‹ Le dernier fantômeChapitre 35 sur 37 · TOIS LES VOISINS · texte numérisé non relu

TOIS LES VOISINS

On dinaît encore à l'hôtel de l'ex-ministre dont nous avons déjà parlé.

Celte expression peut paraître étrange, parce que tout le monde dîne à Paris, excepté cent mille habitants des deux sexes ; mais le dîner d'un ex-ministre ainsi pompeusement annoncé au début d'un chapitre n'est pas un repas ordinaire, servi à six heures pour des habitudes de famille, mais une sorte d'embûche gastronomique tendue à des amitiés suspectes, à des dévouements douteux, à de nobles ou vénales ambitions.

Daniel Messains, d'abord le voisin, entre cour et jardin, de l'ex-ministre, était aujourd'hui son heureux convive.

Il y avait à la même table quelques jeunes femmes, dont le regard et le sourire annonçaient l'intelligence, et entre autres une jeune personne qui ressemblait à une nièce de minisire, et qui n'avait pas besoin de parler pour prouver qu'elle pensait une foule de choses spirituelles, qu'une modestie charmante empêchait de communiquer aux voisins.

On avait épuisé à ce dîner toutes les questions sociales ; on avait fouillé tous les trésors de l'avenir.

Daniel Messains, laissant dans leur arsenal lézardé les vieilles armes de la discussion politique, venait de s'élever à une hauteur immense de vues et de théories fécondes. 11 avait dit que l'ère du chemin de fer et de la vapeur maritime renouvellerait la face du globe, et que l'antique rouage qui fait mouvoir notre Europe dans un cercle vicieux serait brisé.

— Oui, s'écriait-il, il ne peut plus revenir le temps où les peuples s'égorgeaient pour deux pieds de neige au Canada, deux pieds de marécage en Hollande, deux pieds de grève jaune sur le Rhin.

La vapeur va découvrir à tous les yeux des horizons nouveaux, et nous démontrer que chaque famille a reçu son arpent de terre au soleil, et que le monde est assez vaste pour nourrir à l'aise le double de ses habitants, sans que la guerre se charge d'une homicide épuration.

Il y a des continents vierges à exploiter, il y a des îles énormes, autrefois reléguées dans les zones fabuleuses, et qui, demain, seront à vos portes, comme des faubourgs: il y a toute une Afrique et toute une Asie, les deux tiers de la planète, à convier aux splendeurs lil)éralesde la civilisation.

Les peuples, en se rapprochant, doivent enfin se ^oniprendre ; et toutes ces petites familles éparses, séparées par des ruisseaux qu'on appelait des fleuves, ou par des lacs qu'on appelait des océans, ne formeront bientôt qu'un seul peuple dont les intérêts, la langue,

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le costume, seront les mêmes partout, quand les distances auront disparu.

— Il y a sans doute, dit l'ex-ministre, dans ces prévisions de l'avenir, un peu d'exagération ; mais, en réduisant cette utopie à sa valeur exacte et probable, il reste encore b aucoup de bien à espérer de l'ère nouvelle. C'est bien le cas de dire aujourd'hui ce que chantait le poëte païen à la naissance du Christ : Noiius rerum nascitur ordo.

Quand l'ex-minislre parlait, Daniel Messains prenait une pose d'audition respectueuse, comme l'élève devant son maître, et son regard descendant des hauteurs du ravissem.ent, glissait avec une légèreté rayonnante sur le visage de la jolie nièce, qui baissait alors les yeux.

Après le dîner, l'ex-ministre prit le bras de Messains avec cette familiarité qu'adoptent les hommes politiques en quittant le pouvoir, et lui montrant du haut de sa terra-seles humbles fenêtres d'un entresol ;

— Je suis vraiment reconnaissant à ce voisinage, lui dit^l ; je lui dois le plaisir de vous connaître, et j'espère que nos relations auront de l'avenir.

— C'est moi, dit Messains, qui dois de la reconnaissance au hasard. Je ne me doutais guère, quand nous nous exercions, dans mon obscur entresol, aux luttes oratoires, que j'avais, dans mon voisinage, des auditeurs si émineuts.

L'ex-minislre daigna rire pendant toute la durée d'une prise de tabac, puis il dit :

— Monsieur Messains, c'est toujours un coup de ha-

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sard, le plus insignifiant, qui décide des hautes destinées... Voyons, mon jeune voisin, laquelle de ces deux carrières sourirait davantai;e à votre goiit... le barreau ou la tribune?

— Oh ! — dit Messains avec un embarras bien joué, — l'état précaire de ma fortune ne me permet pas...

— Laissons de côté la fortune, interrompit l'ex-ministre ; consultez seulement votre goût, et ne vous embarrassez pas du rc \r.

— En ce cas, répondit Messains, j^aimerais mieux être l'avocat du peuple sur une tribune, à la chambre des députés, que l'avocat d'un client, devant une barre, au Palais-de-Juslice. J'ai le courage d'avouer mon ambition.

— Eh bien ! monsieur Messains, — dit l'ex-ministre, en serrant les mains du jeune homme, — je me charge de votre ambition, et comme j'ai sous la main un petit collège électoral, presque tout composé de mes amis ou de mes créatures, je vous fais sortir de l'urne à la première élection. Ceci une fois dit, n'en parlons plus, et surtout que ce soit notre secret politique à nous deux.

Daniel Messains se précipita, lèvres premières, sur les mains de son Mécène, et les baisa respectueusement: il avait eu soin de faire chez lui, le malin, une répétition de cette scène touchante, avec son ami, car il s'attendait à cet irrésistible dénoûment.

L'ex-ministre fut pénétré de cette pantomime de reconnaissance, et, après quelques instants donnés à l'é-

motion, il permit h son jeune protégé de se rendre à ses laborieuses habitudes de tous les soirs.

Notre futur député courut chez son ami Wilfrid Gratiot, qui venait pour la vingtième fois d'essayer, fenêtres ouvertes, une lecture de sa tragédie de Nour-Jthan.

Daniel Messains raconta toute l'histoire de son triomphe chez l'ex-ministre, et ajouta :

— Mais ce n'est pas tout, mon cher Gratiot ; il y a là une jeune fille charmante, une nièce de la maison, et qui m'écoute avec des yeux rayonnants d'avenir.

C'est une héritière ; il n'y a dans ces beaux hôtels que des héritières ou des veuves émaillées de diamants.

On y entre célibataire et pauvre ; on en sort riche et marié.

J'ai fait ce soir ma double fortune d'homme amoureux et d'homme politique... Et toi, mon cher Wilfrid, voyons, es-tu avancé dans tes plans?

— Moi, — dit Wilfrid Gratiot avec tristesse, — j'échouerai seul. Nous ne pouvons tous réussir. Il fallait un malheureux ; ce sera moi. Voilà de Rauzan en pleine voie de prospérité ; il épousera madame de Fontalbe et son million. Je conviens que de Rauzan a fort bien mené son affaire ; mais tout lui a réussi : dès qu'il a su que madame de Fonialbe avait renoncé au monde pour s'ensevelir dans un jardin de Ville-d'Avray, il a été assez heureux pour trouver, même vis- à-vis le joli tombeau de sa belle comtesse, un pavillon d'été à louer présentement, et il a eu le courage de s'y installer, un grand mois au moins avant l'arrivée de madame de Fontalbe. Tout a marché ensuite selon les vœux

de Rauzan. Le voilà maintenant invité aux soirées de la mère de la comtesse, madame la marquise de Villeguiers. De Rauzan sera le plus heureux des maris millionnaires avant un mois : c'est lui-même qui m'a annoncé cette nouvelle ce matin. Toi, mon cher Messains, avec ton appartement à louer présentement, sous les fenêtres d'un ex-ministre, lu marches à la fortune et à la gloire. Tu as aussi très-bien joué ton rôle, j'en conviens, et tes amis t'ont secondé admirablement. Demain, notre ami Justin Fraizier doit recevoir la visite de son voisin, et il est à présumer que celui-là encore sera dans les heureux. Moi, moi seul, je ferai ombre sur ce tableau !

— Pourtant, mon cher Wilfrid, tu n'as rien négligé, comme tous. Tu as eu aussi le bonheur de trouver un appartement à louer présentement, sous les fenêtres d'une tragédienne célèbre, et aucun de tes amis ne t'a fait défaut pour venir applaudir la Nour-Jehan.

— Oui, mais la tragédienne s'est obstinée à disparaître et à fermer ses fenêtres et ses oreilles à mon trentième vers. Hier, à dix heures du soir, elle parut à son balcon ; aussitôt je déclamai la plus belle tirade de Nour- Jehan, celle qui commence ainsi :

0 soleil du Penjab, roi du bleu firmament , Qui créas dans ces monts l'or et le diamant I

— Eh bien ! juge de ma chance, au dixième vers Tac- Irice disparut ; les boujies s'éteignirent, et un instant

après, nous entendîmes le bruit de sa voilure dans la cour. Je m'arrêtai brusquement à cet hémistiche :

0 désavanteral

— Que diable! aussi mon cher Wilfrid, il ne fallait 'pas choisir un sujet comme Nour-Jehan ; c'est de l'hébreu.

— Un sujet admirable 1 mon cher Messains ; mais il y a des noms qui déplaisent, j'en conviens. Je changerai tous les noms et j'intitulerai ma tragédie : Frédégonde ou une conspiration de palais.

— Ceci me paraît assez raisonnable, Wilfrid; et, après tous ces changements, tu demanderas une lecture au comité d'un théâtre quelconque; on ne refuse jamais une lecture...

— Oui, mais on refuse la pièce quelquefois.

— C'est juste, Wilfrid.

— Voilà précisément ce que je voulais éviter, mon cher Messains. Je voulais me faire enlever ma pièce des mains par ma voisine l'actrice, dans un accès d'enthousiasme, et tout était fini. Les épines du métier disparaissaient sur ma route ; j'avais pour moi une puissante patronne qui jonchait de roses le péristyle de mon théâtre, et me plaçait à côlé d'elle sur son char triomphal. Quel beau rêve évanoui!

— A propos de rêve, mon poêle Wilfrid, il est tard, il faut songer au sommeil. Cette journée m'a brisé. Le bonheur est lourd à porter quand il arrive sans avertir. Adieu et à demain, Quand je serai ministre, je te ferai

CGS YOISIIVS ET VOISINES.

jouer Nour-Jehan et Frédégondt^ ou je refuse la subvention au théâtre.

— C'est toujours une espérance, mon cher député en herbe. Adieu donc, et à revoir demain, chez Justin Fraizier.

Ce dernier locataire d'un appartement à louer pré' sentement, le jeune et grave Justin Fraizier, en entendant raconter les mille choses qui se disent à Paris, avait appris que l'opulent banquier Raymond V*** cherchait pour ses trois fils un précepteur, mais un précepteur orné de tant de qualités rares, que la découverte paraissait impossible.

Le jeune Justin Fraizier, dont le mérite égalait la pauvreté, suivit les conseils de ses amis de Rauzan et Messains, et fut encore assez heureux pour trouver une modeste chambre à louer présentement, dans une petite maison dont les croisées s'ouvraient sur le jardin du banquier.

C'est là que, depuis le commencement de l'été, notre jeune professeur travaillait à son œuvre, comme Messains sous le balcon de l'ex-minislre, et comme de Rauzan, dans son jardin de Ville-d'Avray.

Le banquier, ayant fait annoncer sa visite, entra chez son voisin Justin Fraizier, à l'heure convenue, et avec cet aplomb imperturbable que donne à un homme le souvenir de sa royauté du coffre-fort.

— Je vous fais une petite visite de voisin, dit-il à Fraizier, avec un visage gonflé par une joie permanente. Vous m'accuserez peut-être d'écouter aux portes ; que voulez-vous ? les soirées sont belles, les portes sont ou-

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verles, mon jardin est presque à vous, et, dans les nuits d'été, je ne perds pas un mot de ce que disent mes voisins. C'est souvent ennuyeux, mais c'est quelquefois amusant et instructif, surtout quand il s'agit d'écouler votre leçon du soir.

— Monsieur... vraiment... vous me... — dit Fraizier en s'inclinant à chaque mot avec une modestie de comédien accompli.

— Oh! poursuivit le banquier, je ne flatte pas, moi ; je ne sais pas flatter. Je suis franc comme l'or, et je redoute la fausseté comme un changeur de monnaies

Au fait... j'ai trois fils que je voudrais faire élever sous mes yeux, par un précepteur dévoué... Voulez- vous être ce précepteur? oui ou non. Je n'ai pas de temps à perdre; il est neuf heures et vingt-cinq minutes, et nous avons tous deux à travailler encore, n'est-ce pas?

— C'est vraiment bien de l'honneur pour moi, — dit Fraizier, avec une voix solennelle, — et je pense...

— Oh ! ne pensez rien, monsieur le professeur, vous serez rétribué, pour vos peines et vos soins, comme le précepteur d'un jeune prince, avec pension de retraite. Quel âge avez- vous?

— Vingt-huit ans.

— Quels sont vos principes d'éJucation?

— Je m'efl^orce, monsieur, de donner à mes élèves le goût des saines doctrines. Je les forme de bonne heure à l'étude et à l'amiration des maîtres. En littérature, je leur fais aimer Corneille, Molière, La Fontaine, Boileau, Fénelon; en général, ceux qui sont morts.

— Et Racine? Racine? interrompit le banquier.

— Oh ! Racine, monsieur, j'en fais l'objet d'un culte à part J'ai un buste de Racine... dans le salon de mon père... Oh ! Racine I

— Très-bien, monsieur le professeur... En politique, quelles sont vos idées?

— En politique, je donne à mes élèves le goût d'une sage liberté, aussi éloignée de la licence que du despotisme... En philosophie, je suis éclectique : c'est ce. qu'il y a de mieux.

— Oh ! certainement.

— Quant aux beaux-arts, j'aime, avant tout, ce qui est national ; la musique française, en décadence depuis MéhuI et Grétry : en peinture, la peinture française, en décadence depuis David et Girodet : en architecture, l'architecture française, en décadence depuis Hiiyot et Fontaine. Permettez-moi de passer sous silence la littérature moderne ; je ne veux point faire de personnalité envers des contemporains; je me borne à déplorer le mauvais goût du jour.

— Parfait ! dit le banquier... Oh I je vous connais depuis longtemps, monsieur Fraizier; j'assiste à vos leçons à votre insu. 11 y a surtout un pas.-age qui m'a frappé... c'était votre parallèle entre Virgile et Horace... L'un, tendf't, harmonieux, correct; l'autre, énergique, concis, inégal, emporté. .. L'un^ihé'.ancolique et rêveur; l'autre, jox>ial et satirique ; tous deux... Vous voyez que je cite à

. peu près vos expressions... Au collège, j'adorais les parallèles; j'ai fait, en rhétorique, celui de Scipion etd'Aninibal... lun , sobre, chaste, disert; l'autre, cauteleux, ardent au plaisir;... tous deux... Il a trente-cinq ans

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de cela, et je ne m'en souviens pins ; mais je sais que j'eus le prix... Monsieur le professeur, la chose est donc finie entre nous; voilà comment je brûle les affaires, moi. Ce matin, j'ai acheté cinq mille mètres de terrain en cinq minutes... Un de ces jours, mon cher voisin, nous dînerons en famille, et je vous présenterai vos élèves... L'aîné est un garçon calme, réfléchi, concentré; une tête à mathématiques. Le second est un espiègle qui a le travail en horreur... Le cadet... oh ! celui-ci vous en serez content... il a un esprit d'ange, et une mémoire ! L'autre jour, sa mère lui a récité vingt vers de - Mérope ; il les a retenus du premier coup. Le petit drôle nous a tous fait frémir, quand il a déclamé ce beau vers ;

Soudain la garde accourt avec des cris de rage.

Sa mère pleurait, parce que ce passage de Mérope lui rappelait l'émeute de la rue Montorgueil, en 1832, lorsque je m'élançai avec mon bataillon de la garde nationale, par la rue Thévenot... Adieu, mon cher voisin. Au revoir, à bientôt j'espère.

Le banquier serra les mains du jeune homme, et sortit.

Lorque le grave professeur Fraizier se trouva ^eul, porte et fenêtre closes, il se livra follement à une danse immodérée devant son miroir.

11 n'y aurait point de réputation d'hommes graves, si les miroirs parlaient.

2'r2 VOISIAS ET VOISINES.

Avec les procédés nouveaux, el presque infaillibles, employés p:ir nos trois jeunes gens, la réussite devait être le résultat.

Aussi, on ne sera pas étonné d'apprendre que, dans l'automne qui suivit cet été, Michel de Rauzan avait épousé madam3 de Fontalbe, Daniel Messains sortait triomphant de Turne électorale du collège de H***, et que Justin Fraizier gouvernait la famille du banquier, son ex-voisin.

Néanmoins plusieurs années se sont encore écoulées depuis celte époque, et tout a concouru pour donner un nouveau luirtre à de légitimes et intelligentes ambitions.

Ainsi, aujourd'hui, Daniel Messains, le plus âgé de nos amis, siège à la chambre des députés ; il a épousé la nièce de l'ex-mini^tre, avec une dot de cinquante mille livres de rentes, déposée sur l'autel de l'hymen, qui est un comptoir maintenant.

A la première crise ministérielle, Messains a des chances sur un portefeuille quelconque, et il a ses deux mains toutes ouvertes pour le eaisir au vol de la crise, et le garder.

Wilfrid Gratiot a loué plusieurs appartements, et n'a pas été heureux comme ses amis, ce qui prouve que les mêmes moyens ne conduisent pas toujours au même but : cependant, comme on trouve toujours à Paris Toccasion de tirer parti d'un travail consciencieux, le jeune poëte a coupé ses ailes qui ne lui servaient qu'à ramper ; il a enlevé à son drame toutes ses rimes, et en a

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composé une hisloiru avec ce litre : JEiiA.NCinE, ou le Pcnjab en 1616.

Daniel Mes^ains, député influent, a recommandé ce beau travail historique, fruit de longues études, au ministre, et le ministre vient d'envoyer l'hi.-torien Gratiot au Penjab, pour étudier la question Sike nu point de vue français, afin de contrebalancer rinfluence anglaise dans ce pays.

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