‹ Le dernier banquet des girondinsChapitre 7 sur 14 · DUPRAT · texte numérisé non relu

DUPRAT

Yous me rappelez ce que me disoit à ce sujet un jeune capitaine d'artillerie avec lequel je soupois il y a plus d'un an à Beaucaire (XXVI). Je répéterois au besoin ses propres paroles... « Ils marcheront dans les révolu- » tions, et ils n'en recueilleront pas les fruits. » Ils feront des constitutions et ils les viole- » ront. Ils se rendront odieux au peuple et au » genre humain par des excès qui avoient » disparu de l'histoire depuis Sylla et les » triumvirs. Un homme alors paroîtra^ guidé » par la fortune et par le dieu de la gloire. Il » dira : Je vous ai laissé des lois, et vous les » avez foulées aux pieds. Qu'avez-vous fait du » sang de nos braves, inutilement versé pour » la patrie? — Et il les chassera devant lui » comme une paille légère ! »

VERGNIAUD

Il y a de l'avenir dans ce capitaine à la parole poétique! il sera Marcellus!

MAINVIELLE

Je l'ai vu. C'étoit un Corse d'assez petite taille, à l'œil noir, luisant, profond, au maigre et long profil, au teint couleur de pierre, aux cheveux plats et tombants, qui parloit peu, et ne parloit que par phrases sentencieuses et pittoresques. Il s'appelle, je crois, Buonaparte.

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