‹ Le dernier jour de MissolonghiChapitre 7 sur 31 · BALLADE · texte numérisé non relu

BALLADE

D'une marche si rapide

Qui descend dans nos cantons?

— En fans de la Selléïde,

C'est le doux printemps. — Chantons !

\oici le signal de guerre.

Prenons le lourd cimeterre,

Prenons l'atagan joyeux!

Que de têtes emportées

Vont voler, précipitées

Dans l'Achéron furieux!...

L'enfer vous demande ,

Turcs, accourez tous!

Sainte Yénérande, Priez pour nous!

D'une marche si rapide *

Qui descend dans nos cantons ?

• — Enfans de la Selléïde ,

C'est le fier Ali ! — Chantons !

Déjà sa troupe grossie

Sur la montagne noircie

S'étend comme un voile obscur :

Marchons : ce n'est qu'un orage ;

En traversant le nuage

Nous trouverons un ciel pur...

• Ce couplet se retranche à la représentr.tioa .

L'enfer vous demande, Turcs, accourez tous!

Sainte Vénérande, Priez pour nous!

D'une marche si rapide

Qui descend dans nos cantons?

— Enfans de la Selléïde , C'est la liberté ! — Chantons !

Elle revient, l'exilée.

Et la Grèce consolée

Bénit son geste et sa voix.

Sa voix, un seul cri lui reste :

« Vaincre ou mourir!» et son geste

C'est le signe de la croix.. .

L'enfer vous demande.

Turcs, accourez tous!

Sainte Vénérande , Priez pour nous!

D'une marche si rapide

Qui descend dans nos cantons?

— Enfans de la Selléïde,

C'est la mort! — Eh bien, chantons!

Pour échapper à l'outrage, Au supplice, à l'esclavage, Martyrs , montrez le chemin !

Gloire à Dieu, notre seul maître !

Sur ces monceaux de salpêtre, Allons ! la flamme à la main!.. .

L'enfer vous demande ,

Turcs , accourez tous !

Sainte Vénérande , Priez pour nous!

Après ces couplfls , les Grecs défilent , T>otzaris à leur tèle , puii Capsali et Chrysa , Gérard , Tsavellas. Meyer , etc. )

SCEi^E VI.

ÏHÉ:\11';LIS, ALEXIS, les vieillards, les Femmes, le» En fan s.

thémélis.

lis ï-ont partis : grand Dieu , que leur bras nous délivre ! Fais qu'ils reviennent triomphans !

ILEXIS, à ses camarades.

Compagnons, voulèz-yous les suivre?

THÉMÉLIS.

Y songez-vons, pauvres enfans?

D'hier vous commencez à vivre , Et vous voulez mourir.

ALEXIS

Oui.

THÉMÉLIS.

Je vous le défends.

ALEXIS

0 saint vieillard! au nom de la patrie, Au nom de Marcos Botzaris , Laisse-nous sortir, je t'en prie , Je t'en conjure.

THÉMÉLIS.

^e ne

pui?.

ALEXIS

Tu l'a bien permis à nos pères.

thémélis.

Vos pères? ils sont forts.

ALEXIS

Nous le sommes autant.

thémélis.

Allez d'abord grandir dans les bras de vos mères.

ALEXIS

Nous grandirons en combattant.

Debout sur les remparts de la ville sacrée , Nos mères d'un coup-d'œil vont nous encourager: Qu'ai-je dit?... et la mienne!... ô ma mère adorée!

Les barbares l'ont massacrée ,

Et je n'ai plus qu'à la venger.

thémélis.

Vous ne pourrez atteindre au front d'un janissaire;

ALEXIS

Au front; ce c'est pas nécessaire,:

Il suffit de l'atteindre au cœur.

THÉMÉLIS.

Votre audace à l'instant va vous être fatale.

ALEXIS

Lorsque la lutte est inégale, La gloire est au vaincu, l'infamie au vainqueur.

( 20 ) THÉMÉI.I3.

Vous devez conserver des vengeurs à la Grèce.

ALEXIS

Ah! si nous le pouvions, nous n'hésiterions pas.

Tu nous verrais fuir le trépas

Que nous cherchons avec ivresse.

Mais peut-être demain, dans ces murs ravagés,' D'exécrables liens nos bras seraient chargés.

ÎSon, non, l'aspect de l'esclavage

Ne souillera point ce rivage.

Il ne faut que des morts pour parer ces débris : Les enfans des chrétiens vous lèguent leur vengean<;e,'

O vous que nous garde la Franco,

Fils du généreux Canaris.. .

( On entend une fusillade. )

Eh quoi ! déjà l'attaque ! ô bruit rempli de charme si Saint vieillard, laisse-toi toucher Par nos prières, parnos larmes ; Fais-nous vîte donner des armes.

XHÉMÉLIS.

Je n'en vois plus.

ALEXIS

Nous en irons chercher !

( Il sort en courant , ses camarades le suivent. )

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