L'HÉRITAGE DE ROUSSEAU LA VEUVE DE JEAN-JACQUES
Rousseau mort, il restait à René de Girardin un legs peu intéressant, la simple et vulgaire Thérèse Levasseur *, la compagne du philosophe pendant trente-quatre ans, et sa quasi-épouse. Nous avons vu que dans ses dernières paroles, il l'avait en quelque sorte confiée à la bonté de son hôte.
Toute la famille deGirardin d'ailleurs entourait Thérèse Levasseur de vénération.
C'était « l'excellente, la simple et touchante
I. Sur Thérèse, veuve de Rousseau voir FoLude de M. Lenotre, et mon article de la Revue de Paris du i5 septembi-e 191 1 dont ce chapitre est extrait. J'ajoute une plus complète documentation à la perspicace étude de M. Lenotre, grâce aux archives privées qui m'ont été ouvertes.
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s'était faite, et son résultat était les assassinats et les atrocités sanguinaires. Il avait rêvé l'âge d'or sur la terre, et les républicains qui devaient le réaliser
« Brisaient ses arbrisseaux et ses gentilles fleurs. »
Un dernier chagrin lui était réservé : le transfert de Rousseau au Panthéon K II semble qu'il laissa faire sans énergiques protestations ; il avait désespéré d'Ermenonville comme de la France; les habitants avaient été fort peu dévoués pour l'ancien seigneur philanthrope ; ses jardins étaient abîmés par les inondations et les hommes. Cependant, il dut souffrir de cet enlèvement de Jean-Jacques de son île des Peupliers comme d'un dernier outrage à la mémoire vénérée de l'homme de la Nature.
Il se retira dans une ancienne terre, où il aA^ait conservé une maison, et dont le
I. Sur le transfert de Rousseau au Panthéon voir M. Aulard ; La Réaction thermidorienne, t. II, p. i56.