CHAPITRE PREMIER
OTlanagan, qui se trouvait là, avec le même empressement qu'elle eût mis à annoncer une bonne nouvelle ; la vieille Alison vient de passer pour aller chercher un médicament chez M. Bruce, le ministre anglican, et elle m*a assure que la pauvre petite n'avait plus une goutte de sang dans les veines. Sa Révérence lui a déjà administré les derniers sacrements , et elle a versé plus de larmes encore que d'huile sainte sur sa malheureuse sœur.
William resta comme accablé par cette cruelle certitude.
— Mon Dieu ! dit-il enfin d'une voix tremblante, n'aviez-vous pas fait payer assez cher au défenseur de l'Irlande la gloire et le succès qui l'attendent peut-être? Le sacrifice d'aujourd'hui n'était-il pas assez grand, assez complet?
Il reprit, après un intervalle de silence :
— J'ai envoyé déjà deux jnessagers dans les montagnes pour prévenir le chef de la famille du malheur qui le menace. Aucun d'eux n'est revenu. Si milord arrive maintenant, il arrivera trop tard !
— Trop tard ! répéta Morris avec un sanglot convulsif.
Oh ! pour cela oui, dit mistress Flanagan ; 'on m'assurait que la jolie pelile miss n'en- 3. 3
10 LE |«ANIER UUD9AIS.
tendrait p«$ le chant du co^ de mionit, maïs â faut que rame n'ait pas quitté eae^te son en^ vcloppe terrestre , car Wà n'a pas poussé le cri de mort paur appeler les voisins et les amis« La famille O'Byrne, si puissante qu'elle soft, ne voudrait pas manquer, j'imagine, à eetie vieille coutume du nos pères.
— Chut ! interrompit William en éteoéant la main vers la vallée, ne vous sembie-t^il pas que depuis quelques moments déjà k fusillade a c^ssé du cdté de la gorge du Bon-Jfessager?
Les assistants prêtèrent Foreille et ils purent s'assurea* qu'en effet le plus profond silence régnait dans la campagne.
— Le combat est fini , dtt l'aveugle d'un ion solennel ; quel est le vainqueur? Nous ne tarde^ rons pas a le savoir maintenant.
A peine aehevait'il ees mots qu'on entendit le galop d'un cbeval^sur le pavé raboteux du village. Le cavalier passa comme un Irait devafrt les groupes réunis sur les portes des cottages, et s'arrêta à la mense du ministre eatholiqne. C'était Richard O'Byrne.
Son uniforme était déchiré , sa tête nue ; ses mains, son visage étaient souillés de povdre et de sang,
— Milord ! s'écria l'aveugle^ qui devina quel