils aient été observés. Le plus grand nombre des auteurs pensent que les anciennes plages où Ton trouve les coquilles récentes ont leur plus grande élévation aux environs de Valparaiso.
Les lacs salés, les lagunes à fond sec et tapissé de sels, ne sont point rares sur la côte du Pacifique ; ils abondent en Patagonie et dans les plaines de la Plala.
Les vallées intérieures du Chili sont des bassins
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à fond plat, entourés de montagnes irrégulières. La mer, dit M, Darwin, en a égalisé le sol. Les détroits de la Terre de Feu, s'ils émergeaient» formeraient des- vallées pareilles.
Dans les plus hautes vallées des Andes, vers la limite des neiges persistantes, sont < en très-grand nombre » (1) des ruines d'antiques maisons indiennes. Leur état prouve qu'elles étaient habitées toute l'année. Beaucoup de ces endroits sont privés d'eau et absolument stériles. Ce ne sont pas des passages. On doit admettre qu'à l'époque où ces lieux étaient habités, la limite des neiges était plus élevée et le climat différent» Les ruines de cette espèce sont particulièrement nombreuses dans le nord du Chili; quoique construites en terre, elles se conservent bien parce qu'il n'y pleut pas une fois par année.
L'émergence est donc relativement moderne.
Elle s'est produite avec uniformité sur un grand espace. M. Darwin montre qu'avant l'émergence un mouvement séculaire d'immersion s'est exécuté avec la même régularité. Au-dessous du terrain où sont sculptées les terrasses s'étend une couche à coquilles d'espèces littorales en partie éteintes ; elle apparaît sur les rivages des deux océans* Le terrain aux lignes parallèles a
(1) Darwin, Voyage d'un naturaliste , Paris, 1875, page 382 et suiv. •
jusqu'à 900 mètres d'épaisseur ; il a fallu qu'une immersion d'au moins 900 mètres précédât une émergence d'amplitude égale ; et les deux mouvements ont été réguliers, puisque la couche à coquilles anciennes n'a pas été déformée.
Actuellement le mouvement d'émergence ne paraît continuer qu'en trois endroits de celte longue étendue de côtes : à Arica, à Valparaiso et au sud du Chili.
A Arica (18' degré de latitude), on a dû prolonger le débarcadère do 150 mètres, parce que depuis quarante ans la mer a reculé dans la même proportion.
A Valparaiso, le sol, dit M. Darwin, s'est élevé de près de 3 mètres dans les 220 dernières années. Plus de la moitié de celte élévation s'est produite depuis l'année 1817.
Sur les côtes du sud du Chili M. Pissis a vu des rochers perforés par les mollusques, dans une zone qui s'étale ininterrompue depuis le niveau de la mer jusqu'à une hauteur de 8 ou 10 mètres. Les perforations sont particulièrement nombreuses dans le bas de la zone. Une telle disposition indique peut-être le ralentissement du mouvement d'émergence. Il faudrait cependant constater si la roche n'est pas plus usée vers le haut de la zone que vers le bas ; il se pourrait également que les mollusques saxicaves eussent.