‹ Le dernier jour de MissolonghiChapitre 28 sur 31 · CHR\SA · texte numérisé non relu

CHR\SA

Mon devoir

0 de mes cheveux blancs unique et cher espoir ! l;uit-il te l'ordonner? faut-il que je l'implore?

CHUTSA.

^'ordonner ! Ce matin lu le pouv.iis encore...

( 8o ) Ne suis-je plus ton père ?

CHRYSA.

Oh! oui, toujours, toujours?

Mais voici mon époux.

BOTZAEIS.

Pour de vaines amours.

Ma fille par un autre e^t à jamais ravie ! Il ne t'aima qu'un jour; et moi, toute ta vie.

GflBTSA.

Ce jour est éternel , et la foi des sermens Ne se mesure pas au nombre des momens.

BOTZ^ARIS.

Capsali!...

CHRTSA, à Capsali.

Garde-toi d'un ordre magnanime,.

Je désobéirais.

CAPSALI.

Je le sais bien.

BOTZARIS

O crime !

Quand tu peux la sauver, tu commandes sa mort.

CAPSALI.

Qui ! moi ? je ne suis plus le maître de son sort. Crois-tu que je voudrais par un IûcIih artifice Du malheureux Gérard payer le sacrifice? Elle a fui ce trépas qu'elle aurait .-u braver, Pour mourir avec moi, non pas pour se sauver.

BOTZARIS

Gérard? par la même offre il l'aurait rachetée.

CAPSALl.

C'est vrai : mais qui t'a dit que je l'eusse acceptée?

En un pareil danger, mon père, réponds-moi : Qu'eût fait ma mère ?

Hélas ! elle eut fait comme toi.

Malheureuse ! quel nom ta bouche me rappelle !... Ta mère!... si long-temps je fus heureux par elle !..; Ce bonheur n'avait pas disparu sans retour; Voilù ses traits, sa voix, sa vertu, son amour... Il faut la perdre encore!... ô fille trop chérie !...

(On entend le canon. ) Grand Dieu î

Les Pbécédens, ïSAVELLAS , le sabre à la main.

TSAVELLAS.

Viens, Botzaris, on l'allend.

BOTZARIS

O patrie !

C'est moi qui l'ai voulu cet affreux dévouement...

TSAVELLAS.

Hâtons-nous, le temps presse.

BOTZàKIS.

Ah ! de grâce , un momeni.

( Fusillade. )

TSAYELLAS.

Les Turcs sont au rempart.

coTZAnis» hors de lui.

( Il saisit les mains de Capsali et de Cbrjsa. )

Venez , fuyons ensemble ; Venez, c'est pour mourir que ma main vous rassemble.

( A Capsali. )

Pour mourir, enlends-tu ? Gérard te l'eût permis : Viens te précipiter dans les rangs ennemis... Obéis au devoir; mai= lai.s.'-e-moi ma fille... Vous êtes mes enfans, vous êtes ma famille... Que du moins en tombant je puisse vous bénir!

( Coup de canon.) ( La foule s'agite autour d'eux avec effroi. )

l'NE FEMME.

Capsali, si tu pars, qu'allons-nous devenir?

CAPSAU, repoussant Votzaris.

Laisse-moi, Botzaris.

BOTZIBIS.

Tu résistes, barbare...

Je ne me connais plu?, et ma raison s'égare... Pardonne, ô mon piiys! pardonne, Tsavcllas... Je reste, je ne puis m'arracher de leurs bras,

TSAYELLAS,

Tu nous trahis !

BOTZARIS

Fuyez sans moi.

TSAVELLAS.

Vaine espérance !

Les chrétiens sur toi seul fondent leur délivrance : Tu pars, nous partons tous : tu restes, nous restons.

(Fusillade.)

BOTZA.BIS.

Attends...

( II se précipite dans les bras de ses cnfans , les presse conire son cœur. )

O mes enfans ! ô mes enfans!...

( Il se détourne brusquement , et s'écrie : )

Partons !

(Ils partent : Chrysa tombe évanouie : silence. )

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