‹ Le déplacement polaire, preuves des variations de l'axe terrestre: preuvesChapitre 9 sur 53 · CARTE DES ANTIPODES · texte numérisé non relu

CARTE DES ANTIPODES

de l'hémisphère sud sont vues renversées, comme à travers le transparent tourné au verso ; — et pourquoi les portions sud de l'Afrique et de TAmérique sont reportées à 180 degrés des portions nord des mêmes continents.

S'il est vrai que les pôles et l'équateur se déplacent sur le globe, il doit en résulter une dis-* position particulière des terres émergées.

Un sillon polaire est l'antipode d'un autre sillon polaire ; les saillies laissées par l'équateur sont antipodales , deux à deux! Il semble donc que les creux doivent avoir pour antipodes des creux, et que les saillies doivent avoir pour antir podes des saillies. En d'autres termes , il senir blerait que les antipodes des terres de l'hémisphère sud doivent s'inscrire sur les terres de l'hémisphère nord. Un simple regard jeté sur la carte montre qu'il n'en est rien ; — la surface carminée est petite.

J'ai estimé que la surface totale du carmin égalait quatorze fois la surface de la péninsule ibérique. Pour arriver à ce chiffre, j'ai évalué à trois fois la surface de la péninsule ibérique les terres qui, au voisinage du pôle, auraient pourbntîpodes des terres si les contrées polaires étaieilt connues.

Si le hasard pur et simple avait pl^sidé à la distribution des terres et des mers , la surface totale du carmin eût été sensiblement double,

c'est-à-diré égale à vingt-huit fois la péninsule ibérique (1).

Et si le déplacement polaire avait eu pour effet de placer les terres de F hémisphère sud aux antipodes des terres de l'hémisphère nord , la surface carminée eût été considérablement plus grande que celle donnée par la répartition des terres au hasard.

La 9urfacë carminée est petite , parce que le centre de gravité du globe ne coïncide pas avec son centre de figure, — et parce que le déplacement polaire porle dans certains cas les saillies aux antipodes des creux, et réciproquement. Examinonsi^ucpessivement ces deux points.

. DÉFAUT DE COÏNCIDENCE DES CENTRES.^- LoS dé*

viationg de la verticale, que Ton a observées même en poys de plaine, — par exemple en France, en Angleterre, en Russie, — prouvent que la composition intérieure du globe présente des densités irrégulières. Parfois, au voisinage de montagnes qui devraient Taltirer, la verticale est repoussée. C'est ainsi qu'un astronome des plus connus (2) a pu sérieusement demander à des géologues s'ils ne croyaient pas que les Pyrénées fussent vides. L'irrégularité de composition

(1) Ce calcul est exposé dans la note G, page 250.

(2) M. L 'Verrier, au congrîs de la Sorbonn^, en 187G.

SEPAHATION DES CENTRES. 31

intérieure du globe amène facilement le défaut de coïncidence des deux centres..

On sait aussi que par un certain grand cercle de la sphère , on divise le globe en deux hémisphères, dont Tun contient presque toutes les terres émergées. Le diamètre de la sphère , perpendiculaire au plan de ce grand cercle, aboutit : d'une part, proche du cap Lizard, au sud-ouest

de l'Angleterre, sur le 50* degré de latitude et le 7* de longitude ouest; — d'autre part, au sud do la Nouvelle-Zélande, sur le BO* degré de latitude et le IIS^ de longitude est. Les mers ainsi attirées sur une face du globe montrent bien que le contre de gravité ne coïncide pas avec le centre de figure (1).

Suivant mes estimations, Thémisphère terrestre contient trois . de terre et quatre d'eau ; rhémisphère aqueux contient onze fois autant d'eau que de terre. On peut calculer ce que le hasard donnerait de surface carminée en tenant compte de ces nouvelles conditions (2). Le total est égal à neuf fois la surface de la péninsule ibérique; il est sensiblement inférieur au total réel.

Si toutes les terres de l'hémisphère aqueux se dessinaient en carmin sur l'hémisphère continen-

(1) La note D, page 251, explique la silualion jdes deux centres.

(2) Ce calcul est exposé dans la note E, page 257.

fl2 ANTIPODES.

tal, la surface carminée serait égale à trente-sept fois la péninsule ibérique.

Effets du déplacement polaire. — A mesure que se déplace Taxe de rotation, la masse solide du globe se déforme afin de posséder constamr ment la figure d'un ellipsoïde aplati aux pôles, La portion de Taxe de rotation comprise dans rintérieur de la planète tend à être divisée en deux longueurs égales par la position du centre de gravité. Il en est de même de tous les autres diamètres du sphéroïde, mais tous ne tendent pas avec la même puissance à avoir le centre de grar vite à leur point milieu ; — • la plus grande puissance, si je puis m'exprimer ainsi, appartient au diamètre polaire et aux diamètres qui aboutissent au voisinage des pôles.

Considérant que la force qui aplatit le globe aux régions polaires est égale et contraire à celle qui le dilate vers Téquateur ; — considérant la différence de grandeur des surfaces terrestres où s'opèrent la réduction de volume et l'augmentation de volume; — on arrive à cette conclusion que la force qui sollicite la déformation du globe au pôle est sensiblement double de la force qui sollicite la déformation en un point de Téquateur. Dans les zones moyennes, la force est moindre qu'à réquateur.

Page 1