‹ Le dernier jour de MissolonghiChapitre 2 sur 31 · URA.ME HÉROÏQUE EN TROIS ACTES · texte numérisé non relu

URA.ME HÉROÏQUE EN TROIS ACTES

(^^(U premier.

Le théàtie représeute le bastion de Bolzaris eii ruines; à gaiicLe , est le tombeau de Marcos Botzaris; au fond, une large brècbe à travers laquelle on voit le camp des Turcs ; deux canons garnissent encore le rempart ; le drapeau des Hellènes, bleu et coupé par une large croix blanche, flotte sur une petite redoute; une lunette d'approcbe est dressée sur le reinparl, et dirigée versle fond droit du théâtre; on doit voir de ce côté, dans le lointain, les montagnes de rAracynthe, et du côté opposé, les lagunes de la baie d'Anatolico.

Au lever du rideau, il fait petit jour; Gérar^l est endormi sur un affût de canon; Capsali appuyé sur le tombeau de Marcos, le visage tourné vers l'orient ; divers groupes de soldats souliotes et missolonghioles garnissent le rempart; les uns sont à demi couchés,- les autres debout , les yeux tournés vers le lointain à droite ; quelquesuns se promènent silencieusement sur le bord de la brèche ; toutes; les figures doivent exprimer l'abattement ou un sombre désespoir.

SCÉi^E PREMIÈRE.

CAPSALI , GÉRARD emlonni , DRYANIS , Souliotes , Soldats (le Missoloisj'h»-

(Il va consulter Capsali, et sur un geste aÛirmatif de celui ri , li va réveiller Gérard).

Fiaiiiai^ !

Dans le croissîint de leurs drapeaux.

Des soldats africains les clameurs importunes Seules de temps en temps effrayaient les échos . Et se mêlaient au bruit lointain des flots Qui se brisaient dans les lagunes.

DRTAMS.

j'ai pourtant vu, j'en suis certain.

Vers les approches du matin , Des feux errer sur la montagne.

lE JEBKE soutiOTE, piès dc la lunelic d'approche

C'étaient les feux des Albanais.

DP.YANIS.

Qui te l'a dit ?

LE JECNE SOULIOTE.

Tu les connais, Car tu les as vaincus dans plus d'une campagne ; Regarde, ils sont encor là haut,

DRYANis, regardant par la lunclle.

Je me trompais.

( Il continue à regarder CAPSALI.

D'ailleurs, tu le sais bien, le signal de nos frirres Devait être un coup de canon.

DRTAXI5, toujours à la iurifile.

Seraient-ils assez téméraires Pour donner ce signal au milieu des niiils ?

CAI'SAtl.

Kon :

Mais des feux aussi bien Irahiraienl leur pvésem o

DRYANis, à la lanetie.

Que Tois-je ? écoutez!...

TOVS.

Quoi ?

DRYANIS.

Silence !

Compagnons, tout n'est pas perdu , Et ce signal vengeur, si long-temps attendu, Peut-être nous allons l'entendre.

( A Capsali. )

Regarde , général.

( Il lui cède sa place ).

Sur ce bois d'oliviers Vois-tu comme un rideau s'épaissir et s'étendre?

CAPSALI , regardant par la lunette d'approche.

Grand Dieu! seraient-ce nos guerriers?... Vers la plaine ils semblent descendre... Voilà des troupes... des convois...

( Avec transport ).

Des armes... Mes amis!... oui ! ma vue assurée... La voilà, la voilà, la bannière azurée ! L'étendart de la croix !

Tors, avec un grand cri.

Ah! victoire à la croix!

(Capsali se retire; tous se pressent autour de la limette d'approche, et se montrent a l'envi ce qu'a indique Capsali. )

CAPSALI.

Dryanis a raison : que muet à sa place

( 8 ) Chacun altenclt; le signal :

Le disque du soleil a franchi le Parnasse, Voici, voici l'instant fatal.

(Tous restent immobiles, dans l'attitude de gens qui écoutent ^

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