‹ Le déplacement polaire, preuves des variations de l'axe terrestre: preuvesChapitre 35 sur 53 · FOSSILES DU CLIMAT GLACIAL · texte numérisé non relu

FOSSILES DU CLIMAT GLACIAL

leur latitude appelait à un climat tempéré, subissent au contraire un froid considérable ; tel est le cas du nord-est de T Amérique, et, mieux encore, de la Géorgie du Sud, située à l'est de la Terre de Feu. A mesure que le pôle se déplace, les courants changent de direction. Il se peut donc qu'un rivage qui, en premier lieu, a reçu une faune indiquant un climat à peine froid, • — vienne, sous une latitude inférieure à la première, à recevoir une seconde faune à caractère beaucoup plus froid. De cette manière le dépôt le plus

glacial est le plus élevé.

Les dépôts propres aux climats intertropicaux sont ceux qui demeurent le plus facilement émergés et visibles. Ils paraissent ainsi plus nombreux que les autres.

La rareté des fossiles du climat glacial et la fréquence des fossiles des climats chauds confirment ma théorie. Elles ont contribué à faire croire aux géologues que la température générale du globe était plus élevée aux époques anciennes qu'à l'époque actuelle.

L*émergence des terrains qui se produit autour du pôle, et surtout au-devant de lui, — aide encore à comprendre comment les périodes glaciaires n'ont pas été la cause d'extinctions d'espèces terrestres.

Distribution des aires géographiques, — Dans

les régions arctiques la faune et la flore se montrent assez homogènes pour qu'on en fasse une seule aire géographique. A mesure qu'on s'écarte du pôle, les espèces qui vivent sur les mêmes parallèles deviennent plus distinctes. Les parties tempérées de l'Amérique du Nord n'ont pas les mêmes habitants que l'Europe, — ni Test de l'Asie. L(BS espèces de la côte orientale des États- Unis diffèrent suffisamment de celles de la côte occidentale pour qu'on les sépare en deux aires. La divergence s'accentue vers les tropiques. A l'équateur sont des aires nombreuses que limitent les mers et les chaînes de montagnes.

Puisque durant le déplacement polaire les mers fuient les pôles et affluent à l'équateur, les communications entre les espèces qui vivent sur un même parallèle doivent être fréquentes vers les pôles et très-rares vers l'équateur. Les communications fréquentes mêlent les espèces de même climat et tendent à unifier les aires.

Iles océaniques. — Dans Taire arctique les espèces sont en petit nombre; mais les individus appartenant à une même espèce sont souvent trèsnombreux. Il y a davantage d'espèces dans la région subarctique; davantage encore dans la zone tempérée. Enfin, les espèces se montrent

ILES OCEANIQUES. 209

extrêmement nombreuses vers les tropiques et surtout vers Téquateiir. En règle générale le nom* bre des espèces qui peuplent une surface déterminée de terrain est d'autant plus grand que le terrain est choisi plus près de Téquateur.

Les régions froides sont principalement pauvres en espèces d'arbres, de reptiles et de mammifères terrestres.

A égalité de surface, une ile quelconque contient toujours moins d'espèces que les portions des cou* tinents situées sous les mêmes latitudes. L'île se montre d'autant plus pauvre en espèces qu'elle est plus éloignée du continent et que le bras de mer qui Yen sépare est plus profond.

Les îles très-écartées, les îles océaniques, comme les nomme M. Darwin, sont pauvres en espèces d'arbres et sont généralement privées de reptiles et de mammifères terrestres. Il ne faut pas compter les espèces introduites par l'homme. Les seuls mammifères que l'on ait trouvés dans le plus grand nombre des îles océaniques sont des chauves-souris, lesquelles souvent voyagent fort loin des côtes continentales. Leurs reptiles appartiennent presque uniquement aux espèces marines.

Les îles océaniques contiennent des espèces qui leur sont propres et qu'on ne retrouve pas ailleurs. Plusieurs ont des flores très-singulières.

2tO FAUNES ET FLORES.

Quelque spéciales que soient la faune et la flore d'une île, elles se rapprochent presque toujours, -par le caractère général, de la faune et de la flore ^du continent le plus proche,

Si certaines espèces sont absentes des îles océaniques, ce n'est pas parce que le terrain ne leur serait pas propice : — « On ne saurait citer une seule île, dit M. Darwin (1) dans laquelle nos petits mammifères ne se soient pas i^aturalisés et abondamment multipliés » ; il dit encore (2) : -r- € Des grenouilles introduites à Madère, aux Aç£>res et à Vile Maurice s'y sont multipliées au point de devenir incommodes. »

Cette absence s'explique très-bien par la relation qui lie les mouvements séculaires du sol: au déplacement polaire. Si In mer qui sépare une île du continent voisin est peu profonde, — l'île doit n'avoir éié séparée du continent qu'à une lali- •tude un peu plus haute; en ce cas, leurs espèces sont peu différentes. Si la mer est très-profonde, l'île a cessé de toucher au continent dès une latitude prochaine du pôle, à un moment où elle avait peu d'espèces d'arbres, et où probablement elle ne possédait ni reptiles ni mammifères.

(1) VOrîgîne des espèces^ Pari?, 1873, page 420.

(2) /ij/t/., page 419.

Page 1