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Votre Grandeur connaît déjà tout ce qu'ils ont fait dans ce but ainsi que ce qui en est résulté, de sorte qu'il serait inutile d'entrer dans tous les détails. Mais dans les circonstances les soussignés croient devoir mettre de nouveau sous les yeux de Votre Grandeur les conditions d'union qui avaient été acceptées par l’École et par la Faculté de Médecine de l'Université Laval à Montréal.
Si Monseigneur connaît si bien les choses ridicules que vous avez commises, pourquoi abusez-vous de sa patience ?
N'est ce pas pure manie circulaire que de ramener périodiquement, à flot, les épaves d’un passé qui vous a couvert de confusion. Croyezm'en, cette résurrection intermittente n’est pas de nature à égayer Sa Grandeur.
Enfin, puisque vous y tenez, allez-y, mais, de grâce, ménagez vos spasmes pour d’autres fins.
‘Les deux facultés devaient donner leurs cours dans les bâtisses de l'Ecole, les proferseurs de la faculté de Laval devaient agir comme professeurs agrégés de Ecole, tandis que ceux de l'Ecole devenaient immédiatement professeurs titulaires de l’Université et s'engageaient à suivre tous les règlements universitaires, cette union provisoire devait durer deux ans au plus, pendant lesquels l'Ecole pouvait faire tous les actes nécessaires pour conserver sa charte et son autonomie. Après deux ans si les professeurs de l’Ecole voulaicnt demeurer professeurs de l'Université AT ils devaient abandonner leur charte et n’agir que comme professeurs de Laval.
Avez-vous jamais vu pareille démangeaison de mariage? les deux facultés devaient donner leurs cours dans les bâtisses de l'Ecole, cela est bien pour la succursale qui a, de tout temps, mendié un toit où donner ses cours ; mais ce devait être très humiliant pour elle devenue indépendante depuis quelques jours seulement, Que pensez-vous de l’humiliation suivante : les /ibres et fiers professeurs de la faculté de Laval devaient agir comme de simples agrégés de l'Ecole: Comment en un vil plomb l'or pur s'est-il changé ?
Ce que je conçois mieux c’est que /es professeurs de l'Ecole devenaient immédiatement professeurs titulaires de l'Université. Ne voyez-vous pas dans ce faitun éclair de justice?
De plus les professeurs de l'Ecole ‘ s'engageaient à suivre tous les règlements universitaires”, c'est-à-dire qu’il se soumettaient aux caprices de l’unique Recteur que Québec a seul droit de donner ; le vice-recteur n'étant là que d'occasion.
Cette union devait durer deux ans et l'Ecole perdait sa charte et la comédie était finie, et dire qu'il y eut des âmes assez naïves pour avaler pareilles couleuvres, cela dépasse toute conception.
Badinage à part, que prouve cette convention matrimoniale ? N'est-elle pas une confession de jugement de l'insuffisance de la sew/e université, etc., etc.
Habemus confitentem reum : Scribes de Laval, vous êtes mes témoins, et votre aveu candidé démolit vos plus violentes prétentions,
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Consultons sur la valeur de cette convention, l'opinion légale de M. Gustave Lamothe, ‘ La première condition, dit-il, pour la validité d’une convention c’est qu’elle soit faite entre personnes ayant le droit de contracter dans la qualité qu’elles prennent ; or la succursale n'ayant aucune qualité indépendante personnelle, n’a pas le droit de contracter. D'un autre côté, le consentement donné par la corporation de l'Ecole n'a aucune valeur. Il eut fallu le concours de chacun des membres de l'Ecole ; or trois d’entre eux se sont constamment opposés aux arrangements d'union.”
Les serins en sont donc pour leurs coups de langues !
Ceux qui ne voulaicnt pas accepter cette union ayant soulevé des objections légales contre ce projet, il fut décidé que les professeurs de l'Ecole, favorables à l'union, présenteraient un bill devant la législature pour faire disparaitre ces objecgone ne faire légaliser les conditions qui avaient été acceptées par les deux facultés,
Soulever des objections légales, quelle-absurdité ! ! peut-on concevoir pareil esprit d’insoumission ! Comment! voilà des propriétaires qui osent soulever des objections légales à propos de la simple spoliation de leurs biens, n'est-ce pas la preuve d’un manque absolu de libéralité ! ceux qui ne voulaient pas accepter l'union n’auraient-il pas dû se marier per fas et nefas, ne fût ce par complaisance pour les serins de la succursale,
Avec cet air bonhomme qui sied si bien aux esprits avachis, les dissidents n’auraient-ils pas dû livrer à la succursale les clefs de l'Ecole de Médecine en disant : ‘“ Venez, serins chéris, prenez possession de cette forteresse contre laquelle vos plans ont toujours échoué ; je vous la livre avec son passé tout de mérite, son présent prospère et son avenir plein des meilleures promesses de succès et de grandeur ; prenezlà, elle est la vôtre.”
Au lieu de ce digne langage, les dissidents répondirent brutalement aux envahisseurs : ‘ Arrière coquins, on n’empiète pas impunément sur nos droits : si vous bougez d’un cran, je vous prouverai qu’il y a encore des juges à Berlin.”
Nos Frédérics aux petits pieds, dégoûté que l’on crût encore à la justice, descendirent de la montagne et retournèrent à leur bicoque du bord de l’eau. Ainsi passent les serins et leur gloire.
Les soussignés, confiants dans la bonne foi des prefere de l'Ecole, (dites, des untonistes) se mirent à donner leurs cours (non à l'Ecole, mais au bord de l'eau) et ne s occupérent aucunement du bill : (/ndiférence coupable ) mais ils furent bien surpris quaud un ami leur fit parvenir une copie de ce hill qui était déjà devant la légsslature et qui demandait pour l'Ecole l'autorisation de faire l'union avec la faculté médicale de l'Université Laval à Montréal, sur des bases tout-à-fait difrérentes de celles qui avaient été acceptées par les deux facultés.
Je vous ai déjà prouvé que la première convention ne valait pas le papier sur lequel elle était écrite, inutile d'y revenir.
Par la clause quatre du bill, l'Ecuir 4emandait purement et simplement de devenir la faculté médicale de l'Université Laval à Montréal. Comme Votre Grandeur peut le voir, ce n’était plus les professeurs de l'Ecole qui entraient dans Laval, et qui abandonnaient leur charte, mais ils voulaient devenir la faculté même de Laval, tout en conservant leur autonomie et leur indépendance. C'était une affiliation déguisée, affiliation qui avait toujours été refusée par l'Université Laval. 11 est vrai qu'il disait qu'il voulait faire entrer dans l'Ecole tous les professeurs actuels de la faculté médicale de l'Université Laval (aveu plein de candeur) et que c'était pour cette raison que dans une des premières clauses du bill ils demandaient l’auvorisation d'augmenter le nombre de leurs professeurs jusqu'au chiffre vingt-trois, mais ceci n'était nullement mentionné, et si le bill avait été adopté, l'Ecole aurait parfaitement pu nommer qui elle aurait voulu pour remplir ses cadres.
Cette seule idée a torturé l’âme de la succursale et l’a jeté dans un cauchemar plein de te rifiantes images. Cette bonne succursale préférait toujours le fil d'or de Québec à l'indépendance la plus absolue ; question d'habitude de servage.
Au reste dans toutes les transactions qni ont eu lieu entre l’ Ecole et l'Université Laval, (él n'y a pas eu de transactions entre l'Ecole et l'Université Laval, mais. des actes illégaux entre les membres de la succursale gui n'avaient aucun droit au chapitre des délibérations et quelques professeurs de l'Ecole qua n'avaient pas droit de parler au nom de La charte de cette institution) depuis l'établissement de lasuccursale elle n’a pas beaucoup brillé par sa fidélité à remplir ses engagements (#/{égaux) qu’elle rom-
ait sous les prétextes les plus futiles. Dans cette circonstance son manque de bonne oi a été le même que dans une foule d’autres uccasions, (pourquoi vous y frottezvous, puisque vous la croyez de mauvaise foi,) car malgré l'entente la plus formelle que les deux facultés auraient le même nombre de professeurs si l’union se faisait, elle a consenti à l'insertion d’une clause par laquelle elle s’obligeait à nommer professeurs titulaires deux de ses professeurs agrégés avant d en nommer d'autres.
Ce sont là de vraies larmes de crocodile ou je ne m'y connais pas. Ces modestes serins voulaient entrer dans l'Ecole, en supplanter les professeurs, les chasser en moins de deux ans et se mettre ensuite sous clef, de crainte que quelque professeur agrégé y voulût entrer. Ces gens-là sont tellement habitués à passer par les fenêtres et les soupiraux, qu’ils ne peuvent se faire à l’idée qu'on entre par la porte.
Comme question de fait, les partisans du bill de l'Ecole n’ont pas consenti à l'insertion de la clause qui fait la rage de la succursale. Bien au contraire, ils s'y sont opposés wrguibas et rostro, mais la législature en décida autrement.
De plus, l Ecole, en consentant à retrancher du bill la clause qui la forçait à faire approuver la nomination et la révocation de ses professeurs par l'archevêque e Lai ra a voulu éluder une des prescriptions les plus importantes.du décret Jamdudum. i
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Encore une fois, messieurs, je rappelle à votre mémoire que les pères du bill ne pouvaient agir et n’agissaient pas au nom de l'Ecole, par conséquent vous n'avez ras droit de mettre cette institution en cause. Quant au pouvoir d'approuver la nomination et la révocation des professeurs, l'Ecole n’y a jamais fait objection puisque depuis plus de 30 ans elle s’est toujours conformée à cette règle. Je rappelle à votre mémoire que les prescriptions du décret /amadudum ne concernent pas l'Ecole de Médecine.
En effet, si elle était devenue la faculté médicale de l'Université Laval, tous ses professeurs auraient été «pso facto professeurs de Laval, (pourquoi non, n'est-ce pas ce que vous avez voulu par votre célèbre convention ?) et comme cela n'aurait pas été obligé de faire approuver leur nomination comme professeurs de l'Ecole, ils’en suit nécessairement qu'ils seraient devenus Prcfesseurs de l'Université Laval sans l’approbation de l’ Archevéque.
Ne fait-on pas souvent beaucoup de choses qu'on n’est pas tenu de faire ? N'est-ce pas ainsi que l'Ecole fait approuver la nomination de ses professeurs, donc il ne s'ensuit pas nécessairement qu'ils seraient devenus
prefesseurs de Laval sans cette approbation de l'Archevêque.
Pour perpetuer cet état de chose si l'union s'était faite d’après les bases du bill et pour garder sa charte indéfiniment, l'Ecole avait eu le soin d'y insérer une toute petite clause, dans laquelle il était déclaré qu'il fallait le consentement unanime de ses membres pour annuler cette charte.
Je vous demande pardon, c’est la législature de Québec qui a inséré cette petite clause qui vous fait si grand mal au cœur. Au lieu d’exiger le consentement unanime de ses membres, la nouvelle charte vou-
lait la restreindre au vote des deux tiers.
Or il est évident que sur 23 professeurs, (parmi lesquels 10 où 12 de Laval) il y en aurait toujours eu plus d’un qui auraient tenu à la conserver. (of course). «Aujourd'hui sur neuf professeurs il y en a trois que ne veulent pas accepter l'union parce qu’ils veulent conserver leur charte. N'est-ce pas étrange de voir ces trois dissidents faire respectcr ainsi leur charte. Ce reproche me porte à croire que messieurs de la succur-
sale eussent jeté leur charte par là le moulin. x k
Ce plan de constituer l'Ecole faculté-médicaie de l'Université Laval à Montréal n’est pas nouveau, il doit son origine à Mgr Smeulders, commissaire apostolique envoyé au Canada par le St. Siège, en 1884, pour régler la question universitaire.
Avouez que cette origine n'est pas à dédaigner. En voulant constituer l'Ecole faculté-médicale de l'Université Laval a Montréal, Mgr Smeulders se conformait au décret de 1876, qui veut que l’Université Laval vienne en aide à l'Ecole de Médecine, Cette tradition est saine
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