‹ Le dernier chant des serins de Laval [microforme]Chapitre 8 sur 15 · APT RAR · texte numérisé non relu

APT RAR

È Messieurs, comment faites-vous pour porter sans faiblir tant de jugement, vous tenez du prodige, quoi! personne n’est plus serins que vous.

La conduite subséquente des Elèves n'est pas non plus inconnue à Votre Grandeur; elle DOIT (marque spéciale de respect) avoir appris la manière dont ils ont accueilli les professeurs de l'Université Laval.

Elle DOIT, ça va sans dire, se rappeler l'accueil sympathique fait aux professeurs de Laval, et cela DOIT suffire pour prévenir de nouvelles tentatives d’'intrusion dans l'Ecole. Oh! mais que c'était drôle cette réception carnavalesque ! Aussi, après pareil mariage, il y avait place pour un joyeux charivari. (Ça n'a pas manqué, et il a duré six belles semaines. Ce n’était pas trop, ne fallait-il pas faire expier à ces intrus leur trahison d’antar, et leur ridicule tentative d’avachissement de l'Ecole. sontils descendus bredouille, un peu! Penauds universitaires, allez !

Élle doit avoir appris que non contents de causer du déscrdre dans les salles de l'Ecole, ils se sont promenés dans les rues de la ville, drapeau en tête, chantant la marseillaise et criant ‘‘ pas de Prétraille.

Sûrement qu’une Ecole Z'immoralité, rebelle à l'Eglise, n’enseignera pas à ses Elèves le respect de Dieu et de ses ministres. Il faut être plus que naïf pour s'attendre à une pareille conduite. Aussi ces jeunes impies, ses infidèles de la veille, s'en sont-ils donné à cœur-joie et à lèche-doigts. Heureusement que la succussale a le monopole des bons principes et des modèles de hautes vertus, la compensation ne se fit pas attendre. On vit les serins de Laval la face voilée, le cilice aux flancs, les pieds nus, parcourir les rues de la ville, s'arrêter aux bureaux de la presse et dénoncer le fameux cri des révolutionnaires de l'Ecole : ‘ Pas de Prêtraille” ; de là ils acheminèrent leurs pas vers l’Archevéché où ils implorèrent, pour la conversion des impies, les anathèmes qu’ils avaient jusque là vainement exigés. Rien moins qu’un anathema sit ne pouvait satisfaire leur amour du prochain ; La charité nous pousse, criaient-ils en chœur, que / Ecole soit écrasée !

La foi de St. Paul pouvait transporter des montagnes, mais la charité des serins de Laval eut détruit les institutions les mieux assises.

Et l’anathème ne tombait pas, et l'Ecole continuait à grandir dans linfériorité de son enseignement et dans l'immoralité la plus éhontée, et le clergé lui continuait toujours ses faveurs comme aux beaux jours de Monseigneur Bourget.

Et les tout-saints de la succursale écumaient toujours de rage. On les vit monopoliser le téléphone de Bell pour crier dans toutes les

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