I. Récit de René de Cirardin, ms
jeudi 1 juillet 1778, vers 10 heures du matin ;
2° Que son autopsie avait été faite le vendredi 3 juillet à I heure de relevée ;
3° Que dans cette autopsie, on avait trouvé les parties nobles et tout le corps sain, que Ton n'avait pu trouver, « ni dans le rein, ni dans la vessie, les uretères, et l'urèthre, non plus que dans les organes et canaux séminaux, aucune partie, aucun point qui fût maladif ou contre nature » (par suite les infirmités dont avait si longtemps souffert Rousseau s'étaient guéries dans sa vieillesse ;
4° Que l'on avait trouvé deux petites hernies inguinales qui devaient être la cause des coliques) ;
5° « Que l'ouverture de la tête et l'examen des parties renfermées dans le crâne avaient fait voir une quantité très considérable (plus de huit pouces) de sérosité épanchée entre la substance du cerveau et les membranes qui la recouvrent. Que par suite ne
LA MORT DE ROUSSEAU Il3
pouvait-on pas avec beaucoup de vraisemblance attribuer la mort de M. Rousseau à la pression de cette sérosité, à son infiltration dans les enveloppes, ou dans la substance de tout le système nerveux? »
Le rapport des médecins concluait donc que Jean-Jacques Rousseau était mort d'une attaque d'apoplexie séreuse.
Avant l'autopsie, Houdon avait, avec l'aide de mouleurs italiens, pris l'empreinte du visage de l'auteur à' Héloïse. D'après ce moulage, il fit plusieurs beaux bustes, pour René de Girardin. L'abbé Rozier, directeur du journal de physique, pria son ami le marquis de lui en céder un, dans une lettre qui nous est conservée'.
Dans la journée du samedi 4 juillet, on embauma le corps et on l'enferma « dans un cercueil du bois le plus dur, recouvert de plomb en dedans et en dehors avec plusieurs médailles qui contiennent son nom