SCÈNE XX
MARIANNE , puis ERNEST.
MARIANNE
Son uUimatumt.., Eh bien , ne vous gênez pas. Sont-ils despotes, ces hommes, quand ils sont candidats!
ERNEST, entrant^ à part.
La voilà!... Truchon se rend aux élections... monsieur Bonœil, que j’ai rencontré, m’a dit qu’il allait partir... d'ici je le verrai monter en voiture... il faut que j’aie une explication avec Marianne. (iTotif.) Madame...
MARIANNE , te fetoumant.
Tiens ! comme vous avez l'air pincé, vous !
ERNEST
Soyez franche avec mol, madame... monsieur Bonsil vous a fait la cour, je le sais... vous avez consenti à l'entendre... à accepter son bras.
MARIANNE
Vous êtes donc un mouchard, vous?
ERNEST
C’est que je vous aime et que je suis jaloux. E| ce rendez-vous que vous lui avez accordé..,
HARUNN'E.
C’était pour le calmer... sans ça il vous aurait cherché querelle... et pis, vous êtes toujours à me foire des signes... un vrai télégraphe, quoi!... U s’est douté que vous m'aimiez; j’ai eu peur qu’il ne fit des cancans, et pour lui prouver que mon coeur était libre , je lui ai laissé croire qu’il pouvait en disposer.
n serait vrai !
MARIANNE
Vrai, comme je m’appelle Marianne Brisemtche, femme Truchon.
ERNEST
Que je suis heureux !
MARIANNE
N’ayez pas peur, monsieur Ernest ; je penserai toujours à vous ; je ne suis pas de celles qui oublient pendant l’absence.
ERNEST
Vous allez vous absenter?
MARIANNE
>^[ruchon va être nommé député, il veut que Jo parte avec lui demain pour Paris.
ERNEST
Comment?
MARIANNE
Il le veut... c'est son ulilmal... bat... uUibaton.
ERNEST
Et vous consentirez 7
MARIANNE
Dam !... que voulez-vous que je fasse ?... U est mon chef.
ERNEST, d part.
Et monsieur Donœil que je fais partir pour Paris! {Appelant.) Pierre!
MAKUNNB.
Qu’esl-ce que vous voulez?
ERNEST
Pierre î ( Pierre entre. Ernett lui remet la profession de foi de Truchon et lui parle d VoreiUe.)
Vite... vite.
Picrrosoit,
MAGASIN THEATRAL
MlHlAMNE. I
Qa'est-oe que VOUS aveï doue? vous êlcs tout { sens dessus dessous.
ERNEST. j
Non, je sub ra«ur<ï... „ous conlinueronsA nous j voir.
MARIANNE, Cl pCir<.
Est*ce qu'il veut venir A Paris î
Je pourrai toujours vous dire que je vous aime, vous me l’avei permis.
MARIANNE
Oui, mais en tout bien tout honneur!... c’est bien convenu... sans ça je vous aurais dit de nier... je veux pas faire de traits à Truchon. Pauvrejeher homme, va !
ERNEST
Oh! vous n’aurez jamais à vous plaindre de moi... Ou’csl-ce que je désire?... vous contempler avec amour... vous prendre quelquefois la main, me promener avec vous, tomber à vos pieds pour vous jurer une lidélilA éternelle.
Air de Marguerite (de U Tirelire).
BRNCST.
Lorsque marriiant sous le rcuillagc Et suivant le cours d’un ruisseau.
Votre esprit n'est pas sans nuago Même par le temps le plus beau ,
Peut-s^tre votre Ctt*ur désire Un bonheur mal défini...
MARIANNE
Peut-être non ; peut-être oui.
ERNCST.
Et que vcut-il? parlez.
MihlANNC.
J* n' puis dire...
C’est on ami qoi vous admire?...
MARIANNE
Oui, ça s* peut bien ; j* pense souvent A cet honnête sentiment, (bis)
ERNEST
Livrez-vous y donc fraiirhement.
Il $e met d genoux,