‹ Le déplacement polaire, preuves des variations de l'axe terrestre: preuvesChapitre 43 sur 53 · ARGUMENTS CONTRAIRES · texte numérisé non relu

ARGUMENTS CONTRAIRES

ne puisse plus y placer la source des volcans ; — mais il ne la supprime pas. La perte de force et Tim» perfection de la rigidité de la croûte, invoquées par M. Liais, ne compensent peut-être même pas ce qui serait produit par la viscosité de la pyrosphère.

Dans les calculs ci^dessus, on n'a pu faire entrer que des résistances nettement définies, telles que .celles du fer et de Tacier, pu telles que la rigidité ab» solue et la mobilité absolue ; — on n'a pas pu introduire les résistances qu'offrirait un état pâteux ou visqueux parce qu'elles sont inconnues. Il est cepen* dant nécessaire d'en tenir compte.

Je vois un bon argument contre l'existence du feu central dans le phénomène- du refroidissement du globe — supposé primitivement liquide.

D'après les .partisans de la pyrosphère, alors que la planète en fusion perdait de sa chaleur, les premiè-* res masses solidifiées flottèrent à sa surface comme flottent les glaçons sur une eau qui refroidit ; ce furent les premiers rudiments de la croûte terrestre ; ils prirent naissance aux pôles, grandirent, s'agglomérèrent, et finirent par recouvrir toute la surface de la sphère d'un radeau ininterrompu. On ne peut pas concevoir, en effet, que la croûte terrestre ait été formée autrement que par des roches qui flottaient comme des glaçons sur la masse liquide du globe. Ces roches donc devaient être plus légèreis que le liquide^ puisqu'elles flottaient.

La glace surnage parce qu'elle est moins dense que

Teau. Un morceau de fer jeté dans un bain de fer en fusion surnage, parce qu'il est moins dense que le liquide. Il en est de même du bismuth. Mais ce sont des exceptions. En règle générale, un corps à l'état solide offre une densité plus grande qu'à Tétat de fusion. Toutes les roches appelées ignées sont notablement plus légères à l'état liquide qu'à l'état solide ; — on évalue la différence à un dixième ; — cette différence est considérable.

Les glaçons ne pouvaient pas se former à la surface de la sphère liquide. Cette masse, se refroidissant, devait commencer à être solide par le centre, et la surface a dû être consolidée postérieurement à toutes les autres couches. On peut admettre que des lacs de liquides lourds sont restés épars çà et là dans la masse ; — on ne peut pas admettre la pyrosphôre, ni la croûte surnageante.

Si la planète avait été primitivement liquide, elle se serait solidifiée comme je viens de le dire, — mais je suiîj loin d'aflirmer qu'elle ait été primitivement liquide. M. Liais (1) fournit une bonne raison contre la liquidité originelle du globe. « Gomment, dit-il, dans l'hypothèse en question, verrions-nous à la surface terrestre des matières aussi denses que le fer, et surtout l'or et le platine ? N'auraient-elles pas dû se trouver toutes primitivement dans le voisinage du

(1) V Espace céleste, page 445.

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