‹ Le député de Bombignac; comédie en trois actesChapitre 24 sur 83 · SCÈNE XI PINTEAU, DE GHANTELAUR · texte numérisé non relu

SCÈNE XI PINTEAU, DE GHANTELAUR

PINTE AU, rentrant.

Dis donc, je crois que je tiens le prétexte.

DE GHANTELAUR.

Hé bien I. Garde-le I... Je n'en ai plus besoin !

PINTEAU.

Ah!... Tu restes?... Tu ne pars pas?

DE GHANTELAUR.

Plus que jamais, au contraire !

PINTEAU.

Comment ?

Tout à l'heure, ma femme et ma belle-mère vont revenir et tu vas les entendre me supplier elles-mêmes de partir.

PINTEAU.

Je demande à voir cela I... Et tu pars... pour?.-,

DE GHANTELAUR.

Pour Bombignac, chef-lieu de canton d<^ }2 Basse- Garonne, où je vais me présenter à la dépuration.

PINTEAU.

A la députation ! Comme ça?... au pied levé ?

DE CHANTELAUB.

Mon Dieu, oui ! C'est une idée de Morard !

PINTEAU,

Elle est étrange I Mais alors, tu ne vas pas à Paris ?

DE GHANTELAUR.

Voilà «e qui te trompe !...

PINTEAU.

Ah !... En ce cas, tu n'iras pas à Bombignac?

DE GHANTELAUR.

Parbleu I. La période électorale est de quinze jours, n'est-ce pas?... Je les passerai tout entiers à Paris, le plus joyeusement possible... après quoi, je reviendrai tranquillement ici!... Je raconterai que les électeurs n'ont pas voulu de moi, voilà tout !...

Et personne ne soupçonnera que tu n'as pas mis les pieds dans la Basse-Garonne ?

DE GHANTELAUR.

Personne au monde !... Je me suis renseigné : Bombignac est un trou, un simple trou, perdu dans les montagnes!... Qui, diable 1 pourrait s'inquiéter de ce qui s'y passe ?

PINTEAU.

Qui?... Mais ta femme ! Crois-tu qu'elle ne te demandera pas de la tenir au courant ? Tu seras bien forcé de lui écrire, ne fût-ce qu'une fois ou deux ; et, si ta lettre porte le timbre de Paris, tu vois d'ici l'effet que cela produira !...

DE GHANTELAUR.

Diable ! Je n'avais pas songé à cela, moi I

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