I. Chapitre viii
LES DÉSILLUSIONS d'uN IDÉOLOGUE 10']
avec ses propres principes \ Quant à ces principes eux-mêmes, Girardin y adhérait avec une ferme foi. Il suivait d'ailleurs son maître dans ce qu'il avait de conservateur et de modéré : « Ne perdons jamais de vue l'importante maxime de ne rien changer sans nécessité, ni pour retrancher ni pour ajouter», écrivait Rousseau. « L'on éprouve bien maintenant (1791), ajoutait Girardin, la vérité de cette maxime; si nos représentants en avaient été imbus, ils ne nous auraient pas tout à coup environné de ruines ^ »
Le créateur de l'Arcadie d'Ermenonville s'était fait d'après Jean-Jacques un magnifique idéal politique, le règne de la raison et de la justice parmi les hommes, mais il se rendait bien compte de son impossibilité immédiate ; tout au moins, aurait-il voulu que si l'on faisait quelques changements,
1. Cela lui ari-ivait assez souveul, mais moins aux yeux de Girardin qu'aux nôtres.