ACTE III, SCÈNE III
LE BARON
D'où peui-il savoir votre nom?
IfABAUOIN.
Ces gens-là connaissent tout le monde.
Monsieur Maraudin, tout ceci est un peu singulier; foi de seigneur, vous êtes un fripon.
MARÂUDIN.
Je vous avais bien dit qu'il connaît tout le monde; je me souviens même de l'avoir vu quelque part.
LE COMTE
Ah ! Choncbon y est-ce vous qui me jouez ce tour?
THÉRÈSE
Monsieur le comte, avec quelle insolence il vous parle!
LE COMTE
Qui l'eût cru, Cbonchon, que tu pusses jamais parvenir à cet excès?
LE CHEVALIER
Monsienr le baron, je vous l'ai déjà dit, je ne veux pas me commettre , et cet bomme-là me fait rougir.
LE BARON
Si tu perds encore le respect à monsieur le comte.
92 M»^"^» DE LA COCHONNIERE.
je te casserai bras et jambes. Je vois bien que nous n^en tirerons point raison : qu'on le remmène en prison dans récurie.
LE COMTE
Cela est effroyaUe, cela est épouvantable; j'aurai beau dire qu'il est mon frère , ce coquin de chevalier assurera qu'il n'en est rien, ces gens ici n'entendent point raillerie; dans les affaires épineuses, il faut toujours prendre le parti de la modération.
LE BAROX.
Que marmottes-tu là entre les dents, ravisseur effronté?
THÉRÈSE
Je crois qu'il me trouve fort jolie.
LE COMTE
Monsieur le baron , je commence à croire que tout ceci n'est qu'un malentendu et qu'il est aisé de nous éclaircir; laissez-moi parler seulement deux minutes tète à tête à ce jeune et honnête gentilhomme.
LE BARON
Ah I il commence enfin à avouer, et la peur de la justice le presse. Rentrons tous. Monsieur le comte, écoutez sa déposition, je l'abandonne à votre miséficorde.