ACTE PREMIER
DE CHANTELAUR, vivement.
Vous connaissez Bombigaac ?
DES VERGSTTES.
Non; seulement j'y ai un cousin, le baron Tancrède de Coutras. (Finement.) Mais, mon cher, vous ne pouvez pas partir aujourd'hui !...
DE CHANTELAUR.
Comment?... Je ne puis pas?... Et pourquoi?...
DES VERGETTESj aimablement.
Je VOUS ai dit que je m'occupais de vous!... Si je suis venu vous voir ce matin, c'est que Ion devait m'envoyer chez vous une lettre fort importante.
DE CHANTELAUR.
Eh bien?...
Hé bien !... Cette lettre, je viens de la recevoir et elle m'apprend que j'ai réussi.
DE CHANTELAUR.
A quoi?... Parlez donc ?
Ecoutez!.., (a la marquise.) Il va être aux anges!... (Il lit.) « Mon cher baron, le comité électoral monarï chique du cant< a de Poitiers (ouest), vient d'adopter » la candidature de M. le comte de Chantelaur, votre )) ami... »
DE CHANTELAUR, abasourdi.
Hein?
LA MARQUISE
Ah!... bah!...
DES VERGETTES, lisant.
« Que vous avez énergiquement patronné !... « Vous entendez ?
DE GHANTELAUR, furieas.
Patronné ?... Vous m'avez patronné?
DKS VERGETTES, lisant.
a Nous espérons qu'il ne déclinera pas cet honneur » et nous vous chargeons de lui notifier cette déci- » sion!» Hé bienl... Qu'en dites- vous?...
DE GHANTELAUR, à part.
L'imi )écile I
RENÉE
Quel bonheur!... Vous ne nous quitterez pas !..,
HÉLÈNE
Inutile maintenant d'aller à Bombignac !
DE GHANTELAUR.
Ah I permettez...
LA MARQUISE
Hélène a raison I Que vous vous présentiez ici ou làbas, peu importe !...
DE GHANTELAUR.
Il importe beaucoup, au contraire'... Ça n'est pas la même chose... pas du tout ! Ici, on ne manque pas de cajididats, tandis que là-bas... n'est-ce pas, Morard?
Comment?... Est-ce que vous refuseriez?
DE GHANTELAUR.
Parfaitement !... Je refuse I...
Vous ne ferez pas cela!...
DE GHANTELAUR.
Je n'aime pas que l'on me patronne sans me prévenir, mon cher ami, je vous le dis une fois pour toutes.