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les couronnés ? grosses accusations qui restent encore à prouver autrement que par cette fallacieuse histoire accomodée au goût gallican, pour les besoins de la circonstance; car, n'oublions pas que l'opportunité presse.
Est-ce ainsi qu'on doit parler d’un pére «vénéré et chéri » Une bonne cause at-elle jamais recours à ces déplorable e;pédients ? Quelle utilité y a-t-il de fouiller ainsi dans les veil. les légendes gallicanes, au détriment de cette grande et sainte institution de la Papauté ? Ne fallait-il pas laisser cette vilaine besogne au petit Français, au Siècle et compaguie ? En vertu de quel principe, une plume, jusque là glorieuse, peutelle s'approprier ainsi des armes empoisonnées par une venimeuse insinuation, (1) si propre à inspirer la défiance et le mépris envers le divin principat du Vicaire de Jésus-Christ ? Malgré son incomparable mansuétude, Pie IX ne serait-il pas en droit de lui demander, comme son maitre au jardin des Olives ; Amice, ad quid venisti ?
Eh bien ! vous, illustre Académicien, vous permettez de parler si librement des Papes à la face du monde, par les mille voix de la presse ; vous ne devez pas trouver mauvais qu’on use de la même liberté envers vous, accusator patrum. Veuillez donc écouter cette humble voix qui s'élève, par delà l'océan pour protester contre votre œuvre, au nom du Canada catholique. Voici ce que disent nos compatriotes, dans leur douleureux étonnement, car ils ne sont pas accoutumés, grâce à Dieu, à entendre parler sur ce ton des Souverains- Pontifes. Voici ce qu’ils pensent de cette étrange entreprise, de cette pierre de scandale, comme s'exprime Mgr. de Montpellier, parlant de votre brochure. Ils disent donc, qu’il ne convient pas à un bon fils de faire rougir son père devant toute sa famille, et encore moins de l’exposer aux outrages et à la dérision de ses envieux et de ses ennemies.
Us disent que personne, pas même un éloquent académicien, nedoit violer le commandement : Honora Patrem tuum— fut-il coupable—à plus forte raison quand il ne l’est pas, et qu'il porte le nom sacré:de Pape.
[1] Lettre de Mgr. Dupanloup à M. Veuillot.
Ils disent, qu’à la lecture de ce certains passages, involontairement, ilsse sont rappelés ce qui arriva à Cham pour avoir osé inviter ses frères à venir contempler la faiblesse et la nudité de leur père.
Ils disent qu'un tel écrit ne peut produire aucun bien quelconque : que ses beautés de style n'auront que le triste mérite de séduire un grand nombre d'esprit superficiels, et que la conséquence inévitable de cette lecture attrayante, sera de diminuer, peut-être de détruire en eux tout respect, toute confiance, tout amour envers le Vicaire de Jésus-Christ.
Ils disent que le pouvoir civil y trouvera des armes toutes préparées pour molester le Pape et l'Eglise.
Ils disent—avec un bon sens qui ne s’est pas laissé désorienter par ce violent: réquisitoire—qu'ils ne reconnaissent . dans’cet ecrit aucun des caractères d’une œuvre de bien faite sous l’œil de Dieu, etuniquement en vue de la gloire et du bien des âmes ; comme, par exemple, les magnifiques écrits, sur ce sujet, de Mgr. Manning, de Mgr. de Poitiers, de Mgr. de Nîmes, de Mgr. Deschamps, et quoique vous en disiez, de l'Univers de la Civiltà cattolica, du Monde, te... C'est ce qui leur a facilité l'intelligence de ce bon mot attribué à Pie IX :—Quand je vois Mgr. d'Orléans, je vois Mgr. l’Académicien ; maisquand je vois Mor. de Poitiers, je vois Mgr. l'Evéque. (1)
Ils disent, enfin, qu’il n’est pas séant à un Evêque de reprendre en sous-æuvre l’odieuse tentative de Louis XIV, avec ses quelques Evêques courtisans ; qu’il serait plus édifiant de l’entendre dire, avec Bossuet, abeat quo libuerit, et qu’averti par ses cheveux blancs, il va consacrer à ses diocésains les derniers efforts d’une voix bien connue, et les restes d’une ardeur qui s'éteint: ce qui serait plus profitable à l'Eglise, et plus glorieux pour lui-même, que la thèse et l’hypothèse qu'il a été si malheureusement inspiré de lancer
dans le monde contre la Papauté.
Voilà ce que l'on dit, et que dis-je autre chose ?
J'espère que mes chers compatriotes, les Zouaves Canadiens,
[!] Correspondant du Tablet de Londres.