SCÈNE IX
CAPSALT, CHRYSA , Femmes £t Enfans.
CAPSALI.
« Chrysa , ranime-toi : c'est ton époux fidèle (*) ; « Regarde; reconnais Capsali qui t'appelle.
CHRYSA , égarée.
( Elle appelle. )
« Capsali?.. Botzaris! îMon père !.. Ilétaitlà ,
« Qu'en as-tu fait?... Mon père! Ah ! c'est lui, le voiiù !
* Mon père, il est venu le jour de l'hyménéc...
* Ces vers sont relranché-- à la repr<'sentalioii.
(84) « Tu peux à Capsali joindre ma deslinée , <i Le pays est sauvé... L'habitant des déserts, « Tout ehargé d'infamie, a repassé les mers... « Vois-tu de Constantin la croix resplendissante , K Des fêtes du vrai Dieu la pompe renaissante ?... « Des monts thessaliens, aux bords de l'Eurotas, « Entends-tu résonner les hymnes de Rigas ?... (> Viens ; nous les chanterons sous nos vieilles chaumière •>. « Dépose âmes côtés ces armes meurtrières : « Tu n'en as plus besoin... Tiens, voici l'Achéron ! « C'est ici que j'appris à bégayer ton nom... « Accourez, accourez, ô mes jeunes amies ; e Réveillez de Souli les muses endormies ; « Que du chant nuptial les sons harmonieux « Réjouissent la terre où vivaient nos aïeux ! » Sous les pas vagabonds de vos danses légères, « Vous n'irez plus fouler des rives étrangères : « Entrelacez vos bras dans des chaînes de fleurs ; « Sous un voile d'amour cachez-moi nos malheurs!... « Eh bien ! où courez-vous ?... Vous fuyez ma présence! « Mon père !. il n'est plus là... Capsali !.. Quel silence ! « On pleure autour de moi !.. . Dieu! que vois-je? un tombeau! « Queva-t-on faire?où suis-je Pet pourquoi ce flambeau?
CAPSAtl.
Chrysa , reviens à toi : l'éternelle justice
A marqué près de nous l'instant du sacrifice :
Comprends la vérité : rappelle ta vertu.
CHRYSA , se levant.
Me voici : que faut-il que je fasse?
CAPSALI.
Entends-tu ?
( On entend des coups de fusil , des cris , etc. )
( 85 ) CURYSA, saisissant son sabre. *
Il fiiut combattre? Allons.
( Le bruit redouble. )
CAPSALI,
( Il court, au fond du théâtre , regarde à travers les ruines, et s'écrie : )
Les Turcs sont dans la ville.
Femmes, préparez-vous ; défendons cet asile.
( à Alexis. ) (On preod des armes.)
Et toi si je péris...
ALEXIS
C'est bien : ne vois-lu pas Ma mère qui m'appelle et qui me tend les bras? Je n'ai qu'un mouvement à faire : l'éclair brille, Le coup part : l'orphelin embrasse sa famille.
(Capsali va au fond du théâtre , un pistolet à la main. )
CHEYSA.
Quelle lueur sinistre éclaire nos remparts !
CAPSALI.
Nos demeures en feu croulent de toutes parts.
( Tout le monde s'entasse au fond du théâtre , et se groupe sur les ruines. )
WKE FEMME.
Distinguez-vous ces cris, ces plaintes douloureuses ?