‹ Le dernier jour de MissolonghiChapitre 4 sur 31 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

( Pendant la scène précédente , Dry^iois et les Guerriers se sont un peu écartés ; ils préparaient leurs armes , observaient le camp des Turcs, etc. A cette scène , ils se rapprochent; il arrive insensiblement plus de monde , des soldats , des yieiilards, des femmes, des enfaiis , Tsarellas , Meyer , Alexis. )

Les Précédens, CHRYSA, avec des habits d'homme, le sabre au côté.

CHRÏSA.

Eh quoi ! Gérard ne me reconnaît pas ?

CiPRALI.

C'est Chrysa ! mes amis, regardez; qu'elle est belle ! Jadis avec respect s'inclinant devant elle, La Grèce aurait dit : c'est Pallas !

DRYANis, à Chrysa.

Tu nous suis au combat? nous vaincrons.

CHETSA.

Je l'espère.

Non loin du temple saint j'ai rencontré mon père ;

Il descendait de ces remparts.

Le feu de la jeunesse enflammait ses regards, Son geste était plus vif, sa parole plus fière : a D'où viens-tu , me dit-il? — Je viens de la prière. « — Nous allons tous sortir. — C'est ce que je voulais. « — Yiens combattre avec nous . ma fdle. — J'y volais.» A ces mots, le vieillard dans ses bras m'a pressée,

Et réunissant à grands cris La foule autour du temple en désordre entassée : « Ecoutez, disait-il , écoutez Botzaris : « Mourans, ranimez-vous; mères, séchez vos larmes, « Consolez vos enfans épuisés parla faim : « Le signal du secours a banni nos alarmes ,

« De nos tourmens voici la fin :

« Allons, guerriers, prenez vos armes; «Dans les rangs ennemis courons chercher du pain. »

Le peuple a répondu par de longs cris de joie.

Tous s'embrassaient, tous tombaient à genoux: « Béni soit le seigneur , et celui qu'il envoie ! «Béni soit Botzaris! dis-nous vite, dis-nous

« L'heure , le lieu du rendez-vous, «Le nom du chef.»' — «C'estmoi qui vous mène àla gloire.

( >9) «El nous partons dans un instant; ft Au tombeau de Marcos Capsali nous atteud. » — a Botzaris ! Capsali , Murcos ! c'est la victoire ! » S'est écrié le peuple ; et de ces noms chéris Sa voix reconnaissante a frappé nos débris. Sous son toit chancelant, mutilé par la bombe,

La cathédrale en a tremblé; Sur le rivage ému les flots ont reculé , Et lord Byron a frémi dans sa tombe.

Oui, mes amis, croyons en ses transports : Peut-être encore un jour, la patiie est sauvée. J'en jure par le sang de ces illustres morts

Dont notre terre est abreuvée :

Ceux qui vont succomber ne mourront pas en vain Hâte-toi de frapper , impitoyable glaire ,

L'Europe entière se soulève.

Et ceux qui survivront seront libres demain.

Mais de guerriers quelle foule s'assemble !

Salut, valeureux Tsavellas!

Ta blessure d'hier!...

TSAVELLAS.

Ce n'est rien.

CAPSALI, il lui donne une poignée de main.

Ta main tremble.

TSAVELLAS.

ta, tout-à-l'heure, ami, je ne tremblerai pas. CAPSALt, apercevant Meyer dans la foulé.

Place à l'auteur de nos belles chroniques, Au généreux enfant des rochefs helvétiques !

( 20) MeN'er, ici tu dois rester :

Ces exploits que l'Europe admire, Si tu meurs aujourd'hui, qui pourra les écrire?

METER.

Si je ne les vois pas, comment les raconter ?

CAPSALI.

Que veulent ces vieillards?

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