‹ Le dernier ami de J.-J. RousseauChapitre 72 sur 91 · LES DÉSILLUSIONS D'UN IDÉOLOGUE · texte numérisé non relu

LES DÉSILLUSIONS D'UN IDÉOLOGUE

Barbarus hic ego sum, quia non intelligor illis.

Ovide.

(Une des devises de Rousseau.)

Dans le calme d'Ermenonville, ou clans ses séjours à Paris, où, ainsi que son fils Stanislas, il fréquenta tous les hommes de la première heure, Sieyès, Mirabeau, Vergniaud, etc., René de Girardin put méditer sur tous les grands événements qui se succédèrent depuis la prise de la Bastille jusqu'à la fuite de Louis XVI à Varennes.

Il fut d'abord enthousiaste, comme toute la France pour les Etats généraux réunis à Versailles. Il s'aperçut bientôt, que l'on ne réaliserait pas son idéal politique. Dès 1789,

2o6 LE MARQUIS RENÉ DE GIRÂRDIN

il annotait les écrits de Rousseau avec amertume. Soulignant cette pensée du Gouvernement de Pologne ^ : « Le second moyen est d'assujettir les représentants à suivre exactement leurs instructions et à rendre un compte sévère à leurs constituants de la conduite de la diète », il ajoutait :

« Ce principe conservateur de la liberté, passe au moment où j'écris, le 2 novembre 1789, pour une absurdité. L'Assemblée Nationale a formellement déclaré qu'elle n'était pas liée par les instructions des constituants. Elle prétend qu'elle est le pouvoir constituant. Je me suis permis de soutenir cette opinion contre quelques-uns de nos modernes législateurs et j'ai passé pour un sot. »

Il faisait parfois une critique de détails à Rousseau; il rejetait quelques pensées où Jean-Jacques se mettait en contradiction

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