ACTE PREMIER
JEANNE, se lève et s'approche de loi.
Ah! Raymond, au lever de notre jeune amour,
Nous courions par les bois, par les champs, tout le jour|
Et, le soir, à l'heure où la lune argenté l'herbe,
De fleurs, de souvenirs rapportant notre gerbe,
Frissonnants et pressés, nous rentrions au nid;
(S'appuyaDt sur son épaule.) Et puis... et puis... Méchant I alors, c'est donc fini?
RAYMOND^ doucemeDt.
Fini?... Pourquoi fini? non; mais elle est superbe! On ne peut pourtant pas cueillir toujours de l'herbe*
JEANNE
Ce n'était pas ainsi que tu nommais les fleurs^ Autrefois, tu disais les étoiles...
RAYMOND
D'ailleurs, Il fait froid le matin, la terre est arrosée Du serein de la nuit.
JEANNE
Tu disais la ros(5o Jadis.
RAYMOND
Puis, il est tard. J'espère qu'à la fia Nous allons déjeuner.
JEANNB.
4h! tu n'avais pas faim Autrefois,
RAYMOND» impatieoté.
Ohl
LE DERNIER QUARTIE?i.
JE AN XE^ la retenant sar le divan.
Non! non! je veux te voir sourire, Reste. Je vais me mettre à tes pieds et te lire Ce que ta me lisais, naguère, au coin du feu.
(Elle Ta prendre un liTre sur la table.)
RAYMOND, à part.
Ah! oui... très-bien! des vers... je les connais... un peu.
JEANNE, «'installant à lei pieds sur un taboorot. Lamartine.
RAYMOND, sans boQgcr.
Le lac. tome deux, page treize.
JEANNE
Préfères-tu?...
RAYMOND, de même.
Le soir, du même, page seize.
Merci! non.
JEANNE, fermant le livre arec dépit.
Autrefois...
RAYMOND, seleTant.
Autrefois!... allons, bien! JEANNE, le faisant rasseoir.
Attends, attends! — Je crois que je tiens mon moyen.
(Elle va k son piano, s'y assied, et se détournant vers Raymond.)
Ah ! c'est que monseigneur est terrible à distraire.
RAYMOND, à part.
Parions qu'elle va me jouer le Trouvère I
(Haut.)
Qu'est-ce que je disais?... Mais c'est navrant; holàf JEANNE, s'arrêtant.
Veux-tu plus gai?
mm