‹ Le dernier chant du cygne sur le tumulus du gallicanisme [microforme]Chapitre 10 sur 15 · QUE A À · texte numérisé non relu

QUE A À

Mais, brisons-là : car c’est une rude tâche que de suivre l'éloquent académicien à travers sa brochure, dans laquelle il me parait y avoir beaucoup plus de mots que de choses, beaucoup plus de sophismes que de vraies raisons, beaucoup plus d'art oratoire et d'imagination que de logique. Car pour la logique et la vérité,

Apparent rari nantes, in gurgite vasto ;

ce que je dis pour plaire à ce chaud admirateur de l’antiquité payenne.

Toute cette partie, la plus considérable, c’est-à-dire, jusqu’au $ XII exclusivement, est l’œuvre vive de la brochure ; elle est de nature à causer de très fausses et très facheuses impressions sur les esprits superficiels, sur les non catholiques et sur le pouvoir civil.

C’est l'opinion de Mgr. de Montpellier qui vient de qualifier cet écrit, d’étrange entreprise, et de pierre d’achoppement. Bientôt, sans doute, d’invincibles réfutations en feront bonne et compléte justice.

En attendant, je crois en avoir dit assez pour prévenir, au moins en partie, les fâcheux effets qu’un tel écrit aurait pu produire dans notre société canadienne. Je n'ai pas entrepris d'en faire une réfutation complète ; il eût fallu beaucoup plus de temps pour un travail qui serait devenu très considérable, et sans doute aussi beaucoup au-dessus de mes forces physiques et morales.

D'ailleurs, je crois sincèrement que cet excès de travail n’esi pas nécessaire. En vérité, tout homme impartial et tant soit peu versé dans ces questions, ne peut y voir que ce que j'y ai vu moi-même ;—à savoir, une rhétorique un peu emphatique, et sentant plus l’académicien que le théologien ; des conclusions hardies, illogiques, souvent erronées, comme cela ne pouvait manquer, parceque les prémisses sont fausses ; un ton tranchant, parfois théatral, et presque toujours plein d’une colère réelle ou feinte ; des redondances fatiguantes, des sentences pleines d'affectation; d’odieuses accusations contre les hommes les plus éminents par leur talent, leur science, et leur vertu; de nombreuses contradictions, souvent ridicules par leur évidence ; un véritable pot-pourri d’'inanuations presque sacriléges, quand on songe qui elles regardent ; un mélange disparate d'idées libérales et d’opinions arriérées; un je ne sais quel air de courtisannerie du pouvoir evil, dont on semble rechercher la faveur en se posant fièrement entre la papauté «ambitieuse,» et les gouvernements libéraux ; une incroyable présomption vis-à-vis le corps épiscopal qu’on se donne l'air de vouloir régenter, avertir, effrayer, presque menacer, à peu près comme on a pu faire jadis en régentant la jeunesse d’un collége ; un mépris malséant et très déplacé pour ses adversaires, dont la plupart lui sont supérieurs dans les sciences sacrées, par la solidité du jugement, et pat la dignité de leur polémique ; un certain terre-à-terre dans les idées, indice sûr du peu de profondeur

À PAR AMENR TRS a mem At LB un re 1e on mme ee ee

At

de sa philosophie chrétienne ; et pour couronner le tout, une mauvaise foi manifeste dans les reproches acerbes, injustes injurieux, offensifs pour des oreilles pies, dont il accable ses adversaires, de même que dans l'affectation avec laquelle il revient sans cesse sur ses bonnes intentions, et sur les motifs urgents qui le forcent, dit-il, à se lancer dans l'arène. Enfin— et pourtant il en reste encore—tout ce violent réquisitoire, si faux dès sontitre, est partout comme imprégné de je ne sais quelle mauvaise odeur de feuilleton, qui soulève le cœur et l’attriste quand on regarde à la signature.

Cette petite analyse n’est pas de la flatterie, assürément ; ce n’est pas non plus de la calomnie.

Peut-être pourrait-on l'appeler médisance, si au lieu d’une brochure anti-papale, il s'agissait de auteur lui-même, qui, n | du reste, ne mérite pas plus d’égard qu’il n’en a montré en- D |! vers la Papauté et ses défenseurs. En laissant à son Supérieur E ! et à Dieu à juger l’auteur, je crois m'être borné suffisam- Li | ment à juger l'écrit, dans le but d'apporter un remède au D | mal qu’il peut faire dans notre cher Canada catholique.

A | Je puis m'être trompé pour le fond et pour la forme : c’est 1 |" ce que je confesse bien volontiers; car en combattant pour D | ’infaillibilité, je suis néanmoins assez modeste pour ne pas la réclamer pour moi-même. Je n’hésite donc pas à croire que ce petit travail doit se ressentir de la hâte avec laquelle il a D | été fait, afin de ne pas laisser passer l'actualité.

Quoiqu'il en soit, bien ou mal, le voilà tout chaud, tel ii qu’il est sorti d’un cœur désireux de défendre la cause de la Li Papauté, attaquée jusque chez nous. Ai-je été trop hardi, Li trop incisif ! peut-être ; mais l'attaque ne l’est-elle pas bien davantage ? Laiïissons là les personnes, regardons la cause, c’est-à-dire la Papauté et la brochure, et alors je ne crains pas de demander avec l’Esprit-Saint :

DR mm a

Cui væ ? cujus patri væ ? cui rira ? cui foveæ ? Cui sine causa vulnera ? cui suffusio oculorum ? Nonne...…....….. ?

Je laisse à la justice, éclairée par la foi, à répondre. Enfin, est Deus qui judicat et dussé-je m'attirer le reproche accusator fratrum, de téméraire etc., je suis impénitent et ne rs-

Page 1