CHAPITRE XII
DORLANGE A MARIE-GASTON
Paris, aTril 1830.
En rentrant de chez les TEstorade^ auxquels j'étais allé faire mes adieux, je trouve, cher ami, la lettre par laquelle lu m'annonces la très-prochaine arrivée.
Je t'attendrai toute la journée de demain; mais le soir, sans plus de remise, je me mets en route pour Arcis-sur- Aube, où d'ici à une huitaine se sera fait le dénoûment de mon imbroglio politique.
Quels tenants et aboutissants je puis avoir dans cette cité champenoise que j'aspire, à ce qu'il paraît, à représenter; sur quel concours et sur quel appui je dois compter ; en un mot, qui s'est occupé de faire mon lit électoral? tout cela, je l'ignore aussi parfaitement que l'an passé, à l'époque où, pour la première fois, je reçus la nouvelle de ma vocation parlementaire.
11 y a quelques jours seulement, j'ai reçu, timbrée de Paris, cette fois, et non plus de Stockholm, une communicâfion émanant de la chancellerie paternelle.
A voir la teneur de ce document, je ne serais pas étonné quand les éminentcs fonctions remplies dans une cour du Nord par le mystérieux auteur de mes jours seraient tout simplement celles de caporal prussien ; car il est impossible de faire passer des instructions sur un ton plus impératif, plus péremptoirc, et en s'ingéniant aussi désespérément des plus minutieux détails.
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