‹ Le dernier chant des serins de Laval [microforme]Chapitre 6 sur 15 · DENT · texte numérisé non relu

DENT

<t les signataires du factum ont grand tort de l'attaquer. Ils seraient plus heureux à remplir leur rôle ordinaire de calomniateurs,

Le mensonge est si bien leur arme favorite, j'allais dire naturelle, qu'ils deviennent gauches en dehors de ce champ.

‘Pour démontrer à Votre Grandeur que les soussignés ne peuvent pas aujourd’hui ‘accepter les conditions d'union qu’ils ont refusée alors, ils croient ne pouvoir mieux faire (Je vous assure que cen’est pas ce que vous avez fait de ba À que de citer ici les réponses qui oxt été données par plusieurs d’entre eux à Son Excellence le commissaire apostoliqne. En voici quelques-unes :

lo Nous sommes élèves de l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal.

Vous êtes élèves de l'Ecole de Médecine et vous vous en vantez, malheureux ! En vérité, je vous croyais aussi discrets que vos neuf cents confrères qui se gardent bien, eux, de faire un aveu aussi compromettant.

Après notre admission à la pratique nous avons compris l'infériorité de l'ensei- ‘gnement de cette institution.

Jeunes hommes, vous avez compris, mais un peu tard, d'où je conclus que votre intelligence était plus bornée que celle du commun des mortels. Si vous eussiez compris plus tôt, vous seriez allés à Laval ; c'est là, oui, c’est bien là que vous auriez compris, à temps, l’éxfériorité de cette institution. :

Entretemps, iogeons dans une parenthèse, un témoignage peu suspect de la valeur de l’enseignement de l'Ecole. C’est ma manière, à moi, -de prendre les serins dans leur propre glue.

Au mois d'octobre 1874, le Dr A. T. Brosseau, professeur de Botanique et de Médecine Opératoire (deux matières qui vont si bien ensemble) chirurgien de l’'Hôtel-Dieu, etc., etc., prononçait un discours dont j’extrais la perle suivante :

IT est possible qu’en ce jour où plusieurs écoles de médecine vous ouvrent toutes

grandes leurs portes, vous désiriez avoir des garanties comme quoi vous avez bien ‘fait en venant à l’Ecol: de Médecine et de Chirurgie de Montréal.

Comme quoi et en venant font croire que l’auteur a plusieurs langues à son service,

La garantie que nous avons à vous donner, c'est le grand nombre de praticiens capables. Je dirais même éminents, qui ont reçu à cette institution leur éducation médicale, les succès qu’ils obtiennent en pratique, leur position sociale, la compétition heureuse qu’ils font à leurs confrères venant des autres collèges. Telle est la pure irréfutable, je crois, de la valeur de l’enseignement qui est donné ici, .....

lne m'appartient pas à moi, ancien élève dé cette Ecole d'en faire aujourd’hui l'éloge, mais laissez-moi vous dire cependant que s'il est un acte de ma vie dont e suis glorieux et fier, c'est d'avoir suivi les cours de cette institution... ï

Puisque cette institution est la vôtre par la nationalité, par le langage par l’enseignement, par les connaissances, pourquoi l'abandonneriez-vous pour aller à d'autres institutions qui ont droit au patronage aussi, mais non pas au votre.

L'auteur de ces bonnés paroles est-il le même Alfred Toussaint Brosseau dont le nom apparaît au bas du factum de la succursale ? Si oui, j'ai droit de m'écrier : guantu mutatus ab illo !

S'il 2e lui appartenait pas, à lui, élève de cette école, d'en faire ALORS. l'éloge, lui appartient-il plus AUJOURD'HUI de lui jeter de la boue ?

Croyez-moi, s’il est un acte dont vous ne devez être ni glorieux ni fier, c'est d’avoir mis votre griffe au bas de ce réquisitoire humiliant.…. pour vous e! vos collègues. Si les calomnies que vous proférez contre votre A/ma Mater étaient écrites dans vos mains, qui voudrait les toucher......ces mains P

Ecoutez, quand on descend de ce pas, on est susceptible d’aller loin,

Pitié pour la tête, chers lecteurs, en considération du cœur qu: est,. je crois, bien placé.

Ab uno disce omnes !

Reprenons la confession des serins :

Pour nous mettre en état de remplir les devoirs de notre profession consciencieu-sement etavec profit pour nos patients et pour nous-mêmes, et pour nous mettre au niveau scientifique des confrères qui avaient fait leurs études dans d’autres intitutions nous avons été obligés de recommencer complètement nos études médicales, et. de consacrer tous nus moments de loisir ainsi que nos veilles et nos nuits à acquérir les counaissances qui nous manquaient,.

M. de Bonald qui, je crois, se connaissait en étude, a dit: /orsqu'on sort de l'Ecole, c'est wéjà beaucoup d'avoir appris à étudier.

Voyez comme nos serins sont exigeants, ce qui, pour M. de Bonald,. était beaucoup, est pour eux trop peu.

Je vous comprends, votre noble ambition eut voulu que l'Ecole fit de vous, des Velpeau, des Dupuytren, des Trousseau. Mais, soyez. généreux, l'Ecole pouvait-elle avec les éléments intellectuels que vous mettiez à sa disposition, faire de vous des géants de-science médicale ? Et puis, supposez que cela eut été possible, ne faut-il pas lui savoir gréd'avoir laissé quelque chose à votre initiative personnelle? Que seriezvous devenus si, après trois maigres années d’études, vous fussiez sortis savants de l'Ecole de médecine? Bon Dieu ! un aussi lourd bagagevous eût sûrement écrasés | On ne peut vivre longtemps, allez, quand, à un âge si tendre, on est chargé d'autant de lauriers! Vous auriez été frappés d'inso/ation scientifique. Votre cerveau, véritable cratère, eut fait éclater vos petits bons hommes de docteurs ; et nous, qui sommes. vos disciples, nous n'aurions pas eu l'avantage de profiter des fortes. leçons que vous nous avez données,

MAN), Bet

Voyons, consolez-vous un peu de l’infériorité de l’enseignement de l'Ecole, en songeant que, si vous êtes aujourd'hui de #rous de science, vous ne le devez qu'à vous-mêmes, quel mérite |

Ce qui me surpasse, ce sont les prouesses de nos serins : ils consacraient à l'étude ‘ tous leurs moments de loisir, ainsi que leurs veilles et leurs nuits.”

Voilà qui tient du prodige: ils ne dormaient pas pendant la nuit, ils veillaient pendant le jour, et ce qui plus est, ils consacraient à l'étude tous leurs moments de loisirs. Est-il étonnant qu'ils aient été frappés d’une certaine cécité, et qu'aujourd'hui ils perdent leurs pas dans le dédale de la succursale.

En lisant la prose du factum, je pensais bien que le cerveau des. signataires avait été surmené, mais pas à ce point, Après cette confession ingénue, il n’y à pas à s’y tromper.

En pathologie, c'est le devoir du médecin de remonter à la cause morbide, si éloignée qu'el'e puisse être ; j'y suis!

20 A cause de la facilité avec laquelle l'Ecole confère le titre de docteurs à ses élèves, sans égard à la capacité et à la moralité des candidats.

Voilà deux bonnes raisons raisonnables et j'y tiens. Messieurs les signataires du factum, permettez une petite question: s'agit-il ici de votre expérience personnelle ? car, vous ne pouvez parler, comme tout savant doit le faire, que sur expérimentation, répondez :

Etiez-vous les candidats incapables et immoraux dont vous parlez? Si oui, je vous tire ma révérence et vous déclare passés maîtres ès-calomnie.

S'il s’agit d’autres candidats, dites-moi, n’étiez-vous pas professeurs à l'Ecole de Médecine, et si l'Ecole a admis à la pratique des candidats incapables et immoraux, n’avez-vous pas trempé dans cette infamie ? Si vous occupiez des chaires à l'Ecole, que ne mettiez-vous votre enseignement à la hauteur des progrès scientifiques ?

Que ne dénonciez vous les candidats immoraux,

Pourquoi ne vous opposiez vous pas à leur admission à la pratiqne ?

Pourquoi ne les faisiez-vous pas chasser de l'Ecole ?

Ou vous étiez des lâches, ou vous êtes des calomniateurs ; on ne sort pas de là, choisssez !

30 Parce que dans l'Ecole 11 n’y a pas d'autorité supérieure exerçaut un contrôle sur les professeurs et les élèves, ni sous le rapport scientifiqne ni sous le rapport #moral.

Pour le contrôle scientifique, je conçois qu’une école tenue pour faire des ignorants, n'ait pas de contrôle scientifique, cela découle claiment de la première accusation. Quant au contrôle moral, l'accusation

est bien fondée. et je suis très-heureux que nos serins donnent du bec à Monseigneur.

Il était temps, grand temps d'élever la voix contre cet abus le plus criant que je connaisse. Traduisons cette phrase doncereuse en bon français.

Ce sont les serins qui parlent : Comment se faitil Monseigneur -que vous abandonniez ainsi la conduite de votre troupeau ?

Comment ! la première poignée de Canadiens qui s'associent, peut avoir un directeur spirituel, et vous laissez l'élite de notre jeunesse catholique errer, sans guide, au gré de ses passions? Depuis quand les pasteurs refusent-ils une direction spirituelle spéciale à une classe spéciale de leurs ouailles. N'est ce pas l’abomination de la désolation dans le camp des fidèles !

Tappez, mes serins, vous avez beau jeu, secouez votre marotte, cette douce manie prouve votre irresponsabilité, Je crains cependant que vous ne vous mordiez les doigts, vû que l'Ecole catholique de Mé: decine et de Chirurgie de Montréal a été pendant plus de trente ans sous la direction de feu Mgr. Ignace Bourget, et que ce n’est que depuis quelques années que... Tappez quand même, n'êtes vous point -assez grands, assez savants, assez moraux pour faire la leçon à votre Evêque? Allons donc...

Le fait est que les jeunes gens qui viennent étudier la médecine rentrent, à Montréal, dans la catégorie ordinaire des fidèles et remplissent leurs devoirs de religion tout aussi bien que les accusateurs de l'Ecole ; je sais que ce n’est pas dire trop, mais enfin...

40. Parce que des professeurs de l’ Ecole abusant de la liberté absolue dont jouit <hacun d'eux en ont profité pour enseigner du haut de leur chaire l’immoralité la plus éhontée et pour déverser le ridicule sur les ministres de lareligion, sur les religieux et les religieuses.

5o. Parce que dans l'Ecole il n'y a personne qui ait mission de surveiller la con- -duite morale des élèves etque cette liberté absolue chez les jeunes gens de 20 à 25 ans qui sortent pour la plupart des collèges, après y avoir été entermés pendant sept ou huit ans est dangereuse,

Spectutum admissi, risum tencatis amici?

Messieurs, vous êtes vraiment modestes, j'admire votre courage, sans <xcuser vos réticences. Puisque vous vouliez porter une accusation

PPT Tr

Me rare.

ET

contre les professeurs de l’Ecole pourquoi ne pas dire tout? Je vais complèter votre tâche, écoutez :

J'ai vu, de mes yeux vu, lorsque j'étais étuäiant, le Dr L. E. Desjardins tomber dans l’œil de jeunes personnes que je croyais vertueuses, et y faire des opérations qui n'avaient rien de spirituel.

J'ai vu les Drs Hingston et A. T. Brosseau prendre et même enlever à des personnes pieuses, qui un bras, qui un sein, qui un kyste et que sais-je encore? Tous ces spectacles au vu et su de plus de deux cents jeunes gens, autrefois purs, aujourd’hui avides de ces scènes immorales,

Le Dr Brunelle, 204 pudor ! a privé plus d’une femme chrétienne de volumineuses productions pathologiques.....et cela en plein amphithéâtre bondé d'élèves, R à

Pourquoi cacher ces choses, abattez les masques, mes amis.

—Tout cela n’est rien comparé aux saturnales qui se passent pendant le Carême dans le grand souterrain de l'Ecole.

—Ne sait-on pas que les carabins de Victoria ont été atteints d’anthropophagie et que, seule la crainte de contracter la rage universitaire les a empêchés de dévorer vifs les dignes serins de la succursale, le 9 octobre 1889?

—Quant aux dogmes catholiques ils s'en moquent à ce point qu'il n’y a pas un élève qui ne se vante d'en avoir démoli une demi-douzaine au moins. N'est-ce pas pour faire antidote aux enseignements hétérodoxes de l'Ecole que le R. P. Braün a donné ses célèbres 7"structions dogmatiques sur le mariage chrétien, du haut de la chaire de Notre-Dame de... Québec?

Non seulement, des professeurs déversaient le ridicule sur les ministres de la religion, sur les religieux et les religieuses, mais on sait que, pas un élève sorti de cette Ecole, ne voudrait avoir de relations sociales même éloignées avec cette classe de gens. Le clergé, les Révérendes Dames de l’'Hôtel-Dieu, de la Provideuce et de la Miséricorde en savent quelque chose. \

Au reste, c’est un fait bien connu que, si vous voulez avoir un médecin incrédule, vous n'avez qu’à appeler un élève de l'Ecole de Médecine, Les serins seuls ont échappé à l'incrédulité par une espèce de miracles ; ils le doivent sans doute aux wwifs et aux veilles passées à l'étude et à la méditation. Si vous voulez perdre un jeune homme, envoyez-le à l'Ecole et en moins de six mois il sera passé maître-ès-immoralité,

Feu Monseigneur Ignace Bourget savait tout cela, mais feignant de

l'ignorer, il remettait le service médical de l'Hôtel-Dieu, des dispensaires, aux soins des professeurs ignorants et immoraux de l'Ecole de Médecine et à l’usage de leurs dignes élèves.

Monseigneur Fabre, marchant sur les traces de son illustre prédécesseur n’a rien dérangé à l’ordre de choses établies. Il a fait plus, il a pactisé ouvertement avec les owpables de l'Ecole et fait de la propagande en faveur de l'institution incriminée. Il a dit: “ l'Ecole de Médecine et de Chirurgie de Montréal, qui a bien mérité du diocèse et de la province toute entière, à cause du dévouement de ses professeurs, CONTINUERA l’œuvre à laquelle elle a contribué jusqu'ici à former tant de médecins qui font honneur à leur profession...”

On le voit, c'est une conspiration sur toute la ligne ; de haut en bas, c'est à qui masquera les horreurs de l’enseignement de l'Ecole. Heureusement qu'au milieu de ses tristesses, l'Eglise éprouve des consolations ; elle a la joie de voir des pontifes comme tels et tels serins que je connais et leurs acolytes, prêcher et pratiquer une morale vraiment angélique. Tout ce qu’on peut regretter c'est que les serins n’aient point le crâne fait pour porter la mître, on en verrait de belles, je ne vous dis que ça.

Comme médecins, nous avons cru que l'établissement de la succursale était un moyen que la Providence nous offrait de sortir de l’ornière de la routine dans laquelle nous tenait l’Ecole de Médecine, qui avait le monopole de l’enseignement médical dans cette partie de la province de Québec. Nous avons cru et nous croyons encore qu'avec la succursale nous pourrions marcher de pair avec nos concitoyens d'autres origines dans la voie du progrès scientifique.

C'était pure illusion, puisque vos cours sont moins nombreux que ceux de l'Ecole de Médecine. Quant à la qualité vous ne pouvez prétendre à une supériorité quelconque, puisqu’en octobre 1889 vous avez fait donner vos cours par des professeurs de l'Ecole de Médecine. Cette conduite est une appréciation délicate d leur supériorité et le plus fort argument contre votre première accusation. Le cours final le plus important a été donné, chez vous, par un des sgnorants de | l'Ecole de Médecine, le Dr L. A. Demers, Quant à vous, connaissant mieux que personne l’ornière de la routine, vous avez troqué vos chaires titulaires de Laval contre des chaires d'agrégation de l'Ecole de Médecine. Témoignage éclatant de l’inanité de vos accusations et de la béatitude de vos âmes de serins.

Vous dites : avec “ la succursale nous pourrions marcher avec nos concitoyens d’autres origines dans la voie du progrès scientifique.” Eh que n'avez vous marché de pair avec eux, depuis quinze ans que vous êtes de la succursale ?

Qui a empêché votre marche progressive ?

és 29 2

N'avez-vous pas eu vos franches coudées ?

Avez-vous manqué de contrôle scientifique ?

Avez-vous manqué de contrôle religieux ?

Où sont vos musées, vos bibliothèques, vos laboratoires ?

Dites, qu'avez-vous produit pour prouver que la succursale peut marcher de pair avec les autres institutions du genre.

Hélas ! je ne le vois que trop, votre rôle s’est confiné a nourrir les divisions malheureuses que vous avez créées avant le décret de 1876 ; vous avez gaspillé, à cette triste occupation, vos plus belles aspirations de progrès et d'avenir. C’est-là, avouez-le, le secret de la stérilité de vos efforts ; vous pouvez vous battre la poitrine et crier “ Ærgo erravimus.”

TITI Nous n’entrerons jamais dans l'Ecole, quelque modification qu'on lui fasse subir, tant qu’elle conservera son autonomie, ear cette autonomie constituerait une menace continuelle contre le nouvel état de choses qu'on établirait. :

Ce qui, en français, veut dire: nous n’entrerons à l'Ecole que lorsqu’elle n’existera plus ; car qu'est-ce que l'autonomie pour une institution sinon l'être. Or ces messieurs ne veulent entrer que dans le non-être ; sont-ils assez pénétrants ces serins.

Le passé peut nous faire connaître ce qui arriverait dans l'avenir, les mêmes causes produisant toujours les mêmes effets.

Le passé peut nous faire connaître l'avenir, mais ne vous a rien appris, puisque vous vous débattez encore dans la même ornière, puisque vous nourrissez encore les mêmes divisions. Vous caressez et exhibez toujours la même marotte,

Son Excellence Mgr Conroy avait fondé la succursale en laissant à l'Ecole son autonomie et l’on sait ce qui est arrivé.

Tiens, moi qui croyais que la fondation de la succursale était le ré: sultat de vos petites machinations stimulées par les mains de Laval !

Mgr Conroy a laissé à l'école son autonomie et l'on sait ce qui est arrivé; mais oui, nous le savons, ce qui est arrivé, c'est que l'Ecole à continué à grandir. Elle a prospéré plus que jamais, et cela malgré, et peut-être à cause de vos tentatives d'écrasement. Plus, vous souleviez de tempêtes et plus l’école montait, grâce à la protection évidente des noms illustres qui veillent sur elle.

Mgr Conroy pouvait-il enlever à l’école son autonomie ? Non, pas plus que les unionistes ne l’ont pu.

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L'église ne détruit pas les œuvres catholiques. Au contraire, elle les encourage, les bénit et les dirige vers la fin pour laquelle elles existent. De plus, l’école est une propriété indivise: seul le consentement unanime de ses propriétaires peut briser son autonomie. Si semblable malheur frappait cette institution, si par un acte d'inqualifiable lâcheté, les titulaires de l’école abandonnaient leur charte autonome, ses neuf cents élèves qui pratiquent la médecine dans l'Amérique du Nord, se lèveraient comme un seul homme et laveraient l'injure faite à leur a/ma mater.

Ils portent à sa prospérité l'intérêt d'un enfant bien né pour la conservation d’une mère chérie. N’allez pas croire qu'ils partagent vos basses rancunes et vas mesquines ambitions. Leurs cœurs ne battent point comme les vôtres, dans les mains de Laval.

* * %* Si l’école tient tant à son autonomie, c’est qu’elle à une arriére pensée.

Rem ac: tetigisti, vous l'avez, tenez-le bon ! Oui et cette arrière pensée repose sur le sentiment bien naturel de sa propre conservation. Elle serait indigne de son passé, si ce sentiment ne prévalait dans. toutes ses transactions, surtout avec des gens de votre acabit.

Noble et généreuse, elle est toujours prête à recevoir dans son sein ses enfants égarés ; mais s’annihiler pour des ingrats, pour des encroutés, pour des serins, ce serait par trop bête, en vérité.

Si l’école tient tant à son autonomie, c’est qu’il a une arrière-pensée,

Oui, et votre esprit obtus ne peut la saisir cette arrière pensée qui vous fait divaguer comme un malade, ve/ut ægri somnia. Eh bien! je vais vous la révéler, car je crois le doute plus dangereux que l'erreur. Ecoutez :

L'école de médecine a été conservée bénie et dirigée par Mgr Bourget.

Sous sa protection, ses professéurs ont marché dans la voix du bien, quoiqu’en disent les serins de toutes provenances,

Les combats ne lui ont pas manqué, preuve de son mérite, Le succès a couronné ses luttes, preuve de sa valeur,

Les délégués apostoliques appelés pour la détruire, l'ont, après examen, respectée.

Rome a parlé pour dire : “ laissez debout l'Ecole catholique de Médecine et de Chirurgie de Montréal.”

Le jour ou le clergé dotera Montréal d’une université, ce jourlà, la charte de l'Ecole ne sera plus qu’un souvenir...

RSC: ; EN

Jusque-là l'Ecole reste debout, comme une protestation éclatante dela conscience catholique de cette région de la province de Québec |!

Jusque-là elle garde, comme un dépôt sacré, les promesses de l’avenir.

Je résume: l'Ecole est le noyau d’une université, jeté dans le sol de Ville-Marie par la main de Mgr Bourget.

Les hommes et leurs calculs aveugles passeront, mais cette fonda-tion restera.

* * * Nous n’entrerons jamais dans l’Ecole de Médecine.

Vous faites très bien, d'abord, parce qu'il ne sied pas à des géants. de science et de moralité de rentrer dans une école ignorante et immo-rale ; ensuite parceque vous n'y êtes pas invités.

Soyez de votre succursale quelqu'humiliante que soit son origine, née quelle est de vos convoitises deçues et de votre insoumission au décret de 1870.

Jouissez donc en paix des avantages de votre position, soyez doncheureux.

Ce que je trouve cocasse chez des gens repus c’est la déclaration : nous n'entrerons jamais dans l'école. Mes amis, qui vous a invité à rentrer, dans l’école ? Qui vous y a poussé, n’a t-on pas barricadé les portes de cette maison contre vos tentatives d’intrusion ? Les membres de l’école restés fidèles à leur charte, n’ont-ils pas protesté contre. votre entrée dans cette institution. N'est-ce pas la crainte des tribunaux qui vous a fait reculer? Etes-vous assez serins lorsque vous: dites que vous #'entrerez pas dans l'Ecole ?

Nous n’entrerons jamais dans l'école devenue succursale de l'Université Laval, parce que ce serait consacrer et accepter une injustice faite aux prOfoAA Lee de la succursale actuelle.

On voit bien gwe le passé ne leu a pas fait connaître l'avenir, puisqu’en l’an de grâce mil huit cent quatre-vingt-neuf, tous ces purs et rigides professeurs titulaires ont fait irruption dans l'Ecole de Médecine sous l'humble défroque de simples agrégés. C'est encore un petit. mensonge à votre avoir.

Par dévouement aux autorités religieuses (on La connaît celle là, elle est bien donne!) et sur la foi des décrets du St. Siège, ses professeurs ont fait les plus sacrifices pour fonder la succursale,

Le décret de 1876, recommandait à Laval de venir en aide à l'Ecole de Médecine, et vous, par un genre tout nouveau de soumission, vous avez fait votre possible pour la détruire et fonder votre fameuse succursale. S

Iis ont donné l'enseignement gratuitement.

C'était, entre nous, votre seul moyen de racoller quelques élèves. Vous devriez au moins avoir la décence de ne pas vous en vanter.

Ils ont fondé un hôpital.

Oui avec l’aumône publique accaparé à l’aide de fêtes païennes contre lesquelles Sa Grandeur a dû tonner.

Ils ont lutté contre tous les préjugés soulevés par leurs adversaires parmi la population et dans l'hypothèse ou l'école deviendrait la succursale, ils seraient la risée du public, et leur position dans la société deviendruit intolérable.

C'est déjà fait, l'école est devenue pro formä, la succursale le8 .

octobre 1889 et le 9 du même mois, vous êtes devenus la risée du public ; et votre position, si vous en sentez tout le ridicule, est vraiment intolérable. Cachez-vous donc, ambitieux déçus, cachez-vous, c’est la seule ressource décente de sortir de ce mauvais pas.

Ce serait le triomple de ceux qui ont résisté aux autorités religieuses et l'humiliation de ceux qui s’y sont soumis généreusement,

Je vous ai déjà prouvé que Laval seule avait désobéi au décret de 1876 en refusant de venir en aide à l'Ecole de Médecine, cela règle votre prétendue soumission à l'autorité ecclésiastique. Quant à l’humiliation, si vous ne la sentez pas sur vos têtes, je désespère de votre

avenir.

Dans ces circonstances notre dignité professionnelle nous défendrait d'entrer dans l’école.

Mes amis, qu'était devenue votre dignité professionnelle le 9 octobre 1889?

Ne vous défendait elle plus d'entrer dans l'Ecole ?

Ou aviez-vous perdu le sens de cette noble dignité ?

| Po

Comment vous, fiers lutteurs, vous êtes-vous soumis à pareilles injustices ?

Comment avez-vous fait pour passer vos têtes altières sous le joug humiliant de professeurs agregés à cette école d'immoralité, rebelle à l'église etc., etc ?

Vos farouches vertus ne s’épouvantaient-elles pas, à la pensée de “vous unir à une institution qui, selon vous, ne respecte rien de ce que l'homme a de plus sacré sur terre.

Je vous reconnais bien à ce trait, vous ne vouliez pas, alors. de ces raisins, ils étaient trop verts. Mais sitôt que vous avez pensé pouvoir mettre la main sur cette petite vigne de Naboth, comme dit le Dr Durocher, vous y avez fait irruption avec les intentions qu'on vous connaissait.

Attendez, et vous allez voir qu'il y a de la justice dans le temps. Votre séjour dans l’école n'a pas duré ce que durent les roses, l'espace d'nn matin. Voilà que, de tous les points de la province de Québec, arrive une poignée de braves jeunes gens dévoués à leur a/ma mater : “ Messieurs les intrus, vous n'êtes point d'ici, votre manière d'agir respire encore vos trahisons d'antan. Vous portez toujours un bout de la chaîne, qui vous a si longtemps tenus rivés à Laval. Vous avez beau “vous vanter d'avoir brisé vos fers, cette marque trahit plus que vos arrière-pensées, elle démontre votre servitude.”

Lorsque les soussignés ont fait ces réponses à Mgr Simeulders la position de la faculté n’était pas brillante, (n? alors, ni maintenant,) ses adversaires lui faisaieut une guerre Vente (la trouvez-vous plus douce aujourd'hui ?) le nombre de ses élèves était restreint, (ne l'est-el pas encore trop?) l'opinion publique lui était défavorable, (et cette défaveur grandit tous les jours malgré le TAMTAM de vos kermesses échevelées.) ‘Ces professeurs enseignaient gratuitement, (Je vous l'ai déjà dis c'était votre seul moyen d'avoir des auditeurs) ils n’hésitèrent pas à refuser d'entrer dans l’école qui serait devenue la faculté médicale de l’université Laval à Montréal.

Convenez que vous avez regretté d’avoir commis ce refus, puisque

“en dépit de toutes ces protestations, vous êtes rentrés à l'Ecole le 9

Octobre 1889.

O ironie des faits, voilà bien de tes coups !

Maintenant la faculté se trouve dans une position beaucoup plus avantageuse ; depuis le décret jamdudum ses ennemis n’osent plus lui faire une guerre ouverte.

Oui-d’a ! ne vous ont-ils pas battus en plein parlement provincial le 9 Mars dernier? vous avez la mémoire bien courte.

L'opinion publique lui est beaucoup plus favorable.

Oui, par pitié pour des vaincus.

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