PARENTE DES ESPECES
win (1), le macbraucbenia a survécu dans T Amérique du Sud, à la dernière période des glaces.
Ceci posé, examinons quels climats a dû posséder le globe depuis l'origine des temps tertiaires.
Les espèces qui vivent aujourd'hui dans la 2one intertropicale étaient, aux époques antérieures, représentées par des espèces proches pai-entes, lesquelles devaient exister sous un climat également chaud . Une certaine portion de la surface terrestre a dû constamment présenter un climat semblable au climat intertropical actuel.
Il n'est pas nécessaire que la région chaude ait toujours demeuré au même lieu du globe, — mais il est nécessaire que sa température n'ait jamais beaucoup baissé, et il est nécessaire que la surface totale de la région n'ait jamais beaucoup diminué. Si, à une époque quelconque, l'une ou l'autre de ces conditions avait manqué, un grand nombre d'espèces eussent simultanément disparu. Longtemps après l'extermination, la région chaude aurait pu être repeuplée par les espèces survivantes ou les émigrants des provinces limitrophes ; les caractères des nouveaux habitants, plus ou moins modifiés par la cohabitation, la nature des lieux, — la sélection, auraient pu subir des modifications profondes, et les naturalistes au-
(1) Voyage d'un naturaliaiey Paris, 1875, page 186.
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raient eu matière à créer de nouveaux noms d'espèces : -^ les espèces exterminées n'auraient jamais reparu.
Ainsi, la région chaude du globe n'a jamais pu, depuis l'origine des temps tertiaires, perdre notablement de sa température ni de sa surface. Sa température el sa surface ont-elles pu être notablement augmentées?
Si ce fait s'était produit, il y aurait eu extermination des espèces propres aux régions froides. S'il s'était produit dans la mesure que veulent beaucoup de géologues, afin d'expliquer comment des fossiles caractéristiques des climats chauds ont été trouvés loin de l'équateur, — les espèces des régions tempérées auraient elles-mêmes été tuées.
Le globe n'a pas été alternativement brûlant et glacé, comme le voulait Agassiz, — il n'a pas eu la fièvre, car chacun des stades de froid ou de chaud eût été marqué par une lacune dans la série des espèces.
Notons encore qu'aucun des fossiles que nous connaissons n'indique un climat plus chaud que le climat équatorial actuel ; — et que rien^ en aucune région du globe, ne marque que le froid ait jamais été plus intense qu'il l'est maintenant aux pôles.
Tout nous porte à croire que la température
îî^OS§tLES DÛ CLIMAT GLACÎAL. 205
générale de la surface du globe n'a pas sensiblement varié depuis le commencement de Tépoque tertiaire jusqu'à l'époque actuelle.
Dans l'hypothèse de la fixité de l'axe de rotation, la parenté continue des espèces est en complète contradiction avec les signes d'un climat chaud trouvés loin de l'équateur et les signes d'un climat froid trouvés loin des pôles.
Il est naturel de conclure que les zones propres aux divers climats se sont déplacées sur la sur* face du globe.
Rareté des fossiles du climat glacial. — Dans les régions arctiques les animaux terrestres et les plantes sont en petit nombre. Ils vivent dans les lieux bas, proche des rivages, car les lieux élevés sont toujours recouverts d'un manteau de neige ou de glace. Leurs restes sont généralement ensevelis à une petite hauteur au-dessus du niveau de la mer, ou même au-dessous de ce niveau. Si un animal périt dans la neige ou dans une crevasse de glacier, son corps, par le mouvement de descente du milieu où il est enfoui, est tôt ou tard porté aux bords de la mer.
Les animaux marins sont nombreux ; les testacés pullulent dans la boue produite par Térosion des roches. Cette boue contient certainement des^ principes alibiles que peuvent s'assimiler
^m FAUNES ET FLOKES.
des organismes inférieurs. Les débris des espèces marines restent généralement dans le lieu où elles ont vécu.
Les fossiles a caractère glacial doivent être cherchés vers le niveau des anciennes mers polaires, ou au-dessous de ce niveau. Or, les terres, nous Tavons vu, sont très-émergées au voisinage des pôles.
Les couches à fossiles arctiques ou antarctiques se recouvrent d'une couche d'eau dont l'épaisseur croit d'autant plus que le pôle s'en éloigne davantage.
Nous ne connaissons qu'un petit nombre de dépôts à fossiles caractéristiques d'un climat glacial. Ceux-ci, on a lieu de le croire, ont été formés dans des circonstances analogues à ceux qui se forment au voisinage de l'île de Terre-Neuve. Les fossiles de Terre-Neuve pourront très-bien émerger à une latitude inférieure à celle de l'Ecosse.
Il n'est pas rare qu'au-dessous d'un dépôt à coquilles caractéristiques d'un climat froid, on trouve des terrains à coquilles propres à un climat plus doux. En voici la raison. Des rivages voisins du pôle, mais baignés par des courants chauds, ont une température relativement élevée; exemple, le nord-ouest de la Norvège. D'autres rivages, que