ACTE I, SCÈNE III
fuient point assez en arrière; vous avez la fureur d'enfoncer mon visage dans une épaisseur de cheveux qui me rend ridicule, sur mon honneur. Monsieur Maraudin, à propos.... (Au chevalier.) Ah! vous voilà, Chonchon I
LE CHEVALIER
Oui, et j'attendais le moment....
LE COMTE
Monsieur Maraudin, comment trouvez-vous mon habit de noces? L'étoffe en a coûté cent écus l'aune.
IIARAUDIN.
Mademoiselle de la Cochonnière sera éblouie.
LE CHEVALIER
La peste soit du fat! il ne daigne pas seulement me regarder!
PASQUIN
Et pourquoi vous adressez-vous à lui, à sa personne? Que ne parlez-vous à sa perruque, à sa broderie, à son équipage? Flattez sa vanité au lieu de songer à toucher son cœur.
LE CHEVALIER
Non, j'aimerais mieux crever que de faire ma cour à ses impertinences.
LE COMTE
Page, levez un peu ce miroir, haut, plus haut. Vous êtes fort maladroit, page, foi de seigneur.
52 M''> DE LA COCHONNIËRE.
LE CHEVALIER
Mais y mon frère , voudrez-vou& bien enfin....
LE COMTE
Charmé de te voir, mon cher Chonchon, sur mon honneur! Tu reviens donc de la guerre, un peu grêle, à ce que je vois? eh! eh! eh! Eh bien, qu'est devenu ton cousin qui partit avec loi il y a trois ans?
LE CHEVALIER
Je vous ai mandé il y a un an qu'il était mort. C'était un très-honnête garçon, et si la fortune....
LE COMTE, toujours à sa toilette.
Ah! oui, oui, je l'avais oublié; je m'en souviens, il est mort. Il a bien fait; cela n'était pas riche. Vous venez pour être de la noce, monsieur Chonchon? cela n'est pas maladroit. Ecoulez, monsieur Maraudin, je prétends aller le plus tard que je pourrai chez mademoiselle de la Cochonnière. J'ai quelque affaire dans le voisinage. La petite marquise n'est qu'à deux cents pas d'ici , qui se repose de ses aventures de Versailles : eh! eh! je veux un peu aller la voir avant de tàter du sérieux embarras d'une noce. Qu'on mette mes relais à ma chaise.
LE CHEVALIER
Pourrai-je, pendant ce temps-là, avoir l'honneur de vous dire un petit mot?