SCÈNE IX
Les Mêmes, moins PRUDENCE *.
Tu vois, Médard, que jo te comble de bontésl médard.
Oui, Papa!
VERPILLON.
11 te prouvera sa reconnaissance par un travail assidu. médard.
Faudra travailler ?
* Médard, Gaillard. Verpillon.
Beaucoup !
MÉDARD
J’pourrai-t’y me promener?
VERPILLON.
Je t’y enverrai souvent; et, pour commencer, je vais te donner une leçon!
Ah! oui! une leçon! Je serais bien aise de voir comment tu t’y prends!
VERPILLON. • .
Non, pas devant toi; ça le paralyserait! J’ai besoin de solitude pour le faire mordre aux premiers éléments!
Il faut donc que je m’en aille? c’est fâcheux!... Moi qui n’ai rien à faire !...
VERPILLON.
Je vais te donner de la besogne! Médard aura des habits; mais il va manquer de beaucoup de choses!... Va lui acheter six douzaines de chemises, deux douzaines de cravates, vingtcinq foulards et quarante paires de chaussettes.
Quarante paires... pour lui seul ?
MÉDARD
On n’en porte pas dans le bâtiment.
VERPILLON.
Tu en prêteras, à tes amis.
Cette friperie est-elle bien nécessaire?
VERPILLON.
Gaillard, tâche d’être à la hauteur de la situation!
Au fait, c’est mon fils 1 C’est ma dernière pousse! Allons lui acheter des chausettes !
VERPILLON.
Surtout ne prend pas de camelotte !
PRUDENCE, entrant do fond.
Voici le déjeûner! (Elle pose, sur la table de droite, le plateau qui contient lo déjeuner.)
GAILLARD, examinant le plateau.
Pristi ! il sera soigné !
PRUDENCE
Faut bien! pour votre fils!
VERPILLON, à Gaillard.
Mais va-t’en donc!
On a bien raison de dire que rien n’est ruineux comme les maçons! (il sort par le fond, et Prudence par la droite.)