‹ Le dernier chant des serins de Laval [microforme]Chapitre 11 sur 15 · PAR: 11 JE · texte numérisé non relu

PAR: 11 JE

le revenu provenant des élèves de l'Ecole serait absorbé par les dépenses addition nelles que nécessiterait la nomination d'un plus a nombre de professeurs, (mais votre faculté qui est parfaite sous tous rapports se passerait bien d'un plus grand” nombre de professeurs) et pour combler le déficit, es autorités devraient voirailleurs.

Voir ailleurs, voilà une mine inépuisable de suggestions.

Voir ailleurs, mais c’est le ciel ouvert, vous attendez, o ! serins affa-més, une manne de revenus supplémentaires,

Voir ailleurs, c'est quelque chose de vaguement grand, d'indéfinis. sable,

Voir ailleurs, c'est le rôle de la Succursale ; elle n’a jamais fait autre: chose, au lieu de s'occuper d'elle-même, elle voyait ailleurs ; tantôt à l'universitè Laval, tantôt au Séminaire, tantôt à l'évêché, sans perdrede vue les raisins verts de l'Ecole de médecine.

Ce n’est pas tout, voir ailleurs, c'est, pour la Succursale jeter un: regard de convoitise sur les revenus du clergé séculier. Enfin, voir ailleurs, c'est se créer des rentes perfas et nefas.

Pendant plus de 30 ans, l'Ecole a eu le monopole de l’enseignement médical dans-. cette partie de la province et a eu tous les élèves catholiques, cependant, les reve nus provenant de ses élèyes n'ont jamais pu lui permettre de se procurer des musées, des bibliothèques et tout le materiel nécessaire pour le bon fonctionnement. d'une institution de ce genre.

Une institution qui brille par l'infériorité de son enseignement et par l'immoralité la plus éhontée, n’a guère besoin de musées, de biblio-thèques, etc.

Toutes ces choses sont indispensables à des institutions de la valeur de la Succursale. Aussi, c'est ce qui frappe le plus l'étranger qui la visite, on n'y peut faire un pas sans être étonné de la richesse inouïe: de ses musées, de ses laboratoires et de son immense bibliothèque. Un Peddlar entreprenant pourrait porter le tout dans sa poche de veste.

De plus, les professeurs n’ont jamais reçu des émoluments convenables, ce qui prouve que l'union avec l'Ecole ne serait pas de nature à augmenter les ressources: de la faculté,

Evidemment, il faudra voir ailleurs, si non les jeunes mariés seront à sec et ne pourront pas fonctionner convenablement. Attendez et les exigences de ces messieurs vont se multiplier. Au bout du #/ d'or: qui les retient à Laval ils exigeront tout une mine d'argent... monnayé. .

Les soussignés, Monseigneur, ne désirent pas rompre le fil d’or qui les unit à l’uni-versité Laval dé Québec. et cela pour plusieurs raisons. (Je le savais.) En premierlieu. la rupture de ce fil ferait disparaître l'unité qui est si avantageuse sous tous: les rapports, (surtout quant on est marié) et qui est si vivement désirée parle souve--

sil

rain Pontife (à ce point que le souverain Pontife a déclaré que vous deviez dépendre directemeut du seul conseil universitaire de Québec.) En second lieu les soussignés sont satisfaits de la liberté que leur accorde le décret Ja«mdudum et de la position qu’il leur donne . (entre-nous, vous n'êtes pas dificiles) en troisième lieu ils n’ont. aucune répugnance à porter le nom de Laval, (vous n'avez pas le droit d'en porterd'autre) ce nom étant un des plus glorieux que l'on rencontre dans l’histoire de la. nouvelle France. (mais qu'est-ce que celà, comparé à la gloire de la sucrursale?) en quatrième lieu, enfin, (c'est Le quatrième lieu commun) la rupture de ce fil par les soussignés constituerait de leur part (on est heureux d'apprendre que dans ce cas ce ne serait de la part d'autres que des soussignés) acte évident d'ingratitude.

Votre Grandeur poir se rappeler sans doute que c’est le séminaire de Québec que est venu au secours de la facultéet s’est chargé du paiement des émoluments des professeurs et des dépenses de l'administration sans y être ohligé, vu que le décret du 1er février 1876 mettait tous les frais de l'établissement à la charge du diocèse de Montréal.

Notons d’abord avec quelle candeur on remontre à Monseigneur Fabre la générosité du Séminaire de Québec qui tend son #7 dor à la. succursale de Montréal, et ensuite avec quel plaisir malin on lui rappelle que le diocèse de Montréal a manqué à ses devoirs envers la. Succursale,

Tout cela est d’une délicatesse vraiment incomparable ; tout cela. a du sonner agréablement aux oreilles de Sa Grandeur ; le clergé admirera aussi, sans doute, la manière de la succursale.

Il est vrai que ces honoraires ont été très modiques au commencement, (comparésà l'appétit des signataires) mais ils n’ont pas moins contribué à encourager les. membres de la faculté et à les faire travailler à la consolidation de l'Université Laval à Montréal. (Parlez-moi de la consolidation d'un château de cartes... à jouer.)

Votre Grandeur, Monseigneur, qui s’est toujours montrée si empressée (après l'ad-monestation, La flagornerie) non seulement d'exécuter les ordres du St. Siège (ce

ui serait très naturel) mais de se conformer à ses désirs, (ce qué est plus dévoué, DOIT voir avec joie l’établissement de l’Université Laval se consolider. La facultéde Médecine dont le fonctionnement est le seul qui ait rencontré des difficultés, se trouve aujourd'hui dans des conditions qui font prévoir son succès final. (On. n'aurait jamais cru cela.) Ses professeurs sont tous dévoués. (Z7 faut l'être pours'attacher à pareille bicoque.) Le nombre de ses élèves augmente rapidement, (oui au lendemain d'une bourrasque universitaire ) Le meilleur esprit règne parmi eux (si vous voulez parler des nur e veuillez me permettre d'espérer qu'il ne s'agit pas ici de l'esprit qui Sd pis au factum,) et son enseignement est généralement reconnu pour être excellent et ne le cèder en rien à celui des autres universités.

Vraiment vous êtes d’une modestie à croquer.

Tout ce qu’il faut maintenant pour assurer définitivement le triomphe de l'Uni-versité Laval à Montréal, n’est pas l'union avec l'Ecole, mais le concours actif et efficace de toutes les forces catholiques, ainsi qu'un secours annuel de quelques. milliers de piastres, secours que les autorités religieuses ne manqueront pas de Ph RAR car c’est pour elles le seul moyen de conserver le contréle de la hauteéducation.

Allons, voilà que mes serins ne veulent plus se marier avec l’Ecolede Médecine ! Sont-ils assez inconstants ?

Les raisins seraient-ils encore trop verts ?

ss Ds

Ce qu'ils veulent, c’est le concours actif et efficace de toutes les forces -catholiques, c'est-à-dire le concours de tout ce qui a, jusqu'ici, fait la ‘force de l’Ecole de Médecine. Vous n'êtes pas malins en vérité ; encore un peu, ils exigeraient le transport des immeubles de cette institution. Si l'Ecole était un tantinet généreuse, elle se rendrait aux larmes de -cette succursale si modeste en ses désirs.

Ce que je veux, c'est le sang de les veines.

Rien que ça!

Oh ! que non, ce simple énoncé n’est qu’un mouvement des lèvres, attendez, regardez le jeu des machoires de la succursale et mesurez la ‘profondeur de l’abime qui va s'ouvrir devant vous !

.…...,. ainsi qu'un secours annuel de quelques milliers de piastres.”

Les émoluments considérés comme satisfaisants, pour le moment «d'autrefois, sont aujourd’hui tout au plus bon pour des winnows.

C'est un grand maître que la faim dit Perse, qui donne de la voix et -de l'esprit à ceux à qui la nature en a refusé.

Magister artis, ingenique largitor Venter, negatas artifex sequi voces.

Bien, c’est défini, clair comme ça, la succursale a faim, il faut qu'elle mange !!

Et que ne le disait-elle plus tôt ?

Pourquoi courir midi à quatorze heures ?

La tâche n’était difficile, pourquoi la finir par le commencement ?

Pourquoi couvrir d'insanités dix pages de /oo/scap pour arriver à dire cette chose aussi élémentaire que naturelle :

Page 1