‹ Le dernier volume des ouevres de VoltaireChapitre 74 sur 103 · SUR LE POUVOIR TEMPOREL · texte numérisé non relu

SUR LE POUVOIR TEMPOREL

» seurs, Charlemagne et Othon, pour être convaincu » du contraire. Nous apprendrons que Rome ne leur » fut jamais cédée à titre de donation, puisqu'ils en V dépouillèrent les Grecs; les Romains furent non-seun lement assujettis aux Français, mais ils vieillirent 1) même dans cet assujettissement, et ils y finirent D leurs jours. Ce n'est pas aux peuples à prescrire des y> lois à leurs souverains , mais aux souverains à en Tfi prescrire à leurs peuples. »

Mais en 1355, quand Charles IV fit le même voyage à Rome pour y être couronné , il ne tint pas ce beau langage; et au lieu de sortir de Rome en maître, il en revint en sujet soumis. Aussi mérita-t-il cette remontrance de Pétrarque : « Vous avez donc promis avec » serment au pape de ne retourner jamais à Rome? » Quelle honte pour un empereur que Rome ait le pou- 9 voir ou plutôt l'audace de le contraindre de se cony> tenter du titre de César! Quel affront pour celui à qui r> l'univers devait être soumis de n'être pas maître de y> lui-même , et de se voir réduit à obéir à son vassal ! n

Jésus avait dit : u Mon royaume n'est pas de ce » monde, n Jésus ne voulait pas être armé du glaive. Charles IV trahit saint Pierre en se trahissant.

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