‹ Le dernier IrlandaisChapitre 14 sur 149 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

que les agresseurs de Donnagh étaient ivres?

— 'Crôyez-vous donc qu'ils eussent osé châtier l'insolence et les împiétës d'un valet de leur maître s'ils ne l'avaient pas ëlë? Croyezvous que les lamentations d'un vieil aveugle eusscfùt été capables de réveiller ces âmes engourdies , façonnées & l'insulte et à rhumiliation?

— Ivres! ah ! ils étisiient ivres ! répéta le curé de Neath sans remarquer l'accent particulier de l'aveugle en prononçant ces dernières paroles. C'est juste, l'ivresse seule a pu les porter à de pareils excès! Mais comment se sont-ils enivrés? 11 y a donc encore du whiskey à Neath malgré ma défense? Qui leur en a vendu? et un dimanche encore!

La foule^ fidèle a son système de non-révélation, resta muette. Mais un des assistants, qui était membre d'une société de tempérance (membre unique dans la paroisse!), se crut obligé par son serment de nommer la veuve OTIanafgan.

— Flanagan ! dit M. O'Byrhe, la vieille hypocrite! flîër encore elle me jurait qu'elle n'avait i»YiP7 elle ({lie de la petite bière brassée dans sa

^'•^J platt à Votre Révérence, répliqua le

dënonciateur inquiet du murmure des assise tants , peut-être la vieille disait-elle vrai , car on prétend que les fraudeurs n'ont passé par ici que la nuit dernière.

Mais M. O'fiyrne n'écouta pas cette sorte de justification. Il était pourpre d'indignation et de colère. Il invita sa sœur à le suivre et se dirigea vers les premières maisons du village, parmi lesquelles se trouvait celle de la délinquante.

— Angus, dit timidement la jeune fille, oa sort déjà du temple, et les valets ouvrent les marchepieds des voitures...

— Nous avons le temps, ma sœur, répliqua le prêtre d'un ton bref.

Les paysans soupçonnaient ce qui allait se passer et suivaient à distance. Devant le logis de la veuve O'FIanagan, affreux bouge enfumé, miss O'Byrne s'arrêta, tandis que son frère entrait brusquement. Presque aussitôt on vit deux ou trois individus sortir du cabaret et s'enfuir en chancelant ; puis des brocs et des verres s'envolèrent par les fenêtres et résonnèrent sur le pavé, tandis qu'une voix perçante s'élevant de l'intérieur du logis parcourait toutes les gammes de la douleur et du désespoir.

Tout à coup la porte du cottage se rouvrit.

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