Accouchements et maladies des femmes et des enfants
Enfin chaque élève est tenu de faire, pendant un an, le service de: l’un des hôpitaux de la ville.
“ Le titre d'Æco/es préparatoires est-il justement applicable aux établissements qui font l’objet de cette notice ?
“C'est plus, en effet, qu’une école préparatoire que celle qui est investie du droit de conférer des grades et de donner pour ces grades. un enseignement complet ”. (1.)
Comptons encore, pour l'édification des scribes, trois écoles de médecines navale : Brest, Rochefort, Toulon, en outre de 3 écoles de méde-
(1.) Les GRANDES ECOLES DE FRANCE, par Mortimer D'Ocagne.—(Passim.)
cine militaire, ce qui fait un total de trente-et-une écoles de médecine æour trente six millions de Français.
Les scribes du factum ont, pour une fois, caché leur loupe.
Que ne parliez-vous de l'Angleterre, où, toute ville qui compte pour ‘quelque chose, possède une école de médecine, souvent deux ?
Et la Belgique, ne compte-elle pas 4 ou 5 écoles de médecine ?
Quant à l'Allemagne, je cède la parole au KR. P. Didon, des Frères Prêcheurs. Voici ce qu’il dit dans son livre intitulé: Zes A/emands.
“ L'Allemagne est aujourd’hui la terre classique des universités. On trouve ailleurs des écoles élémentaires, des collèges, des lycées, des écoles professionnelles, des écoles spéciales, des cours de hautes étu- -des politiques, des facultés même que l'Allemagne peut envier, mais on ne montrera nulle part des universités pareilles aux siennes. L’empire en compte aujourd’hui ving-deux.
‘Ces 22 universités sont autant de centres actifs où la science est ‘est en perpétuel mouvement.
“ Je n’ai jamais mieux compris la vraie activité scientifique que dans -ces petites cités allemandes peuplées de professeurs et d'étudiants et “où l’université est tout.” (1.)
Ceci s'explique assez facilement, pour assurer l'existence et le succès d'un: uni- -versité, il faut des moyens considérables qui ne peuvent s’obtenir que par l'encou- <ragement et le concours d’un grand nombre de personnes.
C'est ce qui vous trompe quand à ce qui est de l'Université Laval, ‘puisque ses fondateurs, en obtenant une charte royale d'incorporation, ont déclaré, sous serment, que cette institution était suffisamment -dotée pour n'avoir pas recours à l’aide du gouvernement ni à l'argent du public, encore moins aux revenus du clergé.
En fondant les universités, (quelles universités ?) on divise les sources de revepus; (M. Prud homme n'aurait pas mieux dit) on se trouve en présence d'institutions qui végètent et qui se sontiennent misérablement, (par exemple, la succursale de Laval,) tandis qu’en en fondant (/roquois, mon ami, s6rs d'ici) qu'une seule, cette université, recevant l'appui de toute la populaticn devient grande et prospère.
Les signataires du factum ne veulent évidemment pas parler de l'Université Laval qui a toujours manqué de l'appui de toute la population et qui, pour cela, est restée petite et peu prospère.
Ces quelques considérations démontrent suffisamment la sagesse de l'Immortel PielX en décrétant (2) qu’il n’y à He seule université catholique dans la pro-
vince de Québec, de plus, Sa Sainteté Léon XIIT, dont la clairvoyance et la sagesse «sont universellement reconnues, n’a fait que marcher sur les traces de son illustre
(1.) Les Allemands, par le père Didon des Frères Précheurs, 1 vol., 20me edition, 4884, chez Calman Levy, Paris.
(2) Antoine, mon cocher, corrige ça!
cn LE rune
rédécesseur, elle a toujours marché dans la même voie et elle a déclaré chaque ois que les circonstances lui en ont donné l’occasion, que l'Université Laval serait la seule université catholique dans cette province.
Je vous l'ai déjà dit: personne ne s'est opposé à l'établissement de cette seule université, excepté les autorités universitaires qui ont faii l'impossible pour empêcher l'Ecole de concourir dans les vues de Pie IX.
Pie IX et Léon X ont déclaré que Laval serait la seule université catholique dans cette province ; c’est très bien, mais à la condition sine qu non qu'elle réponde aux besoins de la population de cette province. Autrement il n’y faudrait songer. Laval a si peu répondu au but que ies autorités romaines ont dû lui donner des cAaires subsidiaires à Montréal.
Ce seui fait est la preuve la plus écrasante de l'insuffisance de la seule université catholique, etc., etc.
Québec donnant à Montréal une succursale, c’est le ruisseau Migeon alimentant le St-Laurent !
Et dites-moi donc, je vous prie, qui a fait connaître, à Rome, que Laval suffisait aux besoins de toute la province de Québec? N'est-ce pas Laval même faisant valoir sa suffisance ?
C'est en vain que vous essayez de nous la faire... elle est trop vieille celle-là, elle est tout au plus bonne pour des serins.
Que demain, le St. Père apprenne le sentiment vraï des 700,000 <atholiques qui appartiennent à la région de Montréal, au sujet d'une université, pensez-vous qu'il hésiterait un instant à se rendre à leur vœu ?
Laval resterait à Québec, comme une chose à sa place, et Montréal aurait l’université qu’elle a droit d'avoir,et avant quinze ans elle compterait pour quelque chose sous le ciel des sciences.
L'établissement d'une seule université dans la province de Québec aura pour effet non seulement d'assurer l'existence de cette université. (/e croyais que cette seule université existait déjà, mais les signataires du factum sont tellement effarés qu’ils en voient cinquante autour d'eux ; et puis, voyez comme c'est magique, l'établissement d'une université assurera l'existence de cette université!) Est-ce assez iroquois ce langage !) mais il entraînera d’autres avantages excessivement précieux.
Voyons-ça.
La population catholique se trouve en contact continuel et mêlée à une population protestante beaucoup plus nombreuse qu'elle. (Tiens, moi qui croyais que les protestants ne comptent pd pour ur sixième de la population, évidemment je n'y regarde pas avec les yeux de la succursale) mais qui a pu réussir à établir et à maintenir une
université de première classe, (le maintien assure l'établissement n'est-ce pas, M. Prud'homme ?) et qui fait l'honneur non seulement de la ville de Montréal, mais encore de la Puissance du Canada,
C'est là une des meilleures preuves qu'on eût dû établir à Montréal une université catholique indépendante.
C'est ici et non à Québec que se trouve le champ d'émulation des hautes études.
Quant on a à lutter contre un puissant rival comme McGill, il ne faut pas avoir les mains liées derrière le dos, ne fûtce qu'avec un fil d'or. On est toujours à désavantage.
La preuve, vous la voyez en regardant la succursale, qui se débat vainement dans les serres de Québec. Née d’un monopole aussi étroit qu'ambitieux, elle dépense le meilleur de son énergie à porter ses fers et à entretenir des intrigues qu’elle n'oserait avouer, des misères, quoi !
Est-ce l’a, je vous le demande, /a seule université que les autorités romaines ont voulu donner à Montréal, à la province de Québec ?
Cette question est presqu'une injure et je la retire parceque j'ai foi que l'avenir, un avenir prochain, ne la laissera pas debout!
L'honneur des Canadiens-Français, la conscience catholique demande justice, non pas un fragment, un lambeau, mais justice pleine, entière, féconde, libre de produire le bien à sa manière. Plus d’équerre ni de compas empruntés au voisin, mais l'initiative grande et
noble, mère de tous les progrès bien entendus ! * *% %
Si les catholiques ne veulent pas se laisser devancer dans la voie du progrès, (n'est-ce pas déjà fait depuis longtemps, grâce à l’inactivité de la SEULE université que vous chérissez tant ?) ils doivent rallier toutes leurs forces et employer toutes leurs ressources qui sont à {eur disposition, (OQ grammaire ! que tu passes de tristes quarts
d'heure !) pour fonder une institution qui puisse rivaliser avec celles de leur compatriotes appartenant à une autre croyance religieuse.
On le voit, il n’y a pas encore d'université catholique dans la Province de Québec, puisque ces messieurs veulent en fonder une, témoignage inconscient de l'insuffisance de la seule université qu'il y
a à Québec.
Cette démonstration historique de la swfisanse d'une seule université catholique, pour la province de Québec, est tout ce qu'il y a de Joseph Prud'homme dans le monde. Mgr l'archevêque a du être édifié de trouver tant de lumière sous un si petit boisseau. Il a du se dire, en vous lisant: ces serins sont vraiment de bonnes et charitables âmes ; grâce à eux, voilà que je vois ce que personne n’a jamais vu.
* k°* Parlez encore, mes enfants, pari:z toujours ; votre outrecuidance égale vos prétentions, ce qui, entre nous, n’est pas peu dire,
Cette société dure encore et prospère ; mais il s’en faut que nos compatriotes y fassent aussi bonne figure qu’autrefois. La plupart se sont retirés et n’ont pas été remplacés. Les Normands se sont divisés pour plaider à leur aise. Depuis ce temps, ils ont fondé une demi-douzaine de sociétés plus ou moins moribondes. Aujourd'hui, rien ne reste debout de tout ce qu’ils ont édifié. Qui se lèvera pour jeter sur des bases solides une association scientifique française ?
On croit généralement qu’une société pour être prospère, doit se composer d'un grand nombre de membres, qui, ‘“ tous ”, doivent être présents à ‘“‘’chaque” séance.
Erreur, le nombre des membres présents n'est pas un critérium de valeur: Cinq, dix, quinze membres suffisent amplement à répondre au but, Quoi! fe vais chez un confrère, on cause des progrès scientifiques, on s'occupe du traitement de telle ou telle affection ; on se sépare heureux de cette communion d'idées ; la société, existe en puissance; puis un, deux, trois, cinq confrères constituent un noyau d’association durable, si on ie veut. Mais non, ce qui fait échouer tous ces projets, c'est
PACA LV
L'amour que chacun porterait à son a/ma mater s'étendrait plus ou moins à tous les élèves de l'institution. ?
Ecoutez, ce plus ou moins est bien à sa place dans la bouche de gens qui ont renié leur a/ma mater et qui, depuis quinze ans, travail. lent à la détruire.
Ces considérations auraient du être suffisantes pour tous ceux qui désirent le bien de la religion et du pays à accepter avec empressement la décision si souvent et si clairement formulée par le St. Siège de soutenir l’université Laval et la succursale, mais malheureusement il n’en a pas été ainsi.
D'abord, cette phrase est de l’iroquois pur, ensuite ceux qui n'ont pas voulu embrasser Laval sont déclarés traitres à leur religion et à leur pays ; je soupçonnais bien que le clergé travaillait sournoisement à ruiner ces deux choses saintes, mais je n'avais pas de preuves suffisantes pour formuler une accusation. Maintenant, grâce aux serins de Laval, j'y suis !
Le factum dit que ceux qui désirent le bien de la religion et du pays auraient dû accepter la décision du St. Siège de soutenir l’'Université Laval et la succursale; d’où je conclus que les autorités univeisitaires et les souffleurs de la succursale n'aiment ni la religion ni leur pays, puisqu'ils ont fait l'impossible pour empêcher l'exécution équitable du décret de 1876.
Un grand nombre de personnes, et, ce qui est le plus étonnant, un grand nombre DES MEMBRES DU CLERGE pour des raisons et des motifs (Voi/à un crescendo à la: manière de la Succursale) que Votre Grandeur connaît aussi bien que les soussignés, (T'as qu'à voir, vorlà se Mgr gagne en lumières) ne voulurent pas se soumettre et firent l'opposition la plus acharnée à l'établissement de la succursale.
Le clergé rebelle aux décisions du St. Siège, voilà du frais émoulu ‘du cerveau de la sucçursale !
Nous assistons à l’opéra bouffe, quoi !
Mais où sont les foudres destinées à l’écrasement des rebelles ? Evidemment, Monseigneur ne connaissait ni les raisons, ni surtout les motifs qui ont fait. agir son clergé ; sans cela, hein, pensez-y...
Ces serins sont d’un flair à dépister les plus habiles rebelles parmi les. membres du clergé.
Savez vous que Monseigneur pourrait se tailler tout un cÆapitre dans l’étoffe de cette merveilleuse succursale? Voilà bien huit chanoines de trouvés, en outre du père de la copie conforme, s’il vous plait,
Les adversaires de l'Université se servirent de l'Ecole de Médecine, comme d'un arme pour contrecarrer les désirs des souverains pontifes.
Quelle prodigieuse métamorphose : l'Ecole de Médecine devenue une
PAL 1, rs
arme, par exemple, un petit couteau bon pour saigner des serins, et,, dit le factum, pour contrecarrer les désirs des souverains pontifes.
Leurs efforts (Des rebelles parmi le clergé) unis à ceux de l’ Ecole, ( Voilà une arme: doué de l'instinct de faire les efforts) eurent pour résultat de laisser l’Université La-val à Montréal dans un état assez précaire ; (assez précaire est adorable, vu qu'on y crevait de faim) et ils commençaient même à espérer de réussir dans leurs projets, (les vilains couteaux) quand le St. Père, qui veille sans cesse aux intérêts de la. religion et de la uaute éducation, vint par la promulgation de la constitution Jandudum, déjouer leurs plans et enlever leurs espérances,
Par ma barbe! ce yamdudum est arrivé à propos, suspendre les. machinations infernales des membres rebelles que le clergé comptedans son sein. Leurs #/ans seront déjoués, leurs espérances élevées ;les raisons et les motifs ne manqueront pas de disparaître, l'hypocrisie. sera démasquée, etc., etc...
Salut ! Jamdudum, mon sauveur !
Eu effet toutes leurs forces (des rebelles parmi le clergé) venaient des préjugés: w'ils parvenaient à soulever parmi la population, contre ce qu'ils appelaient la dotiltaiion et le joug de Québec.
Prétendant qu'en acceptant la succursale, Montréal, la cité la plus riche et la plus populaire (populaire est plus riche que la cité de Montréal, mais j'aimerais: autant populeuse) de la puissance du Canada, se constituait l’inférieure et l'esclave. de la ville de Québec.
Ce n’est pas là la raison principale de l’opposition de Montréal, il:
faut plutôt l’attribuer au fait que Montréal n’aimait pas le don que-
Québec voulait lui faire. Les citoyens de Montréal se sont dit, avec- ‘ beaucoup d’apropos :
Timeo danaos et dona ferentes.
Aujourd’hui, après une expérience de quinze ans, cette crainte est. amplement justifiée.
Les dons de Québec sont des fruits cow/és, sans calembourg. * * *
Mais avec le décret Jamdudum, qui donnait à la succursale une indépendance presque complète, (in your mind) en lui assurant le contrôle de ses finances, (desdettes) le cenfectionnement des programmes de ses études, (confectionnement est du Jargon de ta succursale, on confectionne une étoffe, un habit, par exemple, la livrée de: Laval) la nomination et la révocation de ses professeurs, (ad nutum du conseil’ de Québec,) les ennemis de l’Université se sentirent désarmés et ne purent plus faire un épouvantail avec le spectre de Québec dominant Montréal.
1 2 5 0 à y SPL TNS
Vous voyez d'ici la terreur semant ses ravages parmi les membres rebelles du clergé, etc. Ils n'avaient plus de petits couteaux puisqu'ils. étaient désarmés. Ils n'avaient plus de raisons de secouer le spectre de Québec aux regards des insulaires de Montréal. Les aborigènes.
des concessions voisines reprirent leurs sens rassérénés., Il n’y eut plus de loups, ils étaient tous terrorisés ; il n’y eut plus que de tendres <t timides brebis, ce fut magique, voilà |
Le décret, tout en maintenant l'unité de l'Université Laval, donne à la succur- ‘sale une liberté si grande, qu'un membre éminent du clergé de cette ville a dit: “que les deux institutions n'étaient unies que par un fil d’or.’'La population catho- Aique de la province ecclésiastique de Montréal doit la plus profonde reconnais- #ance au Souverain Pontife, qui a su trouver dans sa sagesse le moyen de donner à da succursale la liberté dans l'unité.
Montréal qui craignait tant les servitudes de Québec allait, de par ce décret, jouir de la liberté dans l'unité ; ce n’est pas un petit privilège, surtout quaud l'unité est à Québec et la liberté au bout d'un fil d'or. Mais, hélas ! cette prétention n'était qu'un rêve doré. Toute cette indépendance n'était que des airs. Pendant trois ou quatre mois, vous avez joué à la liberté, mais on reconnaissait à votre cou la marque de votre servitude.
‘ J'ai rompu mes fers, direz-vous. Mais, le chien qui après de longs efforts parvient enfin à s'échapper, traine souvent une grande partie de son lien ”.
‘“ Rupi jam vincula dicas:
‘ Nam luctata canis nodum arripit at tamen illi ‘ Cumfugit, a collo trahitur pars longa catenæ ”. —PERSE. Satire V, page 158.
Loin de vous donner la liberté, cette équipée a appris à vos maîtres qu'ils devaient fortifier vos liens. Et aujourd’hui, vous voilà, plus vigoureusement que jamais, rivés à Laval, Que pensez-vous du fil d’or, célébré avec tant d'enthousiasme par votre entremetteur favori ? Caressez-le donc ce fil, maintenant qu’il est devenu une chaine dont chaque anneau est l’œuvre de vos mains serviles.
Par
Au fait, examinons la portée du décret /amdudum, afin que l’on cesse d’en parler, comme un aveugle fait des couleurs.
19 On a prétendu que ce document concernait l'Ecole de Médecine ; or le nom de cette institution n’y est pas même mentionné, d'où un Canadien peut conclure dans la négative.
.29 On a voulu y voir la main de l’Université Laval de Québec; or l'Université Laval a protesté à Rome contre la portée de ce document, à preuve l'explication obtenue de Sa Sainteté Léon XIII, le 26 juin 1889, c'est-à-dire, cinq mois après l’'émanation du décret /amdudum