‹ Le dernier volume des ouevres de VoltaireChapitre 23 sur 103 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Mademoiselle THÉRÈSE, Madame BARBE.

THÉRÈSE

Eh bien! qu'est-ce? Thérèse I Thérèse! Brailleras-tu toujours après moi, éternelle duègne, et faut-il que je sois pendue à ta ceinture? Je suis lasse d'être traitée en petite fille , et je sauterai les murs au premier jour.

MADAME BABBE.

Eh! la, la, apaisez-vous, je n'ai pas de si méchantes nouvelles à vous apprendre, et on ne voulait pas vous traiter en petite fille; on voulait vous parler d'un mari; mais puisque vous êtes toujours bourrue....

68 M»^" DE LA COCHONNIERE.

THÉRÈSE

Aga avec voire mari ! Ces contes bleus-là me fatiguent les oreilles, entendez-vous, madame Barbe? Je crois aux maris comme aux sorciers; j'en entends toujours parler et je n'en vois jamais. Il y a deux ans qu'on se moque de moi , mais je sais bien ce que je ferai; je me marierai bien sans tous tant que vous êtes. On n'est pas une sotte, quoiqu'on soit élevée loin de Paris, et Jacqueline-Thérèse de la Cochonnière ne sera pas toujours en prison ; c'est moi qui vous le dis , madame Barbe.

MADAME BARBE

Tudieu! comme vous y allez 1 Eh bien! puisque je suis si mal reçue, adieu donc; vous dira qui voudra les nouvelles du logis. (En pleurant.) Cela est bien dénaturé de traiter ainsi madame Barbe, qui vous a si bien élevée.

THÉRÈSE

Va, va, ne pleure point, je te demande pardon. Qu'est-ce que tu me disais d'un mari?

MADAME BARb'e.

Rien, rien; je suis une duègne, je suis une importune, vous ne saurez rien.

THÉRÈSE

Ahl ma pauvre petite Barbe, je m'en vais pleurer à mon tour.

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