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La Cantate est pour le lundi de Pâques, pour une fête joyeuse, par conséquent. Le sens général du chœur est celuici : Réjouissez-vous, le Sauveur vit et règne en vous. — Vous pouvez chassez l'affliction et la crainte, le Sauveur réconforte les siens. Dans son ensemble on peut dire que la musique de ce chœur est de caractère nettement joyeux. Au début de la seconde partie, avec le passage que nous citons, apparaît en effet le thème chromatique. M. Pirro estime que l'intention de Bach est « d'interpréter étroitement » le mot affliction. Il me semble qu'on pourrait tout aussi justement ne voir à cet endroit que l'expression d'une tendre reconnaissance. M. Schweitzer remarque que ce chœur (p. 404) « forme un tout entièrement homogène. » La persistance, à la basse, du rythme en doubles croches qui se poursuit depuis l'introduction, montre bien que Bach a voulu lui conserver son caractère d'unité. Seulement, au rappel de la joie qui fut portée en ce monde par la Nouvelle Loi du Christ, une nuance d'émotion reconnaissante fait fléchir les lignes nettement dessinées des précédents motifs joyeux. Cela n'a rien que de naturel. On vous évite un léger désagrément : vous remerciez sur un ton net et. de sonorités précises. On vous promet que toute crainte est dissipée au sujet par exemple de la santé d'une personne très chère :
voire remerciement s'empreindra sûrement d'inflexions chromatiques. Bach était un chrétien de ferveur convaincue : un peu d'émotion attendrie devait le gagner sûrement au rappel de ce que la rédemption lui permettait de chasser la tristesse — la profonde tristesse qui était inhérente à la servitude de l'ancienne loi.
Psychologiquement parlant, cette explication paraît bien soutenahle. J'ajoute qu'elle lire une nouvelle force de l'examen de la partition. Dans le passage transcrit plus haut si Ton y trouve la note d'un sentiment ému, je ne crois pas qu'il éveille des idées d'affliction et de terreur. Si Bach avait voulu traduire des idées si différentes des idées joveuses du début il eut tracé une démarcation tranchée entre les deux parties de ce chœur. Or cette démarcation existe si peu que, ainsi que nous l'avons remarqué, le même rythme d'accompagnement se poursuit dans tout le morceau. De plus, sitôt après le premier instant d'attendrissement passé, le retour à la joie pascale se marque par un certain nombre de détails. Tel est par exemple ce rappel des rythmes rapides
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de la première partie : ou encore cette transformation joyeuse du motif primitivement chromatique.