‹ Le dernier volume des ouevres de VoltaireChapitre 31 sur 103 · SCENE VIIL · texte numérisé non relu

SCENE VIIL

LE COMTE DE BOURSOUFLE, garrotte pur les gens du baron; THERESE.

LE COMTE

J'ai beau me servir de tout mon esprit , et assurément j'en ai beaucoup, je ne comprends rien à cette aventure. Ma belle demoiselle, vous me paraissez naïve : pourrait-on savoir de vous ce que veut dire toute cette incartade? est-ce ainsi que vous recevez les gens qui viennent pour avoir l'honneur de vous donner la main?

THiRÈSE.

Pardi, plus je regarde ce drôle-là, et plus il me parait, malgré tout, avoir la mine assez revenante; il est bien mieux habillé que mon mari ; ma foi, il est au moins aussi beau. Oh ! vivent les gens de Paris, même

82 M"- DE LA COCHONXIÈRE.

les coquins I je le dirai toujours. Mais de quoi t'avisaistu aussi de prendre si mal ton temps pour m'enlever? Ecoute y je te pardonne de tout mon cœur; puisque tu voulais m'avoir, c'est que (u me trouvais belle; j'en suis assez charmée, et je te promets de pleurer quand on te pendra.

LE COMTE

Je vois bien que la fille n'a pas plus de raison que le père.

THÉRÈSE

Heinl ne dis-tu pas que je t'ai ôté la raison, pauvre garçon? Tu étais donc bien amoureux de moi? Ahl que je ferai de passions I ah I comme on m'aimera !

LE COMTE

Les jolies dispositions! le beau petit naturel de femme !

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