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CONSERVATION DES ESPÈCES

cidentale, toute la surface terrestre avait été notablement refroidie, — si, par exemple, les climats tropicaux n'avaient plus eu que la température des zones tempérées, — les espèces tropicales eussent été tuées, et temporairement remplacées par les espèces propres aux climats moyens. On ne trouverait aujourd'hui, — tout au plus, — qu'un petit nombre d'espèces dans la zone intertropicale.

Il est donc certain que ces deux périodes glaciaires n'ont pas coïncidé avec un refroidissement général des climats.

On a tout lieu de croire que les périodes plus anciennes ne sont pas dues à une cause différente de celle des périodes récentes, — quelle que soit d'ailleurs cette cause ; et qu'elles n*ont pas davantage amené l'extermination des espèces propres aux régions chaudes.

Mouvements séculaires. — Divers mouvements séculaires se sont produits dans le nord-ouest de l'Europe pendant la durée de la dernière période glaciaire. Tous les géologues en conviennent ; — et le fait est évident si l'on considère que des terrains glaciaires contenant des coquilles marines, ont été trouvés à des altitudes notablement plus grandes que certaines traces laissées par les glaciers.

Les géologues ne sont pas d'accord sur Tamplitude de ces mouvements séculaires, ni sur Tordre suivant lequel ils se sont succédé.

L'importance des érosions, l'épaisseur des terrains glaciaires, montrent que la période du froid a été fort longue. Lyell en estime la durée à 224,000 ans (1) ; son calcul se base précisément sur les mouvements séculaires du sol accomplis durant cette période. Il ne donne ce chiffreque comme une évaluation très-imparfaite ; et je ne pense pas que les mouvements séculaires se soient produits comme il l'entend. Mais, dans son esprit, le chiffre de 224,000 ans s'accorde avec la grandeur des actions des glaces ; et, admis par Lyell, ce chiffre a de la valeur. Il donne place à plusieurs mouvements séculaires de grande amplitude.

Au moment de la plus grande intensité du froid, le sol était-il plus émergé ou plus immergé qu'actuellement? La réponse ne me paraît pas douteuse : le sol était plus émergé.

Les signes du froid le plus intense ne doivent pas être cherchés parmi les terrains glaciaires d'origine marine. On voit aujourd'hui se former ces terrains autour de l'île de Terre-Neuve, jus*-

(1) Ancienneté de f homme, Paris, 1870, pëge Sl7.

qu'à une latitude qui correspond à celle de Nice et de Cannes. On voit les glaces apporter les boues arctiques; et dans ces boues prospère une faune absolument polaire. Les coquilles de Terre- Neuve (1) ont un caractère plus septentrional que les coquilles qui vivent sur la côte de Norvège à l'ouest du cap Nord. La partie de l'Amérique voisine de Terre-Neuve n'éprouve cependant pas un froid égal à celui qu'elle a subi lorsqu'elle était couverte d'un manteau de glace. Or, les terrains glaciaires à coquilles de l'Europe occidentale n'offrent que très-rarement un assemblage de coquilles aussi caractéristique du froid que celui de Terre-Neuve. A peine peut-on citer comme aussi azotiques les coquillages contenus dans les terrains étudiés par le Rev. Thomas Brown sur les bords des estuaires» du Forth et du Tay, en Ecosse. Les autres terrains glaciaires contiennent des coquilles dont la réunion forme tout au plus une faune sous-arctique. Un grand nombre de terrains glaciaires n'ont pas de coquillages à leur intérieur, mais seulement à leur surface ; ceci n'a point empêché quelques géologues de les déclarer d'origine marine.

Les vrais , terrains glaciaires d'origine marine se trouvent généralement à moins de 200 mètres

(1) WooDWARD, Manuel de conchyliologie^ Paris, 1870, page 59 et suiv,

au-dessus du niveau de la mer. Il est cependant possible que le terrain du Moel Tryfaen (pays de Galles), dans lequel on a trouvé des coquilles jusqu'à la hauteur de 420 mètres, soit d'origine marine. On y a trouvé 57 espèces de coquilles (1), parmi lesquelles 11 seulement appartiennent à des mers plus arctiques que celles de la Grande- Bretagne.

Il ne faut pas oublier que le nord-ouest de l'Europe jouit actuellement d'un climat plus chaud que celui des pays situés sous la même latitude. l\ n'est pas étonnant qu'on trouve des coquilles fossiles d'espèces récentes ayant un caractère un peu plus boréal que la faune actuelle. Ces coquilles ne datent pas nécessairement de la période glaciaire.

Le meilleur signe du froid le plus intense consiste dans l'extension maximum des glaciers. Ce signe n'est pas absolument irréprochable. On peut arguer que la quantité de neige tombée n'est pas proportionnelle à l'abaissement de la température. Cependant si l'on remarque que les plus grands glaciers actuels sont dans les pays montagneux des régions les plus froides du globe, — on conviendra que ce signe peut être appliqué comme une règle générale.

(l) Lyell, AncienDeté de l*homme, Paris, 1870, page 205.

Si je puis montrer que les grands glaciers descendaient notablement plus bas que le niveau actuel de la mer, — j'aurai montré q\ie le niveau de la mer était inférieur au niveau actuel à l'époque la plus froide de la période glaciaire.

Si Ton pouvait scruter le fond de la mer afin d'y trouver les moraines frontales des glaciers, la démonstration serait facile. Ces moraines, probablement, ne dessinent même pas des saillies sur le sol immergé : la mer égalise ses dépôts. Quand les mouvements séculaires futurs feront émerger les vieux terrains glaciaires, ils ressembleront à ceux de la Superga ou aux conglomérats des périodes plus reculées.

La démonstration ne peut guère être faite qu'à l'aide de ce qu'on voit au-dessus du niveau de la mer.

Je tire ma première preuve de I.yell (1) ; je copie : « Nous savons du docteur Torell, qu'il existe sur les côtes du Groenland de vastes étendues, dépourvues aujourd'hui de glaciers ou de neiges permanentes, qui montrent à leur surface des signes incontestables de l'ancienne action de la glace ; ce qui fait supposer que le pouvoir de la glace dans le Groenland, pour si grand qu'il soit aujourd'hui, doit s'être exercé autrefois sur une

(1) Éléments de Géologie, Paris, 6« édit., t. I, page 233.

bien plus grande échelle. Le continent, quoique aujourd'hui fort élevé, doit avoir eu sans doute anciennement une hauteur beaucoup plus considérable. Cette opinion est même plus qu'une simple probabilité, car, depuis que les Danois connaissent le pays, c'est-à-dire depuis les quatre derniers siècles, toute la côte comprise entre les 60° et 70*" de latitude nord a baissé à raison de plusieurs décimètres dans un siècle, de telle sorte qu'une surface rocheuse, parfaitement polie et sillonnée par la glace, se trouve maintenant dans la mer, et recouverte, à la suite de la fonte des bancs de glace, par un limon impalpable et par des pierres lisses et sillonnées. »

Ainsi, pour la côte sud-ouest du Groenland, dont il s'agit ci-dessus, un froid plus intense a coïncidé avec une émergence plus grande.

On a observé également en Europe des traces, marquées sur les rocs par les glaciers, qui plongent au-dessous du niveau de la mer. Je cite encore Lyell (1) : « On a vu qu'en Ecosse, en Suède et ailleurs, les roches polies et striées n'existent pas seulement sur la terre ferme, mais encore sous les eaux de la mer, où les mêmes sillons se continuent, dé manière à faire supposer que les glaces continentales ou glaciers ont au-

(1) Éléments de Géologie, Paris, 6* édit., t. I, page 249.

t refois exercé leur action sur une surface actuellement submergée. »

Il devient extrêmement probable que les terres étaient alors plus émergées qu'aujourd'hui. Gela n'est pas complètement certain : on peut répondre que peut-être le niveau était le même, et que, les glaciers plongeant dans la mer, comme font habituellement les grands glaciers, ont pu polir et strier les roches jusqu'à une certaine profondeur. Il ne suffit pas de montrer que les glaciers descendaient plus bas que le niveau actuel, il faut montrer qu'ils descendaient notablement plus bas.

Les ^ords sont la preuve que les glaciers descendaient considérablement plus bas que le niveau actuel de la mer.

M. Elisée Reclus, le premier, je crois, a dit que ces vallées à pentes abruptes étaient dues à la présence récente des grands glaciers (1). On trouve des i^ords non comblés, seulement au voisinage des pôles. Ceux de la côte de Norvège, les plus nets peut-être, tendent depuis longtemps à se remplir de débris. Ceux du Groenland sont encore en majeure partie masqués par les glaciers. Ceux du golfe de Gênes sont à peine reconnaissables. Ceux de l'Asie Mineure, de la côte

(1) L^ Terre, Paris, 1869, 2» vol., page 167 et suiv.

de Dalmatie, du nord-ouest de la péninsule ibérique, de la Bretagne, des îles anglaises, du Danemark, etc., sont comblés à divers degrés. Les torrents qui s'y jeltent, les dégradations de leurs parois, les cordons littoraux poussés par la mer, tout travaille à effacer ces défilés où cheminaient les glaces. En dehors des actions glaciaires, les fjords sont impossibles. Sur les parois des fjords de Norvège, on voit les stries des glaciers; dans la mer, au large, sont les moraines : ce seraient les bas-fonds de débris « que Ton trouve à l'entrée de tous les fjords Scandinaves (1). »

M. Elisée Reclus a mis tous ces faits en lumière; cependant il n'attribue aux glaciers qu'une simple action de conservation, — et non de creusement. Les fjords, dit-il, « ont été maintenus dans leur état primitif par le séjour prolongé des glaciers. » Ils auraient alors préexisté à Tépoque glaciaire ; mais comment n'auraient-ils pas élé comblés avant l'extension des glaces ? — Les glaciers creusent le roc; à preuve, les torrents boueux qui s'échappent, même en hiver, de dessous les glaces du Groenland ; — à preuve encore l'énorme quantité de lœss, boue provenue de l'érosion des Alpes, qui s'est accumulée dans les vallées du Rhin, du Danube, du Rhône, et formait un volume total

(1) REr.Lus (Elisée), La Terre, Paris, 1869, 2« vol., p. 175.

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égal peut-être à ce qui reste des Alpes. Les glaciers passaient dans les fjords, y passant ils devaient les creuser, cela est certain. Quelle puissance aurait pu les creuser, sinon les glaciers?

Les fjords sont toujours au pied d'un versant montagneux; jamais en contrée de plaine, — parce que les glaciers ne se forment et ne coulent qu'à Taide d'une pente. On les trouve mieux marqués suf les côtes occidentales que sur les côtes orientales de la Scandinavie, de l'Ecosse, de l'Amérique du Nord, de la Patagonie, de la péninsule des Balkans, — parce que dans chacun de ces pays les chaînes de montagnes sont situées proche de la côte occidentale.

Les fjords sont d'anciens lits de glaciers. Or, dans quelques-uns des fjords de Norvège, la mer est profonde de 500 ou 600 mètres. Si Ton considère que probablement leur sol est couvert d'une couche de débris, que probablement aussi les glaciers descendaient plus loin que les points des fjords auxquels ces profondeurs appartiennent, on conviendra qu'au moment de l'extension des grands glaciers, la mer, sur les côtes de Norvège, avait un niveau inférieur de 500 ou 600 mètres au moins au niveau marin actuel.

Donc, au moment de la plus grande intensité du froid, le sol était plus émergé qu'aujourd'hui.

MM. Jamieson, Geikie, Ramsay, Kjerulf sont

de cet avis. Lyell également, mais il fait entrer la forêt interglaciaire de Cromer dans ses calculs relatifs à la dernière période glaciaire ; il se base principalement sur les- coquilles marines; et, en fin de compte, il arrive à admettre deux émergences et deux immersions durant la période du froid.

Certains indices des oscillations des glaciers portent quelques auteurs à admettre, que la température s'est abaissée à plusieurs reprises durant une même période glaciaire. Mais nous voyons en quelques années, les petits glaciers actuels des Alpes avancer ou rétrograder de plus d'un kilomètre; — on peut bien admettre que pendant les milliers d'années du froid le plus intense, les grands glaciers ont pu osciller au moins de la même quantité. En réalité, les terrains de la dernière période glaciaire ne montrent qu'un seul maximum de froid, et une seule grande émergence ; celle-ci et le maximum du froid paraissent coïncider.

Postérieurement au maximum du froid, les terres se sont immergées, et, à une certaine époque, le niveau de la mer a été plus élevé qu41 ne l'est actuellement. Ce fait est prouvé par les terrains à coquilles qui reposent sur des rocs striés par les glaciers. Les terrains à coquilles récentes

sont rares au-dessus de 180 mètres. Les coquillages du Moel Tryfaen, trouvés à une élévation de 420 mètres, datent-ils d'avant ou d'après la période des grands glaciers? — 11 est difficile de décider; — d'autant plus difficile, que les coquillages antérieurs à la dernière période glaciaire ne paraissent pas différer sensiblement des coquillages postérieurs à celte dernière période. Il est possible qu'à une date relativement récente le niveau de la mer se soit élevé à plus de 420 mètres au-dessus du niveau actuel. L'absence de coquilles n'est qu'une preuve négative. Il est probable, dans une certaine mesure, que la dénivellation s'est arrêtée à l'altitude de 180 ou 200 mètres, altitude au-dessous de laquelle se trouve la presque totalité des terrains à coquilles récentes. M. Geikie a fait une observation de laquelle il semble résulter : — que l'immersion qui suivit le maximum du froid, et l'émergence actuelle, — se sont succédé sans intercalation d'autres mouvements séculaires. Les stries glaciaires qui, tracées sur les côtes occidentales d'Ecosse, se prolongent au-dessous du niveau de la mer, sont fraîches d'aspect près et au-dessous du niveau de l'eau; — à quelques mètres au-dessus, elles se montrent détériorées et effacées (1). On doit croire

(1) Lyell, Eléments de Géologie, Paris, 6^ édit., page 250,

que, si les mêmes roches avaient émergé une fois déjà depuis le maximum du froid, elles ne présenteraient plus de stries à leur émergence actuelle.

Les géologues admettent qu'avant la grande extension des glaciers, des terrains glaciaires d'origine marine avaient été déposés jusqu à une certaine hauteur au-dessus du niveau actuel de la mer. Ces terrains auraient été refoulés, pressés et s!riés par les glaciers. Ainsi, antérieurement comme postérieurement au maximum du froid, les terres auraient été plus immergées qu'aujourd'hui. Mais on confond trop facilement les terrains glaciaires d'origine terrestre avec ceux d'origine marine et on y mêle trop facilement ce qui appartient à l'avant-dernière période glaciaire, pour que je veuille ne m'appuyer que sur cette seule donnée.

Les œsars de Scandinavie sont une bonne preuve que les mouvements du sol, d'avant et d'après le maximum du froid, ont été symétriques, si j'ose ainsi m'exprimer.

Les eaux de la mer Baltique sont saumâtres. Les mollusques qui y vivent sont de mêmes espèces que ceux de la mer du Nord, mais les individus sont de petite taille ; celte particularité fait très-bien distinguer les coquilles de la Baltique des coquilles des mers où la quantité de sels est

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normale. Les œsars sont des collines de sables, de marnes et de graviers dans lesquelles on trouve des coquilles semblables à celles qui vivent aujourd'hui dans la Baltique ; — le terrain qui les constitue a été déposé sous les eaux de la Baltique à une époque où cette mer était également saumâtre. A leur face supérieure les œsars portent des blocs erratiques, attribués par tous les géologues à la dernière période glaciaire:

Avant la dernière période glaciaire, comme aujourd'hui, la Baltique était une méditerranée, recevant plus d'eau par ses fleuves qu'elle n'en perdait par l'évaporation ; — comme aujourd'hui, le degré d'émergence de ses rivages ne lui permettait qu'une communication restreinte avec les mers voisines ; — et ce degré d'émergence correspondait à une température sensiblement égale à la température actuelle.

Il est possible que les blocs qui couronnent les œsars aient été déposés en même temps que les erratiques' des plaines de la Russie et de la Pologne, — et aient dû leur transport aux mêmes moyens. Mais il n'est pas admissible que les terrains des œsars soient de formation post-glaciaire. On trouve des coquilles dans les œsars jusqu'à plus de 30 mètres au-dessus du niveau de la mer. Or, dans certains kjôkkenmôddings, situés à quelques mètres à peine au-dessus de

l'eau, — et qui ont été formés hors de l'eau, puisqu'ils sont dus à l'action humaine, — les coquilles ont la grandeur normale. Si la mer Baltique s'élevait de quelques mètres, elle redeviendrait salée. Plus haute d'au moins 30 mètres, elle était saumâtre. Les rivages n'avaient donc pas la configuration actuelle au moment où les terrains des œsars se sont déposés. Les glaciers n'ayaient pas encore érodé les roches et élargi les passages. Quand même les erratiques des œsars seraient post-glaciaires, les terrains des œsars sont pré-glaciaires.

En somme :

Il est certain qu'au moment le plus froid de la dernière période glaciaire, le nord-ouest de l'Europe était notablement plus émergé qu'il ne. Test actuellement ;

Il est probable que le maximum du froid a coïncidé avec le maximum de l'émergence ;

Il est certain que, postérieurement au maximum du froid, le nord-ouest de l'Europe s'est immergé, et, qu'à la fin, de ce mouvement, le niveau de la mer était notablement plus élevé qu'actuellement ;

Il est probable que ce mouvement d'immersion relie sans discontinuité le maximum de l'émergence uu nouveau mouvement d'émergence qu'on observe aujourd'hui.

Il est probable que les mouvements séculaires antérieur et postérieur au maximum du froid ont été sensiblement symétriques ;

Il est très-probable que ce qui vient d'être dit des mouvements séculaires produits dans le nordouest de l'Europe pendant la dernière période glaciaire, est également applicable aux autres lieux et aux périodes glaciaires plus anciennes.

Cause des périodes glaciaires. — Ce qui précède peut être résumé dans les cinq propositions suivantes : •

l"" Les régions polaires sont les lieux des plus grands glaciers et des manifestations les plus remarquables du froid ;

2° Divers lieux du globe, dont quelques-uns sont situés vers Téquateur, — ont subi un froid semblable à celui qui sévit actuellement aux pôles ;

3® On trouve des traces du froid jusque dans les temps géologiques les plus anciens ;

4** A aucun moment, durant les époques géologiques récentes (probablement aussi durant les époques géologiques anciennes), les glaces n'ont pu occuper sur le globe des régions notablement plus vastes que celles qu'elles occupent aujourd'hui ;

5** Autant qu'on peut le connaître dans l'état actuel de la science, les mouvements séculaires

du sol qui coïncident avec : rapproche du froid, son maximum d'intensité et son départ, — sont exactement ceux qui coïncideraient avec : l'approche lente du pôle, sa plus grande proximité et son éloignement.

. De chacune de ces propositions, — et bien mieux encore de leur ensemble, découle cette conclusion : — les périodes glaciaires sont causées par le déplacement du pôle.

Hypothèses émises jusqu'à ce jour. — On peut dire que toutes les hypothèses imaginables ont été émises afin d'expliquer les phénomènes propres aux périodes glaciaires. Je vais en faire une revue rapide. Montrant leur insuffisance, je ferai mieux ressortir encore la vérité du déplacement polaire.

Afin d'abréger, je divise ces hypothèses en quatre groupes. •

Le premier groupe comprend les hypothèses qui recherchent des modiQcations géographiques de nature à augmenter l'extension des glaciers ; — elles ne veulent ni éteindre le soleil, ni glacer d'un seul coup toute la surface terrestre. Ce sont les hypothèses les plus en vogue. Elles se basent sur la présence et l'absence successives de la mer du Sahara, — une déviation du Gulf-Stream, —

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