FRAGMENT
9 revivre l'ancien temps, c'est-à-dire ses anciens pri- » viléges, et de lui donner le gouvernement du monde » entier. Vous savez que Rome, par la sagesse du sénat » et par la valeur de l'ordre des chevaliers, a étendu » sa domination d'une mer à l'autre, et même jusqu'aux » îles les plus reculées* En un mot, invincible elle» » même, Rome a tout vaincu et tout assujetti à son » empire. Vous-même, ô prince, lorsque vous n'étiet r. qu'un bôie, elle vous a fait son concitoyen; lorsque » vous n'étiez qu'un étranger, elle vous a établi son » prince; elle ne vous a donné que ce qui lui appartenait » de droit. »
« Vous me vantez beaucoup l'antiquité de votre ville » et l'ancienne splendeur de votre république, répondit 1} l'Empereur; je n'ignore rien de tout cela, je sais 9 aussi qu'il y eut autrefois de la valeur dans cette » république , et plût à Dieu qu'on en pût dirci autaiii 9 aujourd'hui. Mais votre Rome, ou plutôt notre Rome, n a été , comme le reste , sujette aux vicissitudes hu- » maines; elle a passé sous la domination des Grecs 3) et sous celle des Français; elle m'appartint aujour- » d'bui en propre avec tout ce qui en dépend* Lorsque » j'ai pris les rênes de l'empire, j'ai été mis en pos- » session de tout; l'empire ne m'a pas été donné tout » nu. Ainsi les consuls, le sénat , les soldats, tout 9 est en ma puissance. Rome se gloriCe de m'avoir fait » son concitoyen et son prince , et même de ne m'avoir » donné que ce qui était de son droit. Quelle nou- » veauté ! Il n'y a qu'à lire l'histoire de mes prédéces-