‹ Le député de Bombignac; comédie en trois actesChapitre 25 sur 83 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PINTEAU.

Et la presse ?... Tu ne t'occupes pas de la presse? Tu ne songes pas que, pour un sou, le premiep yenupeut se renseigner sur ce qui se passe dans tous les coins de la France, Bombignac compris? C'est même pour cela que les journaux ont été inventés !...

DE GHANTELAUR.

Oui, tu as raison!... Sapristi! Comment faire?

PINTEAU.

Oh ! je crois que tu auras beau te creuser la tête....

DE GHANTW,LAUR.

Hé !... parbleu ! Rien de plussimplel Moi, j'iraià Paris ; et toi, tu iras à Bombignac 1

iINVEAU.

Moi?

DE GHANT£;LAUR.

Tu ne connais personne dans le midi ?

PINTEAU.

Oh ! personne ! Je n'y suis jamais allé.

DE GHANTELAUR.

Moi non plus I Donc, rien de plus facile ! Tu prendras mon nom et ma place ! Personne ne le saura !

PINTEAU.

Tu es fou 1 Comment, tu veux que je me fasse passer pour le comte de Chantelaur ?

DE GHANTELAUR.

Est-ce que ça t'humilierait, pr hasard?... Il me semble que le nom de ''hantelaur vaut bien celui de Pinteau! Tu resteras quinze jours dans un pays charmant, te promenant du matin jusqu'au soir, vivant grassement à mes frais, émerveillant les indigènes et tranchant du grand seigneur I... Je ne vois pas que tu sois si à plaindre.

PINTEAU.

Je ce dis pas; mais, sapristi !... prendre un nom, qui

n'est pas'e mien ?...

Dans tous les cas, moi seul aurais le droit de m'en plaindre ... Et c'est moi, qui te le demande.

PINTEAU.

Mais...

DE GHANTELAUR.

Et puis, encore une fois, qui le saura?

PINTEAU.

Alors tu prends tout sur toi?

DE GHANTELAUR.

Absolument!... Quant aux électeurs... hé bien! tu leur diras... ce que tu voudras ! Ou, plutôt, non, ne leur dis rien, rien du tout !... Ne te remue pas, ne te donne pas de mal 1... Pose ta candidature en arrivant, et puis... va te pi'omener... va te promener dans les montagnes ! Je n'ai pas d'amour-propre, moi, je me contenterai parfaitement d'une dizaine de voix !... Si même je n'en avais pas, came serait encore égal! L'important est que tu fasses mettre souvent mon nom dans les journaux de l'arrondissement et que tu envoies ces journaux à ma femme, afin qu'elle me croie bien à Bombignac. Tu vois, rien de plus simple 1...

PINTEAU.

Oh !... C'est très simple!.. Mais, permets!... Ce n'est pourtant pas moi, qui pourrai lui écrire, à ta femme ?

DE GHANTELAUR

C'est luste ! Hé bien ! Je vais te remettre quatre ou cinq lettres, de sentiments variés : enthousiasme, espoir, certitude, crainte, déception... etc. Tu les expé-

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