ACTE PREMIER
dieras de là-bas à la comtesse, en espaçant les envois !... C'est entendu ?... Tu as bien compris ?
PINTEAU.
J'aimerais mieux aller à Paris.
DE CHANTELAUR.
C'est bien possible, mon ami, mais je ne te laisse pas le choix: ! Je te revaudrai cela ! A ton retour, je doublerai tes appointements.
PINTEAU.
Non, merci!... Je me croirais obligé de travailler davantage 1 A propos, pendant mon séjour à Bombignac, où t'écrirai-je?...
DE GHANTELAUR.
Tu ne m'écriras pas !... A quoi bon ? Et puis, où serai-je, moi ? Je n'en sais rien ! Le lendemain de l'élection, nous nous retrouverons à Poitiers, à l'hôtel du Palais. Le premier arrivé attendra l'autre I...
PINTEAU.
Naturellement I
DE GHANTELAUR.
Et tu me mettras alors au courant de ce qui se sera passé, pour que je ne fasse pas de pataquès.
PINTEAU.
Et si, par hasard, il y avait ballottage ?
DE GHANTELAUR.
Bigre!... Hé bien!... Tant mieux I... Nous reparti» rions... et ça me donnerait encore quinze jours de bon temps.
PINTEAU.
Allons!... Soit!... Puisque tu le veux... me voilà grand seigneur î Par exemple... tu sais si je suis franc? je t'avertis loyalement que je profiterai de la situation. J'entends ne rien me refuser et je mènerai grand train une fois dans ma vie !..•
DE GHANTELAUR.
Je te donne carte blanche...
PINTEAU.
Carte blanche?.. Bien ! A quelleheure partons-nous ?
DE GHANTELAUR.
Après déjeuner.
PINTEAU.
Je vais préparer mon petit bagage!... C'est égal!... Si l'on m'avait dit, ce matin, que je partirais ce soir pour me présenter aux suffrages de mes concitoyens...
Il sort en riant.