‹ Le dernier volume des ouevres de VoltaireChapitre 24 sur 103 · ACTE II, SCENE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV

UADAlfE BABBE.

Allez y ne pleurez point, monsieur le comte de Boursoufle est arrivé, et vous allez être madame la comtesse.

THÉRÈSE

Dis-tu vrai? Est-il possible? Ne me trompes-tu point, ma chère Barbe? Il y a ici un mari pour moi! un mari, un mari ! Qu'on me le montre I où est-il , que je le voie, que je voie monsieur le comte ! Me voilà mariée, me voilà comtesse, me voilà à Paris I Je ne me sens pas de joie; viens que je f étouffe de caresses.

MADAME BARBE

Le bon petit naturel I

THiaisE.

Premièrement, une grande maison magnifique et des diamants, et des perles comme s'il en pleuvait, et six grands laquais, et l'Opéra tous les jours, et toute la nuit à jouer, et tous les jeunes gens amoureux de moi, et toutes les femmes jalouses! La tête me tourne, la tête me tourne de plaisir.

MADAME BARBE

Contenez-vous donc un peu; tenez, voilà votre mari qui vient, voyez s'il n'est pas beau et bien fait.

THÉRÈSE

Ahl je l'aime déjà de tout mon cœur. Ne dois-je pas courir l'embrasser, madame Barbe? -

MADAME BARBE

Non vraiment, gardez-vous-en bien; il faut, au contraire , être sur la réserve.

Eh quoi! puisqu'il est mon mari et que je le trouve joli!

MADAME BARBE

Il VOUS mépriserait si vous lui témoigniez trop d'affeclion.

THÉR&SE.

Ahl je vais donc bien me retenir.

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