AUTRE HYPOTHESE
centre, et comment auraient-elles pu atteindre postérieurement la superficie ? »
En somme, les deux propositions relatives : Tune à la fusion originelle du globe, l'autre à l'existence de la pyrosphère, — ne sont pas démontrées ; même, étudiées de près, elles paraissent, surtout la seconde, improbables dans une large mesure.
Autre conception. — Je vais dire mon opinion sur l'état de Fintérieur du globe.
Les pressions que subissent les couches profondes de la terre sont énormes. Dès la profondeur d'un kilomètre, la pression peut être évaluée à 200 atmosphères. Dès la profondeur de quelques kilomètres, les pressions dépassent tout ce que nous pouvons expérimenter dans nos laboratoires.
' On sait qu'à l'aide de fortes pressions on fait couler les métaux et beaucoup d'autres corps ; ils coulent comme une pâte. Ici, et dans bien d'autres cas, la pression équivaut à de la chaleur.
11 est vraisemblable qu'un bon nomfire des corps renfermés dans le globe sont à l'état plastique, peuvent couler et se déplacer à la manière des substances visqueuses. Certaines roches bien connues : les granités, les porphyres, les basaltes, etc., et aussi les couches plissées des dépôts sédimentaires anciens, paraissent avoir subi l'état plastique et confirment cette vue.
On peut également croire que les cailloux, les frag-
jnents de roches diverses, qui présentent les déformations nommées empreintes géologiques, ont été réduits par les pressions à l'état plastique. Je n^gnore pas que M. Daubrée, arrosant d*eau acidulée des sphères calcaires amassées, a pu produire des empreintes de même nature; je sais que quelques géologues, parmi lesquels M, Gontejean (1), voudraient trouver dans cette expérience la raison de toutes les empreintes géologiques de toutes les espèces de roches ; — mais je ne puis pas me figurer qu'on veuille sérieusement expliquer ainsi les impressions des cailloux qui ne sont pas attaquables par les acides. Les empreintes géologiques m'induisent à penser que presque toutes les roches, sinon toutes, peuvent être amenées à l'état pâteux.
M. Liais estime que les puissantes pressions de l'intérieur du globe réduisent les corps au volume minimum, et que, dans cet état, ils sont absolument rigides. Je ne nie pas que ceci puisse se produire pour un certain nombre de matières, mais je n'en vois aucune preuve.
Ainsi, les couches extérieures du globe seraient les plus solides, les plus, rigides. A une profondeur de quelques kilomètres, des roches pâteuses se glisseraient déjà parmi les roches plus résistantes à la pression. Plus bas, les ]*oches demeurées solides seraient rares et englobées dans une gangue plastique.
Les pâtes les plus lourdes seraient naturellement
~ (1) Éléments de Géologie^ Paris, 1874, page 480.