‹ Le dernier chant du cygne sur le tumulus du gallicanisme [microforme]Chapitre 7 sur 15 · PR TS · texte numérisé non relu

PR TS

Fete

Ge":

Sa

mp

s'empresseront de rendre visite à cet homme de bien—wir bonus et justus— Louis Veuizzor, pour le féliciter de ce qu'il a été trouvé digne de souffrir la contumélie de cet injuste avertissement, pour ses invincibles écrits en faveur du Pape et de l'Eglise. Le but que s'était proposé une aveugle passion n’a pas été atteint, loin de là. Au fort de cette lutte, pour et contre la Papauté, entre ces deux grands adversaires, l’un monte et l’autre descend dans l'estime universelle. Et quand sera dissipée cette violente tempête, on dira du Pape :—Super aspidem et basiliscum ambulabis et conculcabis super leonem et draconem.

On dira de son invincible défenseur :

Turris forlissima, et exallabilur. ( Prov.) On dira de Mgr. l’Académicien :

Qui fodil foveam, incidet in eam.—\ Prov.) Et lui même devra dire, selon la remarque de Mgr. Gaume, Heu ! palior lelis vulnera faclta meis.—\Virg.)

Et vous, braves zauaves canadiens,"vous direz : ‘Voilà un noble vétéran de la cause papale. C’est notre frère ainé dans la foi, l'amour, et le dévouement envers la Papauté. C’est le représentant d’un grand principe qui contient la fortune de la nationalité canadienne. Allons donc l’embrasser ; allons l’inviter à venir se délasser dans notre cercle ; et pourquoi ne tenterions-nous pas de l’égayer un peu, en chantant, à la

canadienne :

Laissons passer l'orage,

Le temps deviendra beau, Le temps deviendra beau, ”

À quoi bon tout ce fracas, toute cette véhémence, toutes ces violentes récriminations contre les défenseurs de la Papauté, toutes ces alarmes réelles ou feintes, toutes ces ridicules insinuations contre l'étendue du pouvoir papal ? IL faudra bien en prendre son parti. Le Pape est et restera tel que Jésus-Christ l’a fait, et si le Concile juge, sous l’inspiration de l'Esprit Saint, devoir ajouter le dernier fleuron à sa tiare, ne il fera qu’exécuter, en son temps, le dessein primitif de Jésus-Christ.

Ce divin Maître n’ignorait pas, apparemment, que le Pape serait toujours un homme ; cela ne l’a pas empêché de l'investir de la même puissance qu’il avait reçue de son père :— sicut misit Me Pater, Il saura bien le soutenir, dans l'exercice de ce pouvoir divin qu’il lui a confié, contre les faiblesses inséparables de l'humanité, de manière à ce que l'Eglise n'ait pas à en souffrir ;—rogavi pro Te. Qu'était-il donc besoin de sonner le tocsin dans le monde entier, et de répandre partout l'alarme sur des dangers imaginaires créés par votre fougueuse imagination ?

Dans quel but expédier votre réquisitoire, sous une autre forme, aux Evêques de l'Allemagne, de la Grande Bretagne et de ses colonies, et des Etats-Unis ? Le rogavi pro Te ne suffisait-il donc pas pour calmer des craintes que vous êtes le seul évêque à éprouver? Craignez vous donc que Jésus- Christ néglige de réaliser sa promesse, et de continuer à maintenir son œuvre ?

Penseriez-vous qu'il ait besoin de votre bras de chair pour l'améliorer et la soutenir ? Avez-vous donc oublié le téméraire Oza, foudroyé pour avoir étendu le bras dans le dessein d'affermir l'Arche ?

En vérité, à voir toutes ces appréhensions réelles ou feintes, ne dirait-on pas que les gallico-libéraux ne voient, dans le suprême Vicariat de Saint Pierre, qu’une institution humaine ayant besoin d’être soutenue et contrôlée, à la façon du pouvoir humain, qui varie selon les temps et lieux? Fi donc.

Voici ce qu’en pense cet éminent théologien Mgr. äe Ni: mes :

On aurait tort de supposer que rien dans le Concile ne pourrait être dignement et infailliblement voté par voie d’'acclamation. L'Esprit Saint, pour attacher son assistance à l'Eglise réunie, pour en couvrir les définitions'ou les sentences de sa responsabilité suprême, n’exige pas rigoureusement, sur les questions à trancher, des débats préliminaires. Quelles que soient les formes de la procédure, dès qu’elle prononce sur un point de dogme ou de morale, il est là pour en ratifier la décision, qui ne peut pas

être une erreur. Et la chose n’est pas difficile à concevoir. Quelques prudents, par exemple, ont peur qu’on proclame d’enthousias-

me l’infaillibilité doctrinale du Souverain-Pontiie parlant ex calhedrd. Le Concile fera-t-il ce grand acte, ou ue le fera-t-il pas ? C’est ce qu'ils ignorent, et nous ne l’ignorons pas moins nous-même. Mais ils craignent. que, dans un pieux élan, les Pères attachent à la couronne du Pape ce diamant que d’autres Conciles, dit-on, n’osèrent y fixer. Et quand il en serait ainsi, je derande où serait le malheur ? Cette question de l’infaillibilité du Paye, n'est-elle pos © que d'hier? N’est-elle pas, au contraire, agitée depuis des siècles ? Ne l’a-t-on pas débattue dans tous les sens possibles? Quels sont les arguments pour ou contre qu’on ait pas épuisés? Quelles sont les objections, même empruntées aux circonstances présentes, ou se liant aux intérêts de l’avenir, qu’on ait pas passées par le crible de la discussion la plus approfondie ? Et puisqu'il en est ainsi, puisque par là tous les Evêques du monde ont eté mis à même d’avoir sur ce grave sujet des convictions pleinement éclairées et fortersent établies, pourquoi, si leur conscience croit à la certitude de ce privilège, ne le prouveraient-ils pas sans controverse ultérieure, et pa” un cri spontané de cœur et de loi ?

N'y aurait-il pas de la réflexion, de la science et de la lumière, jusque dans cette acclamation ? Et pour Quelle raison l'Esprit Saint refuserait-il de la prendre sous sa garantie ?

Voilà une réponse aux sophismes et aux alarmes de la brochure de 88 pages, qui en vaut bien une autie.

Mais voici un autre argument extraordinaire, et assurément qui n’est pas sans danger pour la foi des fidè/s.

Après avoir supposé la définition votée par le Concile, il dit : «Voilà donc le Pape déclaré infaillible !» Puis il se met à dérouler une longue kyrielle d’inconvénients s’enchevétrant les uns dans les autres, et formant à la fin comme un labyrinthe inextricable. Or, comment se fait-il que en dépit de cette manie de tout exagére: cutre mesure, et de tout embrouiller, l’auteur n'ait pas été frappé par une réflexion qui se présente tout naturellement à l'esprit, en lisant cette singulière tirade d’inconvénients imaginés par cette bouillante imagination ?

« Voilà, dit-il le Pape déclaré infaillible» Eh bien ! toutes les difficultés, tous les inconvénients ne doivent-ils pas disparaître à l'instant devant votre foi? C’est ce que le plus vulgaire bon sens apprendra aux plus simples fidèles. En effet, si le Pape est déclaré infaillible, doncce sera l’Esprit- Saint, inspirant infailliblement le Concile qui aura dicté cette définition. .

Ou le Concile aura prévu ces inconvénients ou il ne les ura pas prévus. S'il les a prévus, et qu’il passe outre, donc ces inconvénients n’existeront plus après la définition, ou disparaîtront par des moyens providentiels dont nous n’avons pas à nous préoccuper. Penser autrement, c’est insinuer que le Saint-Esprit aura trompé le Concile et l'Eglise en l’engageant dans une voie pleine de périls ; en d’autres termes, c’est proférer un horible blasphême et perdre la foi.

D'autre part, si le Concile n’a pas prévu ces inconvénients, si pleins, dites-vous, d'immenses périls pour les fidèles, qu'est donc devenue son infaillibilité ? Le réquisitoire peut s’accrocher: à l’une ou l’autre de ces deux cornes.

Voilà pourtant ou aboutit le parti pris de fouiller, le scalpel à la main, afin de trouver à tout prix des diffiçultés inextricables, des périls innombrables, et d'immenses inconvénients, dans une définition qu’on suppose déjà faite, et conséquemment inspirée par l’Esprit-Saint !—4b uno disce omnes.

Mais laissons-là ces téméraires investigations, ces inquiétu des humaines, ces appréhensions de ce que peuvent penser, faire, ou dire les puissances de la terre ; comme si les Papes étaient nés d'hier, et n'avaient pas déjà rencontré, sur leur chemin les grands de ce monde ! Ce n’est pas à Féiix, ni à aucun autre, que Jésus-Christ a confié la mission de contrôler le pouvoir que lui seul a établi, que lui seul soutient et conserve. Tout ce que nous avons à faire, tous tant que nous sommes, évêques, prêtres et laïques, c’est de le reconnaître tel qu’il a été établi, et d’y croire d’une foi ferme, sans nous permettre de l’examiner, la loupe sur l'œil et le scalpel à la main ; surtout sans employer toutes les ressources d’une astucieuse éloquence pour prouver que, peut-étre, ce témoin incorruptible, ce juge suprême, ce représentant vivant de Jésus-Christ caché en lui, pourrait abuser de cette formidable puissance dont il a été divinement investi ; —formidable en effet, car c’est la puissance même de Jésus-Christ dont il est écrit :—dabo Tibi gentes in hæreditatem : or le Pape n’est-il pas l'héritier de l'Homme-Dieu ? montrez donc quelle limite Jé-

sus-Christ a assignée à ce Pouvoir de droit divin ? et s’il n’en a mis aucune, de quel droit cherchez-vous, de votre c :f, à déterminer des limites inconnues jusqu’à ce jour ?

Mais, dites-vous, cette doctrine est odieuse aux esprits contemporains, et surtout aux gouvernements modernes. Belle affaire ! ne l’a-t-elle pas toujours été plus on moins ?et si elle l’est devenue davantage de nos jours, à qui la faute ? N'est-ce pas, en grande partie, à votre chère Déclaration de

DST RE RM US ARTE le NP à VAT SITE P ES LEP EE MEN TA MN ARE SE ns ee ' A at Des QE er É eR se — V PR 8 qe Rte L : nn EE Tee à

1682, d’où sont nés le parlementarisme, le joséphisme et le libéralisme qui ont déchiré l’ancien droit chretien pour met- Ë tre à sa place l’Etat-Dieu, et renvoyer l’égli se à la sacristie ? ‘ À qui la faute ? N'est-ce pas à cette nouvelle école—jallais 4 dire secte—formée par vos amis du Ccrrespondant, dont vous d pouvez dire quorum pars magna fui ?

| A À qui la faute enfin ? N'est-ce pas à l'éclat de vos alarmes L. réelles, ou feintes ? N'est-ce pas enfin aux soupçons que 4 vous faites naitre vous-même par votre étrange entreprise ? je)

Qui ne voit que le libéralisme moderne, héritier du gallicañisme, rêve d'imposer à la Papauté—que sésus-Christ a établie indépendante de tout pouvoir hkumain—une sorte de constitution, afin d'exercer ur controle sur ce pouvoir divin, à peu près comme le pouvoir civil est controlé dans les gouvernements humains : Rêve ‘insensé ! Ah ! vous avez beau faire, Messieurs les catholique libéraux, eussiez-vous dans vos rangs cent évêques. au lieu d’un seul èvêque académicien, vous userez vos plumes jusqu'au moignon, et vos langues éloquentes jusqu’à la racine, avant de parvenir à changer un iota à la grande œuvre de Jésus-Christ! Laissez donc en paix le divin PRINCIPAT tel qu’il a plu à l'Homme-Dieu de le fixer immuablement sur le roc de Pierre, roc qui a la vertu de briser tous ceux qui s’y heurtent témérairement. Car, comme dit excellement Mgr. de Nimes :—4« Ses décisions ou ses anal thêmes, finissent toujours par avoir raison de ceux dont la ail témérité se permet de le dénigrer ou de le démentir. » | Mais dites-vous encore.

rnne mRar RE RO D PSE Te Cum RONA ENNTE LET TES 52 RCE NES ST ANS

Se

em

SC AUES

N'est-il pas inutile, et j'ajouterei, très dangereux de reveiller de tels souvenirs ? Certes, ce n’est pas moi qui les réveille! Mais pourquoi d'imprudents avocats de la Papauté se donnert-ils tous les jours la triste mission de les surveiller et de les envenimer ?

Et la preuve, s’il vous-plaît, illustre académicien, la preuve! Dans cette affaire, votre témoignage tout seul ne suffit pas. Qui donc en est encore à ignorer, que, de nos jours, personne ne s’est si libéralement acquitté de cette triste mis- sion ” que vous-même ; personne n'a réveillé d'aussi triste souvenirs, amoncellé d'aussi insidieuses insinuations que vousmême par votre trop célèbre brochure de 88 pages ? Heureusement que Ce gros canon, chargé à l’excès, a crevé dès sa première décharge.

Ah ! vous voulez briser la plume des écrivains que Pie IX encourage et bénit, sans parler de la presque totalité des Evèques ! |

Selon vous, ce sont d'imprudents avocats de la Papauté ; mais si le Pape et les Evêques les aiment tels qu’ils sont, que vous importe ? Y voyez-vous plus clair que le Pape et les Evêques, sans parler de l'élite de la société catholique d’'Europe et d'outre-mer ?

Qui donc vous a établi censeur suprême d’une certaine presse de France et d'Italie ? Cela ne ressemble-til pas un peu à la montagne en travail ?

Vous êtes triste, dites-vous ; on le serait à moins. Puissiezvous l'être autant que lemonde catholique, si douloureusementé étonné, après avoir lu l’indizeste brochure de 88 pages faite pour pacifier !

Mais ; ajoutez-vous, «ils nous y forcent, ceux dont la légèreté et la témérité rernuent ces brûlantes questions. ”

S'il y a maintenant de brûlantes questions, mises au grand jour de la publicité, qui donc les a remuées le premier, comme aucun Evêque avant vous ? Car je ne suppose pas qu'il y en ait d’autres qui partagent vos opinions, au moins sur la question principale ? Quod Deus avertat !

Que penser d’une thèse qui a besoin, pour s’étayer, de fouiller de la sorte dans les travestissements historiques du galli-

Page 1