I.e géant ne se le fit pas répéter
Il s’arc-bouta contre la porte, donna une secousse et la porte s’ouvrit avec fracas.
Sir James jeta un cri de stupeur et peut-être même d'épouvante en voyant ces trois hommes faire irruption dans la chambre.
Il avait reconnu Marmouset et' Milon.
Le fruitier, sur un signe de Marmouset, se rua sur sir James, le saisit à la gorge et leva son terrible merlin,
disant:
— Si tu pousses un cri, tu et mort I
Sir James était un homme de prodigioux sang-froid, et, si désespérée que lui parût la situation, il résolut de lui tenir tête.
Il fit signe de la main qu’il pe voulait opposer aucune résistance.
— Làche-le, dit Marmouset, nous allons causer.
Milon sur un geste de Marmouset, allait former la porte, lorsque la belle Marion et son chien entrèrent.
— Je veux en être, moi aussi dit Marton.
Sir James avait croisé ses bras sur sa poitrine et regardait tous ces gens-là avec calme.
— Que me umiej-vous ? dit-il,
— ferme la porte, Milon, dit Marmouaet.
Puis s’adressant à sir James !
— Milord, dit-il, nous n’avons pas besoin de vous demander votre nom. Vous êtes sir James Nively, la chef des Étrangleurs do Londres, mais nous désirons savoir comment, vous ayant enterré rivant, il y a quarante-huit heures, dans une cave, nous vous retrouvons ici.
— C’est fort simple, répondit sir James : mes amis m’ont délivré.
— Je le pensa bien, répliqua Marmouset, seulement ils ont eu tort de vous déposer ici, puisque vous voilà retombé en notre pouvoir.
— Aussi, dit froidement l’Anglais, suis-je prêt à céder à la force.
— En vérité I
— Et à retourner dans la cave.
— Oh ! nhrt pas, fit Marmouset.
: — On va vous suivre où il vous plaira de m’emmener, dit encore sir James.
— Ceci est une erreur, fit Marmouset
— Je ne comprend» pas.
— Un homme qui, comme voua, sort d’une cave, en état de léthargie, est trop difficile à garder. Le Maître, ne nous a pas donné d’ordres précis vous concernant puisqu’il ignore encore votre évasion, mais certainement il nous spprouvera.
En même temps, Marmouset fit un nouveau signe an fruitier :
— Tu as un bonne poigne, dit-il, passe ton merlin à Müun et étrangle-moi un peu milord.
Sir James pâlit ; mais U ne prononça pas un mot.
Milan s'était emparé du merlin, et le fruitier commençait à serrer la gorge de sir James.
— Un moment, dit Marmouset.
Le fruitier s’arrêta dans sa pression, et le merlin, prêt à retomber sur la tête de sir James, demeura suspendu.
— Milord, dit Marmouset, si vous voulez gagnerune heure ou deux, et attendre, par conséquent, le retour du Maître, qui décidera de votre sort, vous ferez bien do nous faire des révélations.
— Hein ? fit sir James toujours calme, et qui avant paru attendre la mort avec l’impassibilité des Orientaux.
— Quels sont les amis qui vous ont retiré de b cave ?
— Je ne sais pas,
— Allons donc ! comment étcs-vuus ici!
— Je ne sais pas...
— Prenez garde I dit Marmouset, nous n'avons pu le temps de flâner.
— Mais enfin, s'écria Milon dont un soupçon inversa l'esprit, si Monsieur est ici, c'est que le locataire de l'appartement l’a bien voulu.
Un sourire passa sur les lèvres de sir James.
— C’est probable, dit-il.
— Comment ! exclama le fruitier, ce vieux?...
— . Ce vieux, dit Milon, est évidemment un complice de l'Anglais, et il nous a tous rouies...
— Alors dit Marmouset, Monsieur va nous dire soa nom
Sir James haussa les épaules.
— Je l’ignore, dit-il.
— Prenez garde ! répéta Marmouset, si vous vous obstinez je vous fais assommer à coups de marteau.
— Non, dit Milon, le Maître ne l’a pas dit.
— Mais, s’écria Marmouset, le Maître court peul-éw un danger à celte heure.
Sir James ne répondit pas; mais un éclair de jo* sauvage brilla dans ses yeux, et Marmouset surprit eet éclair.
En même temps, le chien qui depuis deux minutes furetait dans la chambre, le chien se mit à hurler.
Il avait trouvé sur un fauteuil la vieille houppelande du prétendu placeur et il la mordait avec fureur.
— C'est la pelure d'un ennemi, bien sûr! dit la belle Marton.
Milon eut de nouveau un éclair d'intelligence.
— Comment est-il co vieux-là? demanda-t-il s» fruitier
Le fruitier lui dépeignit de son mieux le bonhomme-
Un nom jaillit des lèvres de Milon :
— Timoléon ! dit-il.
En même temps un mouvement échappa à si
James.
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Nous sommes fixés, murmura Marmouset, qui atait surpris ce mouvement.
Le chien hurlait de plus belle.
— Mes amis, dit Marmouset, je partage l’opinion de Milon. Le maître court un danger, et il faut sauver le Maitre. Le bonhomme qui a loué cette chambre n'est autre que Timoléon. Oit est-il ? 11 faut que monsieur nous le dise ! Si non, monsieur va mourir,
Milon avait repris son merlin, et le fruitier, sautant à la gorge de sir James, l’avait terrassé.
— Tues-moi ! ricana sir James ; mais vous no saurez rien... et je mourrai vengé !
— Frappe, Milon, frappe ! dit Marmouset.
Mais la belle Marton arrêta le bras de Milon.
— Cest pas la peine, dit-elle ; nous n’avons pas besoin de monsieur pour savoir où est Timoléon.
Le chien, qui entendait retentir ce nom pour la seconde fois, aboyait avec rage.
— Et comment le retrouverons-nous? demanda Milon.
“Mon chien cet là... dit Marton.
Et s’adressant h l’anima] :
— Cherche Timoléon, dit-elle, chercbo! cherche!...
Le chien s’était élancé vers la porte.
Marmouset sc lournasaers Milon :
Cette femme a raison, dit-il. Le fruitier et la Mort-des-Braves vont garder l’Anglais à vuo, jusqu’à ce quo nous revenions, toi et moi. Ils feront mémo bien de le 6celer un peu ; et, ma foi I s’il fait du tapage...
— Kaudra-t-it jouer du merlin ? dit le fruitier.
— Oui!
— Mais nous?... fit Milon? ...
— Nous, dit Msrmouset, nous allons suivre Marton, c’est-à-dire son chien, et si nous retrouvons Timoléon, il faudra bien qu’il nous dise ce qu’il a fait du Maître.
La telle Marton s’était emparée do la houppelande et la faisait flairer au chien qui hurlait toujours avec fureur, ses yeux sanglants tournés vers la porte.