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CHAPITRE II

et le prêtre parut portant avec effort un objet très-Tolumineux et très- lourd. Derrière lui venait une vieille femme en guenilles, sans coiffure, se tordant les mains, criant et se lamentant. Sans l'écouter, M. 0*Byrne lança son fardeau sur la pente de la montagne. C'était un baril d'une forme particulière et dont le fond plâtré avait une marque bien connue des habitants de Neath; il contenait toute la provision de whiskey de la veuve Flanagan.

Les assistants suivirent de l'œil avec anxiété le précieux baril. Grâce à la solidité de sa construction, il résista aux premiers chocs et rebondit vaillamment sur le gazon; mais au bas de la pente, il rencontra une pointe de roc qui le brisa en mille éclats, et la liqueur qu'il renfermait, se répandant à flots sur les cailloux, exhala une odeur aromatique qui vint chatouiller le nerf olfactif des pauvres diables restés sur la hauteur.

Un soupir s'échappa des poitrines à la vue de cette catastrophe.

— - Perdre ainsi le bien du bon Dieu ! dit un

paddy les larmes aux yeux ; il avait là de quoi

réconforter bien des braves gens, après le tra-

et leur faire prendre en patience leur mi-

Si encore c'était un douanier qui eût fait

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ce beau coup-là; mais Sa Révérence, qui se dit notre ami, notre protecteur!

— C'est bien fait dit une bonne femme qui tenait constamment sa mante fermée par devant afin de cacher le piteux état de sa robe; il n*y aura pas de whiskey dans la taverne, mais il y aura un ^eu plus de pommes de terre pour les enfants dans les cottages.

Et toutes les pauvres ménagères d'applaudir.

Mais l'es hommes cojitinuaient à soupirer et a se lamenter. Cet acte de feur pasteur était k leurs yeux un vrai désastre public. Pltisieurs d'entre eux, profitant du moment où on ne les observait pas, se glissèrent sur le penchant de la monttfgne et allèrent s'assurer si, edtre les douves disloquées, dans les légères cavités du roc, ils ne pourraient pas recueillir encore quelques gouttes de la précieuse liqueur pour s'enivrer.

Cependant la dame de ces biens , la veuve O'Flaganan, remplissait le village de ses doléances. Jamais donletir ne fut plus bruyante; M. O'Byrne lui-même^ malgré son indignation, en était assourdi.

— Ah ! Votre Révérence, disait la cabare> tière en se frappant la poitrine et en s'arrachant

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