‹ Le dernier jour de MissolonghiChapitre 24 sur 31 · CAPSA.LI · texte numérisé non relu

CAPSA.LI

J'ambitionne un trépas plus utile :

J'en tuerais six... Je reste, et j'en tuerai deux mille.

Mais la main d'un vieillard le fera comme toi.

CAPSALI.

Un yieillard tremblera : je ne tremble pas, moi. Ces femmes, ces enfans qui ne pourront vous suivre. Il faut qu'on les soutienne , il faut qu'on les délivre. O vous! de la Hellade et la force et l'espoir. Partez tous, laissez-moi: je connais mon devoir; Je le ferai : Quittez vos enfans et vos femmes : Je réponds devant Dieu du salut de leurs âmes. Partez: ceux qui pourront se frayer un chemin, Du haut de ces rochers qu'ils regardent demain !

BOTZARIS

Tu veux que ton trépas sur nos têtes retombe !

CAPSALI.

Je le dois à Gérard dont j'ai creusé la tombe ; Je vous le dois, héros qui dormez dans ces lieux, Mânes de mes amis, mânes de mes aïeux; Non, je ne te fuis pas, ville sainte et chérie, Terre, de notre sang, de nos larmes pétrie : Non, je ne te fuis pas! garde ton Capsali, Laisse , laisse partir les enfans de Souli ; Défenseurs généreux de leur mère adoptive, Ils n'abandonnent pas en quittant cette rive Leurs temples, leurs foyers profanés derrière eux, Et le toît paternel s'écroulanl dans les feux. Peut-être ils re verront leurs montagnes célèbres. Elle sombre Achéron, et ses rochers funèbres :

(75) ^eut-ftre ils vont trouver l'antique liberté Assise près du seuil que ses fils ont quitté. ... Mais pour nous, plus d'espoir : péris, belle Etolie ; Avec Missolonghi sois toute eiisevelie ; Que ce peuple, ces murs, ce temple, ces tombeaux, Que ton rivage entier s'abime sous les eaux!

BOTZABIS.

Tu le veux, Capsali ! nous devons y souscrire.

(A Théuiélis.)

Vénérable vieillard, ton avis?

THÉMÉLIS.

Le martyre.

BOTZARIS

Viens avec nous.

THÉMÉHS.

Guerriers, hâtez votre départ, L'heure avance.

BOTZARIS

Nos corps te feront un rempart.

THÉMÉLIS.

Sur mes genoux tremblans je me soutiens à peine,

BOTZARIS

Nos bras te porteront.

théméus.

Fuis, magnanime Hellène; Laisse au vieux moissonneur le repos qu'il attend : Il a fini sa tâche , il dormira content.

BOTZABIS.

Que ta miséricorde , ô mon Dieu , nous pardonne ! Il nou9 dit de partir, et la Grèce l'ordoDoe.

Je cours à l'arsenal.

CAPSAtl.

LE VIEILLARD

Je te suis.

(11 sort.) (Il sort.)

fiOTZÀ&IS.

Tsavellas, Allons pour le départ assembler les soldats.

(Ils sortent.)

SCÈ^Ê III.

THÉMÉLIS, seul.

( Il comtemple le tombeau de lord Byron.)

Intrépide Byron, qui pouvais nous défendre ,

Et ne nous as laissé qu'un peu d'or, et ta cendre ;

Pour toi, même au cercueil, il n'est point de repos :

Nous allons disperser ton linceul et tes os....

3Iais que dis-je?... au courroux d'un vainqueur sacrilège

Nous allons dérober ce triste privilège :

Ennemis du génie, ennemis des vertus,

Sans pitié pour le bras qui les a^combattus,

Les Turcs auraieiit souillé ta demeure dernière.

Héros, descends du ciel , ranime ta poussière ,

Reviens; de notre sort lu dois être jaloux,

Ressuscite un moment pour mourir avec nous!

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