DONDEY-DUPRÉ PÈRE ET FILS, IMP.-LIB
Rae St-Lonis , no 4^ | an Marais , et rne Richelien ^ no 67 ;
PONTHIEU, Libraire, Palais-Royal, Galerie de bois.
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Childe-Hakold est un pôëme de lordByron.' Le noble barde, dont FEqrope pleure aujourd'hui la mort glorieuse et prématurée, en donna successîverrient , et pendant un intervalle de dix années , quatre chants au public. Harôld est un enfant de l'imagination , un nom plutôt qu'un héros ; lord Byron ne s'en est servi que comme d'un fil qui pût guider le lecteur et le poète lui-même , dans les sites variés que le pèlerin est censé parcourir} comme d'un type auquel il pût attribuer les sentimens et les pensées qu'il tirait de son
propre fonds : Harold , en un mot , est le prêtenom de lord Byron. Le poète , qui avait d*abord nié ai^ec affectation cette identité avec son héros, en convient à la fin de la préface de son quatrième chant.
« Quant à ce qui regarde , dît-îl , la con- » duite de ce quatrième chant, le pèlerin » Harold paraîtra encore moins souvent sur » la scène que dans les précédens, et il sera » presque entièrement fondu avec Fauteur » parlant en son propre nom. Le fait est que » je me lassais de tirer, entre Harold et moi, ») une ligne de séparation que chacun sem- » blait décidé à ne pas apercevoir : c'est » ainsi que personne ne voulait croire le Chiw nois de Goldsmîth un Chinois véritable.
^> C'était vainement que je m'imaginais avoir
» établi une distinction entre le poète et le » pèlerin : le soin même que je prenais de )) conserver cette distinction , et mon désap- » pointement de la trouver inutile , nuisaient » tellement à mon inspiration, que je ré- ;> solus de Fabandonner , et c'est ce que j'ai > fait ici j les opinions qui se sont formées et M qui se formeront encore à ce sujet , sont » aujourd'hui devenues tout-à-fait indîffé- . » rentes. Qu'on juge l'ouvrage et non l'é- » crivain ! L'auteur qui n'a dans son esprit » d'autres ressources que la réputation éphéw mère ou permanente due à ses premiers » succès, mérite le sort des auteurs. »
Cette inutile distinction , rejetée par l'auteur anglais , est encore plus complètement effacée dans ce dernier chant du pèlerinage
d'Harold, par M. de Lamartine, Le nom d'Harold est évidemment et toujours employé ici pour celui dé lord Byron. Mais parcourons les premiers chants de ce singulier poëme, afin que le lecteur en comprenne mieux la suite.
Harold est un jeune voyageur qui, lassé de bonne heure des voluptés et de la vie^^ , quitte sa terre natale, l'Angleterre, et parcourt le monde en chantant ce qu'il voit , ce qu'il sent ou ce qu'il pense : c'est, une Odyssée pittoresque et morale; \me divagation poétique , qui n'a d'autre centre d'intérêt et d'unité que la fiction légère du personnage d'Harpld. Au premier chant, il est en Portugal et en Espagne j il en décrit les sites , les mœurs , et quelques-unes des grandes et
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terribles scènes qu'offrait cette terre héroïque , à l'époque de la première invasion des Français.
Le second chant est une peinture de la Grèce et de F Asie-Mineure , où lord Byron avait fait un premier voyage en 1808. Il salue tour-k-tour ses mers, ses montagnes, ses tombeaux, ses ruines, et chaque lieu lui inspire des impressions et des vers dignes de ses immortels souvenirs.
Le troisième chant commence par une invocation touchante a ^t/^j fille unique du poète, loin de laquelle les orages de sa vie l'emportent encore. On sait qu'à cette époque une séparation légale, dont les véritable^ motifs sont restés un mystère , venait d'être prononcée entre le noble lord et lady Byron.
11 dit un éternel adieu au rivage de l'Angleterre } et , parcourant le champ de bataille de Waterloo, il décrit cette dernière lutte entre TEurope et 1^ homme du destin. De là, longeant les bords du Rhin, il traverse rapidement les Alpes , célèbre FHelvétie et les bords enchantés du lac Léman,
Le quatrième chant, et peut-être le plus magnifique, trouve le poète à Venise. Il décrit les rives mélancoliques de la Brenta j va pleurer Pétrarque sur sa tombe d*Arquaj déplore le sort de l'Italie , tour-à-tour envahie par tous les barbares, jette un regard sur Florence , et , se reposant à Rome , laisse sa muse s'abandonner à loisir à toutes les inspirations qui s'exhalent de ses monumens et de ses débris. Jamais peut-être la poésie mo-
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deme n'a revêtu de plus sublimes expressions y des images plus fortes et des sentimens jdius intimes. Ici le poète , abandonnant toutà-coup son héros , adresse un salut sublime à la mer qu'il aperçoit des hauteurs d'Albano j sur là route de Naples , et disant adieu au lecteur^ lui souhaite un bonheur qu*il n'a pas trouvé lui-même.
Ce poëme , dont rien dans les littératures classiques ne peut nous donner une idée, était Tœuvre de prédilection de lord Byron.
Voici en quels termes il en parle dans une dédicace à M. Hobhouse, son ami et son compagnon de voyage.
« Je passe ici de la fiction à la vérité : ce » poëme est le plus long et le plus fortement » pensé de mes ouvrages. Nous avons par-
>» couru ensemble 9 à diverses époques , les )i contrées que la chevalerie, Thistoire ou la » fable ont rendues célèbres ; FEL^gne y la I) Grèce, TAsie-Mineure et l'Italie^ ce qu'A- » thènes et Gonstantinople étaient pour nous » ii y a quelques années, Venise et Rome i> Tout été plus récemment : mon poëme » aussi, ou mon pèlerin, ou Fun et l'autre » si l'on veut , m'ont accompagné partout, » Peut-être trouvera-t-on excusable la vanité j» qui me fait revenir avec tant de colnplai- M sance k mœ vers ? Pourrais-je ne pas tenir » à un poëme qui me lie en quelque sorte » aux lieux qui l'ont inspiré, et aux objets » que j'ai essayé de décrire ? La composition » de Càilde-ffarolda été pour moi une source i» de jouissances. Je ne m'en séfiare qu'avec
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H une sorte de regret dont, grâce à ce que » j'ai éprouvé, fêtais loin de me croire sus- » ceptible pour des objets imaginaires , etc. ^ w etc.,. »
Le lecteur partagera sans doute celte légume prédilection du poète. C'^t dans Childe- Harold qu'on peut trouver lord Byron tout entier, car il y a répandu avec profusion, a\^ec amour j comme disent l^ Italiens , les inépuisables richesses de sa palette ; soit qu^ peigne la nature morte , que son génie vivifie toujours, çoît qu'il s'élèVe aux plus baltes région de la pensée et da la phUo^c^lue^ spit qu'il s'abandonne comme au hasard au cours capricieux de ses rêveries, et fiasse vibrer, jusqu'à les ron^e, toutes les cprdçs sensibles de son âme et de la notre . U reprend à chaque
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instant le dernier mot de sa strophe, à Timi* tatîon de nos anciennes ballades; et, comme si ce seul mot suffisait pour éveiller cette puissante imagination, il en fait le thème d'une autre série de strophes , et s'élance , sans autre transition , dans une sphère nouvelle d'idées ou de sentimens. Il faudrait tout citer si l'on citait quelque chose d'une aussi étrange conception • Nous aimons mieux renvoyer le lecteur à Fouvi'age même.
On a beaucoup reproché à lord Byron l'immoralité de cyielques - uns de ses ouvrages, ses principes désorganisateurs de tout ordre social, et ses sentimens anti- religieux; mais ces reproches, trop souvent fondés ailleurs, ne nous paraissent pas à beaucoup près aussi applicables à Childe-
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Harold qu'à quelques-uns de ses derniers poëmes : on y sent davantage la fraîcheur de la vie et de la jeunesse. On voudrait, il est vrai 9 en effacer quelques nuages; mais ces nuages n'empêchent cependant pas le lecteur de reconnaître et d'admirer, dans cette œuvre d'un beau génie, l'expression d'une belle ame. Et d'où viendrait ce génie qui nous émeut et nous charme , si ce n'était d'une ame grande et féconde ? Il n'a jamais eu d'autre source. Malheureusement aussi il n'a jamais préservé les hommes qui l'ont possédé 9 des erreurs les plus funestes de l'esprit et des passions les plus orageuses du cœur ! Lord By ron en est un nouvel exemple : plusieurs de ses ouvrages sont un scandale pour ses admirateurs même ; il en a empoi-
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sonné les plus brillantes pages d'un scepticisme de parade, aussi funeste à la génération qui Fadmire qu'à son propre .talent.
Nous ne prétendons point l'excuser j peutêtre, lui-môme, s'il eût vécu?««. Mais il n'est plus ! Tout en voulant prémunir la jeunesse contre les principes déplorables de ses derniers ouvrages, il faut jeter un voile sur les taches de ce grand génie : ce génie doit feire augurer de son ame , et sa mort peut servir d'excuse à sa vie. Il a sacrifié ses jours , ien Grèce , à la cause de la religion , de la liberté et de l'enthousiasme. Ses actions réfutent ses paroles.
M. de Lamartine, voulant conduire le poëme de Childe-ffarold jusqu'à son véritable terme , la mort du héros , le reprend où
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lord ByronFavait laissé, et sous I3 ficdon transparente du nom d'HarcM^ chante les dernières actioixs ou les demi|b*es pensées à^ lord Byron lui-même 9 son pas^ge en Grèce et sa mort. Il a pensésans doute que le mode le plus eonvenabk de chanter l'honiiioe qu'il admire, él^it celui qu'il avait adopté hii^ même \ et la forme de Childe-HarcM lui était trc^ évidemment indiquée , pour qu'il lui it» possible d'ai adc^Aer une autre : peut-être cette fOTme même donnera^t^elle lieu à quek quœ crilîques ? peut-être lui reprocberart-on çcHzime un excès d'audace, comsie une pro-* fana^ion, ce qui n'a été chez lui qu'un juste sentiment de modestie et de déférence pour un génie sup^ieur ? Il n^a pris le genre du poème et le nom du héros de lord Byron,
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que par respect pour lord Byron qui se peignait lui-même sous cette forme ^mblëmat^ue. Toute autre forme, tout autre nom , eussijBnt été moins périlleux pour lui : ils eussent rappelé moins immédiatement un talent qui écraserait tout ce qui tenterait de régaler ; mais une imitation n'est point une lutte, c'est \m hon^mage. A Dieu ne plaise que cç nom de Ghilde-Harold puisse donner une autre idée î Quel poète oserait faire parler lord Byron ? on s'apercevrait trop vite que l^e n est que son ombre. Cependant ce mot d'imitation que nous venons de prononcer , ne rend pas exactement notre pensée : la forme et le genre sQnt, seuls imités ^ les idées , les dentimens, les images ne le sont pas. U nous a s«Enblé aacontraire que l'auteur fran-
çsâi avait pris le plus grand $oind'éviter toute îmitation de ôe genre , et qu'où ne retrouve pas 9 dans ce cinquième chant^ une seule des pensées ou des comparaisons que le poè^.e anglais a ]^[:odiguëes dans les quatre premiers chants de son poème. On peut être soi sous le tiom d'un autre- Ce genre de poëtoe n'a pas encore de nom gënërique dans la littérature moderne. Ce n'est pas le poëme didactique , car il n'enseigne rien; ce n'est pas Iç poëme descriptif, car il raconte aussi jice n'est pas le poëme épique y il n'en a ni lés héros , ni le caractère , ni l'importanoa , ni la majesté : il tient de ces trois genres à la fois j il raconte , il décrit, il médite, il enseigne ; le héros est le poète lui-même ou le cœur de l'Romme en
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général , avec ses impressions les plus variées «t les plus profondes ; c'est lé poëme d'une civilisation avancée , où l'homme sent encore la nature a^ec cette force d'enthousiasme qu il né perdra jamais > maïs où il se plaît à analyser ses prc^res seniîmens , à se rendre compté de ce qu'il éprouve , à savourer à loisir ses impressions fugitives, et où son propre cœur est devenu pour lui un thème plus intéressant que les aventure» un peu usées des héros imaginaires ) fabuleux ou historiques, iu'intérét est tout dan* le style; et Isi forme , è peine esquissée, n'est qu'un |il imperceptiMe, pour lier d'un lien couHnun les idées et les sentimens qui se succèdent.
Le poëme anglais de Childe^Harold est écrit en stances d'un nombre égal de yers,
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indiquées par* un chiffre romain. Cesx la stance de Spencer: ^ forme que lord Byron avait adoptée et rajeunie , comme plus propre à ce genre de composition , où l'imagination, se livrant à tous ses caprices ^ ne suit plus {)as à pas Tordre méthodique de la prose, mais s'élance, sans transition prononcée, d'une idée à l'autre. Cette forme devait être conservée dans* ce cinquième chant par M. de Lamartine; mais la poésie française ne pos* 'sède aucun rhythme analogue à la stance de J^>encer , ou aux couplets du Tasse dans sa Jérusalem. Pour y supj^er , il a donc été obligé de composer ce dernier chant en stances irréguKèrçs, d'un nombre de vers indéterminé. Ici , c'est le sens et non le nombre de vers cpii indique la suspension et. le repos ;
nous les indiquons comme dans le poemé original par un chîfire romaii». Quelques personnes ont déjà reproché à M, de Lamartine d'avpit adopté cette formepour quelques* unes de ses poésies ; nous n'avons rien à leur répondre, si ce n'est qu'çlles peuvent facilement la faire disparaître en ne s'arrêtant pas aux suspensions qu'elle indique. Quant à nous , nous pensons toujours que ^ dans des compositions de longue haleine y des repos ménagés avec art sont nécessaires à la pensée comme aux forices du lecteur y et que ces repos ne peuvent -être plus convenablement indiqués que par le poète lui-même. Il nous aurait paru aussi inconvenant qu'inutile de parler des opinions politiques ou religieuses de rauteur français dans l'avertissement d'un
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ouvrage de Kuétature légère , si ncfcis n'avions été Fécémment encore mis en garde œntre l'injustice dés interprétations les plus forcées , par des articles de journaux où Ton discutait les opinions de Thomme au lieu des vers du poète» Un de ces journaux, dont nous respectons du reste l'impartialité et les doctrines (littéraires), a été jusqu'à dire que les poésies de M. de Lamartine étaient V hymne du découragement et du scepticisme.
L'office du poète n'est point sans doute de prêcher des dogmes en vers ^ mais nous en appekois à la conscience de tous les lecteurs pom* rftfiiter ime assertion de cette nature. «* Si les Méditations poétiques ont eu un 3i bonôtable succès , «Ues l'ont dû surtoltt à ce sentiment religieux qui respire dans toutes
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leurs pages. Tout le monde Fa senti j tout le monde Fa dit j et c'est sans ddute le genre déloge auquel l'auteur aéjé le plus sensible* Quelques vers pris isolément^ ou détaches de Tensemble qui les explique , . peuvent donner lieu sans doute à des interprëmtîons du genre de celles que nous combattons ici ; mais un vefs, une stance ne forment pas plus le sens d'un, morceau de poésie , qu'un son isolé ne forme un €OBcert : c'est l'accord qu'il faut juger.
Quoi qu'il ,eû *soit , et pour ôter tout pré* texte à de semblables méprises y nous croyons devoir prévenir ici le lecteur, au nom de M. de Lamaitiàe, ,cpie la liberté qu'invoque dans ce nouvel ouvrage la muse de Childe^ Harold , n'est point celle dont le mmi profané
a retenti y depuis trente ans y dans les lattes des factions , mais cette indépendance natureUe et légale y cette liberté , fille de Dieu y qui fait qu'un peu^de est un peuple^ et qu'un homme est un homme y droit sacré et imprescriptible dont aucun abus criminel ne peut usurper ou flétrir le beau nom. Quant au ton plus réel de scepticisme qui se retrouve dans quelques morceaux de ce dernier chant de CfuIderHarold y il est inutile de faire remarquer qu'ils se trouvent uniquement dans la bouche du héros, que, d'après ses opinions trop connues, l'auteur français ne pouvait faire parler contre l§i vraisemblance de son caractère. Satan, dans Milton, ne parle point comme les anges. L'auteur et le héros ont deux langages fort opposés; et M. de La-
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martîne serait très:-affligé qu'on pût Faccuser, même injustement, d'avoir fait naître le plus léger doute sur ses intentions, ou d'avoir répandu l'ombre d'un nuage sur des convictions religieuses qui sont les siennes , et qu'il regarde avec raison comme la seule lumière de la vie et le plus précieux trésor de l'homme.
^eûu^aeô.
Te souviens-tu du jour où , gravissant la cime
Du Salève aux flancs azurés , Dans un étroit sentier qui pend sur un abîme Nous posions en tremblant nos pas mal assurés ? Tu marchais devant moi. Balancés par Forage, Les rameaux ondoyans du mélèse et du pin , S'écartant à regret pour t'ouvrir ui^ passage , Secouaient sur ton front les larmes du matin ; Un torrent sous tes pieds s'écroulant en poussière , Traçait sur Içs rochers de verdatres sillons , Et , de sa blanche écume où jouait la lumière , Élevait jusqu'à nous les flot tans tourbillons.
a8 DEDICACE.
Un nuage grc >ndait encore Sur les confins des airs , à Foccident obscur , Tandis qu'à Forient le souffle de Faurore Découvrait la moitié d'un ciel limpide et pur , Et dorait de ses feux la voile qui colore Des vagues du Léman Féblouissant azur !
Tout-à-coup , sur un roc , dont tu foulais la cime , Tu t'arrêtas : tes yeux s'abaissèrent sur moi ; Tu me montrais du doigt les flots, les monts , Fabime La nature et le ciel...... et je ne vis que toi !...
Ton pied léger semblait s'élancer de sa base ; Ton œil planait d'en haut sur ces sublimqs bords -,
Ton sein , oppressé par Fextase ,
Se soulevait sous ses transports, Comme le flot captif qui , bouillant dans le vase , S'enfle j frémit, s'élève et surmonte ses bords.
Sur Fangle d'un rocher ta main était posée 5 Par Fhaleine des vents goutte à goutte essuyés ,