SCÈNE V
Les Précédens, THÉMÉLIS, BOTZARIS , cortège de TliéméUs.
Le président de la junte supi ême , Notre père, a daigné me suivre jusqu'ici; De nos derniers efforts il veut juger lui-même.
( Tous s'inclinent. )
THÉMÉLIS.
Enfans , votre vieux chef ne vient point retenir Des élans généreux, peut-être téméraires. Je n'ai plus de penser que pour aimer mes frères. Plus de voix que pour les bénir.
Partez, braves soutiens d'une cause chérie; J'appellerai sur vous les célestes faveurs : L'œil fixé sur la croix, soyez de la patrie Ou les martyrs, ou les sauveurs.
Dieu, qui renverses l'homme, et soudaiu le relèves. Changes les pleurs en joie, et le trône en tombeau, Daigne attacher la mort au tranchant de ces glaives. Et la victoire à ce drapeau.
Mais s'il faut qu'aujourd'hui Missolonghi périsse, Si pour la liberté, qui doit vivre après nous, Il te faut un dernier, un vaste sacrifice, Tu peux frapper; nous voilà tous.
(Tous se relèvent. )
DRYAKIS.
Repoussons ce présage, en avant la bannière! Éclaircissez vos fronts qui n'ont jamais pâli, Et sortons en chantant la ballade guerrière Des vieux montagnards de Souli.