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moi, qui sais de quoi vous êtes capables, je vous tiens pour les auteurs de ces deux misères à la fois.
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Ne dites pas, je vous prie, que je suis trop sévère, car, sachez que je vous porte tout l'intérêt que je dois. Je vous aime beaucoup parce que vous avez erré grandement. Je ne vous aime pas assez cependant pour vous châtier, c'est vous-même que je vais charger de ce devoir. C'est le fouet de l'histoire qui va vous servir la discipline.
Je veux, de plus, vous montrer que vous n'avez pas de pires ennemis de Ja succursale que vous-mêmes. Votre conduite d’abord, et vos écrits ensuite, vont le prouver amplement.
Et secum petulans amentia certat.—CLAUDIEN.
L'insensé, ne se possédant pas, combat contre lui-même.
Lorsque l’illustre Pie IX, par nn décret en date du lerfévrier 1876, #, déclaré que l'Université Laval serait la seule université catholique dans la province de Québec, mais que cette institution devrait avoir une succursale à Montréal pour donner à cette ville tous les avantages d’une éducation universitaire, les soussignés se sont empressés de se soumettre à cette décision du souverain Pontife, qui leur a paru inspirée par la plus baute sagesse et dans l'intérêt bien compris de tous les catho-
liques de la province.”
PREMIER MENSONGE.——Lorsque l'illustre Pie IX, par un décret en date du 1er février 1876, a déclaré que l’Université Laval serait la seule université’ catholique dans la province de Québec, il a enjoint aux autorités universitaires de Laval de venir en aide aux écoles déjà existantes. Or, qu'est-il arrivé ?
Dès avant la promulgation de ce décret, les signataires du factum qui étaient pour la plupart professeurs agrégés à l'Ecole de Médecine tramaient, dans l'ombre, la ruine de cette institution, leur 4/ma mater. Ils voulaient arriver, mais trouvant que les vieux professeurs de l'Ecole : les Munro, les Trudel, les Pelletier, les d’Orsennens, etc., ne disparaissaient pas assez vite de l’enseignement, ils appelérent Laval à leur secours. Et Laval que les étudiants désertaient pour venir à l'Ecole de Médecine, Laval vint nourrir nos divisions et jeter sa graine stérile au milieu des œuvres fécondes de feu Mgr Bourget.
Le décret veut que Laval vienne en aide aux Ecoles déjà existantes, et Laval travaille à leur destruction et les signataires du factum la secondent dans cette œuvre néfaste. Ils mentent donc lorsqu'ils déclarent à Monseigneur, qu'ils se sont empressés de se soumettre à cet ordre du Souverain Pontife.
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Comment ! depuis 1869, Mgr Ignace Bourget, de très sainte et très l'illustre mémoire, demandait à Laval d'accorder une affiliation honof-rable à l'Ecole de Médecine, et vous, de votre côté, vous faisiez diversion à cette noble démarche ; vous passiez lâchement à l'ennemi, et
vous parlez de votre soumission à l’autorité ! Farceurs sinistres ! { Au reste, nommez-moi un seul homme qui, en dehors de votre cer- -cle de traîtres, se soit opposé au décret de l’Illustre Pie 1X ? On ne prétendra pas, je l'espère, que l'Ecole de Médecine soit une funiversité. Tout le monde sait qu'une université est une institution romposée des facultés de Théologie, Droit, Médecine et autres sciences ; or J'Ecole de Médecine, comme son nom l'indique, n’est qu’une faculté, la seule à laaueile le décret de 1876 veut que Laval vienne en aide. 4 Dorc, en se tenant dans la rigueur du langage, l'Ecole peut exister même ‘à côté de la seule université de la province.
On dira : l'existence de l'Ecole entravait le succès de l’Université
Laval.
{ Mais oui, cela se conçoit pour qui sait que l'Ecole, par la valeur pratique de son enseignement et la solidité de son orthodoxie, avait daccaparé les dix-neuf-vingtièmes des étudiants de cette province. On ne « pouvait donc pas facilement compter sans elle. Est-ce la faute de l'Ecole # si le recteur de la seule université catholique de la province, agissant “sous votre impulsion, a déclaré qu'il préférait ignorer ? Ecole et traiter avec vous? M.le Recteur Hamel n'était-il pas tenu de respecter le 4 décret de 1876? Ne devait-il pas, en conscience et en honneur, utiliser Jies éléments existants à Montréal d'une grande et forte université. { Aujourd'hui, après 15 ans de luttes stériles, vous devez, au moins, comprendre que l'Ecole de Médecine était et est encore, un élément indispensable au succès de /a seule université que voulait Pie IX en 21876. Les larmes de crocodile dont votr: factum est saturé le prouvent #surabondamment.
Si l'envie ne rongeait vos cœurs et ne troublait vos esprits, “vous n'écririez pas de factum, et vous cesseriez ces luttes stédriles qui paralysent les plus généreux dévouements. Retournez au “ bercail, ou rangez-vous pour laisser passer ceux qui veulent marcher de l'avant. La vie est trop courte pour s’attarder à sonder l’ornière que vous avez creusée sous les pas de l'Ecole de Médecine.
Vous avez chanté trop tôt son regwiam, elle est encore debout plus
grande et plus forte que jamais. La voyez-vous, qui passe triomphante, #offrant la protection de son bras à tous les hommes de bonne volonté, fmême à ses détracteurs,
Vous prétendrez : l'Ecole de Médecine étant une corporation indé-— pendante ne pouvait faire partie de l'Université Laval. :
Je réponds : cette prétention est fausse en soi et fausse en fait. .
En soi, parcequ'il n'y a rien qui répugne à ce que plusieurs corps indépendants confèrent des titres sous un vocable commun.
En fait, puisque la méticuleuse Laval a affilié la faculté de théologie de St Sulpice de Montréal, tout en lui laissant son indépendance.
Cela suffit-il pour vous montrer que loin de vous empresser de vous soumettre, vous vous êtes au contraire accrochésà des subterfuges, vous vous êtes opposés au décret de 1876. Voilà pour votre premier mensonge.
ÆEn vérité, dit Montagne, /e mentir est un mauidit vice.
En effet une université bien établie doit être suffisante pour tous les besoins d’une population qut dépasse à peine le chiffre d’un million.
Il faut croire que l’université que nous avons n’est ni bien établie ni suffisante puisqu’äprès tente huit ans d'existence, elle ne répond pas. encore aux besoins de la population.
Et si on examine ce qui se passe dans les autres pays, et surtout en France, on se convaircra sans peine que l'existence d’une seconde université ne pourrait qu'être préjudiciable à l'intérêt des catholiques.
Ce qui ne veut pas dire qu’une seconde université mieux établie que la première ne serait pas avantageuse à l'intérêt des catholiques,
Anx Etats. Unis d'Amérique. qui comptent plus de dix millioas de catholiques, on a encore qu’une seule université qui n’est pas même complète.
Si les dix millions de catholiques des Etats Unis n’ont qu’une uni-versité incompiète, ce n’est pas une raison pour que les catholiques de la Province de Québec soient satisfaits d’une université, qui ne répond pas aux besoins de sa population. Tout le monde sait que, l’université Laval, œuvre purement diocésaine comme l’a voulu son fondateur, n’est devenue provinciale que de nom: les deux tiers des catholiques de la province trouvent qu’elle ne répond pas aux besoins de toute la population.
Ce sentiment est fort à ce point que, toute la diplomatie universitaire n’a pu le changer.
En France, lorsque le gouvernement a permis l'érection d’universités catholiques. on s’est aperçu qu’il ne fallait pas qu'elles fussent trop multipliées et on a ét6obligé d'en réduire le nombre à trois. Cependant la France contient 36 millions: de catholiques.
En France, les universités sont sous le contrôle du gouvernement, c'est donc un monopole; dans la province de Québec, elles sont laissées à l'initiative du Clergé et des fidèles, c'est la liberté, 1l n’y a donc pas analogie.
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Dr EN
De plus je trouve que vous êtes trop humbles, vous cachez la masse de votre science sous les dehors d’une innocence mal contenue, Si vous osiez découvrir toutes vos informations on serait étonné ae votre: savoir. x
C'est ainsi que Mgr apprendrait de vous, phénix de la succursale, que ‘‘les trois facultés de médecine et les trois écoles supérieures de ‘pharmacie ne sauraient, on le comprend, suffire à doter toute la ‘“ France de praticiens expérimentés dans l’art de guérir. Les Æcoles “ préparatoires ont pour mission de répandre l’enseignement médical ‘“ dans toutes les parties du territoire, ces Ecoles sont au nombre de “vingt deux.”
On croira peut-être qu’il s’agit ici de simulacres de succursales. “ A. un certain point de vue, l’enseignement des Ecoles préparatoires est plus. profitable aux étudiants que celui des facultés. En effet, tandis quedans celles-ci plusieurs centaines de jeunes gens, devraient, par exem-ple, suivre à l’an:phithéâtre les leçons d'anatomie du professeur, dans: celles ci les élèves, peu nombreux, jouissent de moyens d'instruction plus directs et plus efficaces. La démonstration y est plus facile, les. observations y ont plus de précision ; les manipuiations et les leçons. cliniques n’y souffrent pas de l'encombrement. Des interrogations surles matières des leçons y sont possibles, les habitudes d'ordre et debonne tenue s’y conservent mieux, les élèves étant tous personnellement connus du professeur ”.
Quel est le programme de ces écoles si dédaigneusement laissées en, oubli par les scribes du factum ? le voici: